Pourquoi le Cybercab de Tesla est déjà dans le collimateur des régulateurs
Le Cybercab de Tesla, un robotaxi biplace dépourvu de volant et de pédales de frein, a commencé à transporter des passagers dans deux États américains. Quelques heures à peine après son lancement public, le véhicule fait l'objet d'une enquête ouverte par l'autorité fédérale chargée de la sécurité routière.
Ce démarrage sous surveillance illustre la tension persistante entre l'ambition du constructeur texan et un cadre réglementaire qui n'a pas encore évolué au rythme des véhicules autonomes.
Un lancement public festif, une enquête fédérale en parallèle
Tesla a organisé un événement à Austin, au Texas, pour permettre à plusieurs centaines de personnes de monter à bord de ses Cybercabs sans conducteur. Le réseau de covoiturage autonome de la marque est actuellement actif dans quelques villes du Texas et de Floride.

C'est dans ce contexte que la NHTSA (National Highway Traffic Safety Administration) a annoncé l'ouverture d'une enquête. L'organisme souhaite déterminer si le Cybercab respecte les normes fédérales de sécurité actuellement en vigueur, en particulier celles qui imposent la présence de certains équipements que ce type de véhicule ne possède pas.
Des normes conçues pour des voitures à conducteur humain
La réglementation fédérale américaine exige encore, à ce jour, la présence de composants comme les pédales de frein, les essuie-glaces ou les rétroviseurs. Ces éléments ont été pensés pour des véhicules conduits par un être humain, ce qui pose un problème évident pour des robotaxis entièrement autonomes.
La NHTSA travaille actuellement à la révision de huit règles afin de faciliter le déploiement des véhicules sans conducteur. Mais ces modifications prennent du temps, et les anciennes normes restent applicables en attendant. D'autres entreprises du secteur ont dû composer avec cette réalité.
Zoox, filiale d'Amazon dont les véhicules ne disposent d'aucun contrôle manuel, a obtenu cet été une dérogation officielle lui permettant d'opérer. Cette exemption est toutefois limitée à 2 500 véhicules pour l'année en cours.
Tesla revendique une conformité totale, sans demander de dérogation
Contrairement à Zoox et à d'autres opérateurs de robotaxis au format atypique, Tesla affirme ne pas avoir besoin de déposer de demande d'exemption. Le constructeur soutient que le Cybercab respecte l'ensemble des normes fédérales existantes.

Cette position tranche avec la démarche adoptée par ses concurrents, qui ont préféré solliciter une autorisation formelle avant de lancer leurs services. L'enquête de la NHTSA vise précisément à vérifier le bien-fondé de l'argument avancé par Tesla.
Un enjeu qui dépasse le seul Cybercab
L'issue de cette enquête pourrait avoir des répercussions bien au-delà du seul Cybercab. Elle posera un précédent sur la manière dont les constructeurs peuvent, ou ne peuvent pas, interpréter les normes existantes pour déployer des véhicules sans équipements de conduite traditionnels.
Si la NHTSA conclut que le Cybercab ne satisfait pas aux exigences actuelles, Tesla devra soit déposer une demande d'exemption, soit suspendre ses opérations dans l'attente d'une évolution du cadre réglementaire. Le calendrier de cette enquête n'a pas été précisé.
Source : Ars Technica
L'auteur
Charles Gouin-Peyrot
Journaliste tech et testeur indépendant, je décrypte la tech grand public. Spécialisé dans le hardware, l'audio et la maison connectée, je mets ma rigueur technique et mon expérience de formateur au service de mes tests. Mon objectif est simple : dépasser les fiches techniques pour vous livrer des analyses transparentes, impartiales et ancrées dans un usage 100 % réel.
Voir tous ses articles