
Les portails publics d’assurance santé aux États-Unis ne sont pas épargnés par la collecte de données. Selon un rapport de Bloomberg, les vingt plateformes d’échange d’assurance maladie gérées par des États intègrent des trackers publicitaires connectés à des géants technologiques.
En 2026, environ sept millions d’Américains ont souscrit une assurance santé via ces portails étatiques. Parmi les entreprises ayant reçu des données figurent Meta, TikTok, Snap, Google, Nextdoor et LinkedIn.

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Des informations sensibles transmises sans consentement explicite
Les données partagées ne se limitent pas à de simples habitudes de navigation. Selon Bloomberg, elles comprennent des codes postaux, le sexe, la nationalité et l’origine ethnique des utilisateurs.
Des trackers ont également été identifiés sur des pages liées à Medicaid dans le Rhode Island, révélant potentiellement la situation financière de leurs visiteurs. Dans le Maryland, une page en espagnol destinée aux femmes enceintes non citoyennes et une autre aidant les bénéficiaires du programme DACA à accéder à des soins transmettaient aussi des données vers ces plateformes.
Il reste difficile de déterminer dans quelle mesure ces informations servent à personnaliser les publicités affichées aux utilisateurs concernés.
Un problème récurrent dans le secteur de la santé numérique
Ce n’est pas la première fois que des trackers publicitaires sont détectés sur des sites à caractère médical. En 2022, une enquête du média The Markup avait trouvé ce type d’outils sur plus d’un tiers des cent réseaux hospitaliers qu’il avait examinés.

En 2025, Sarah Wynn-Williams, ancienne employée de Meta devenue lanceuse d’alerte, a affirmé que l’entreprise utilisait des données sur l’état émotionnel des utilisateurs pour cibler des publicités. Meta avait par ailleurs modifié ses règles en 2024 pour limiter le ciblage publicitaire lié à la santé.
Un porte-parole de Meta a indiqué à Gizmodo que la société interdit aux annonceurs de lui transmettre des informations sensibles via ses outils commerciaux, et que ses systèmes sont conçus pour filtrer ce type de données. L’entreprise précise que la responsabilité des données partagées incombe aux annonceurs eux-mêmes.
Des États qui commencent à réagir
Après la publication du rapport de Bloomberg, plusieurs États ont supprimé certains trackers de leurs portails d’assurance santé. Cette réaction rapide souligne que la présence de ces outils n’était pas forcément délibérée ou pleinement assumée.
La question de la transparence reste entière : les utilisateurs de ces plateformes n’ont généralement aucune visibilité sur les données collectées ni sur les tiers qui les reçoivent. Les portails de santé publics, censés offrir un espace de confiance, se retrouvent ainsi dans la même situation que de nombreux sites commerciaux.
Source : Gizmodo

