Test TCL P80 Ultra : le smartphone qui fait aussi véritable liseuse
8,2/10
Très bonVerdict en bref
Le P80 Ultra s'adresse à ceux qui lisent beaucoup sur leur téléphone et veulent un écran mat anti-reflets enfin porté par une vraie dalle AMOLED, avec une autonomie de 26 h 24 en lecture vidéo, un IP68 et trois focales dont un…
- Écran AMOLED NXTPAPER 6,83 pouces, 120 Hz, 3 200 nits
- Couverture de 100 % du DCI-P3
- Pas de lecteur de carte microSD
- Pas de téléobjectif (réservé au P80 Ultra)
Produit prêté par TCL pour ce test. La marque n'a aucun droit de regard sur l'article ni sur la note. Notre méthode de test
Avec le P80 Ultra, TCL greffe enfin son traitement NXTPAPER sur une dalle AMOLED et signe le meilleur hybride smartphone-liseuse du moment. Un appareil remarquable pour lire, beaucoup plus ordinaire dès qu'on lui demande de la puissance.
Depuis des années, l'écran NXTPAPER de TCL traîne le même boulet : une dalle LCD terne, qui paraît délavée dès qu'on la pose à côté de n'importe quel OLED de milieu de gamme. On aimait l'idée, on regrettait l'image. Le P80 Ultra met fin à ce compromis. Pour la première fois, le revêtement mat anti-reflets de la marque recouvre une vraie dalle AMOLED de 6,83 pouces, avec des noirs profonds, des couleurs denses et une luminosité de pointe annoncée à 3 200 nits.
Design du TCL P80 Ultra
Le P80 Ultra mesure 163,3 x 77,7 x 8,3 mm pour 197 g. Sur le papier, c'est un grand smartphone ; en main, il se montre étonnamment raisonnable. Là où le NXTPAPER 60 Ultra et son écran de 7,2 pouces flirtaient avec la mini-tablette, TCL a trouvé ici un meilleur équilibre : on reste clairement du côté du téléphone. Le poids, bien réparti, ne fatigue pas le poignet lors de longues sessions de lecture, ce qui compte sur un appareil pensé pour cet usage.

Le cadre en aluminium et le dos arborent une finition mate qui retient très peu les traces de doigts. Tout est mat, d'ailleurs : le dos, les tranches et l'écran. Cette sobriété colle bien au produit. Trois coloris sont proposés : Midnight Blue, Sunlit Gold et Burgundy, ce dernier étant réservé à la version 512 Go.
Côté robustesse, TCL ne fait pas les choses à moitié : certification IP68 (immersion jusqu'à 1,5 m pendant 30 minutes) et conformité à la norme militaire MIL-STD-810H pour la résistance aux chocs. À ce prix, c'est un vrai argument. L'écran est par ailleurs protégé par un verre Nano Crystal Shield chargé de limiter les rayures.

Deux regrets toutefois. Le lecteur d'empreintes est intégré au bouton d'alimentation, sur la tranche droite : il est rapide et fiable, mais les gauchers le trouveront moins naturel qu'un capteur sous l'écran. Et la prise jack a disparu. Sur cette même tranche se trouve la touche NXTPAPER, un bouton-curseur physique sur lequel je reviendrai, et qui justifie à lui seul l'intérêt de l'appareil.
Un écran à deux usages
TCL annonce une dalle AMOLED de 6,83 pouces dotée de la technologie NXTPAPER, définie en 1280 x 2772 pixels (environ 447 ppi) et rafraîchie à 120 Hz. Côté luminosité, le constructeur avance une crête de 3 200 nits. Nos relevés sont bien plus sobres : 780 nits en réglage manuel au maximum, et 784 nits au pic en luminosité automatique. Ce pic représente 24,5 % de la valeur annoncée, soit un écart de 75,5 %. La crête du constructeur correspond sans doute à une condition de mesure que nous n'avons pas reproduite, et c'est le chiffre de 784 nits qu'il faut retenir pour situer la dalle.


La colorimétrie est le point le moins convaincant. En mode fidèle, le Delta E moyen atteint 4,03, soit le double du seuil de 2 sous lequel l'écart devient difficilement perceptible : les teintes s'éloignent donc de manière visible de la référence. La température du blanc, mesurée à 6 812 K contre 6 500 K pour la référence, s'en écarte de 4,8 % et tire légèrement vers le froid. L'étendue du gamut reste en revanche solide : 100 % de l'espace sRGB et 98,9 % du DCI-P3, un peu sous les 100 % de DCI-P3 annoncés.
Performances : c'est toujours moyen
Le P80 Ultra est doté de la puce MediaTek Dimensity 7400 Elite gravée en 4 nm, associée à 8 Go de mémoire vive (complétés par 16 Go de mémoire virtuelle, d'après le constructeur). Elle affiche 946 points en monocœur et 3 278 en multicœur sous Geekbench, et 1 067 points au test graphique 3DMark Wild Life Extreme. Pour situer ce dernier score, le Poco F8 Pro (Snapdragon 8 Elite) atteint 5 994 points, soit 82,2 % de plus que le TCL. Le Honor Magic V5, avec la même puce, relève 4 697 points, et l'OnePlus Nord 5 (Snapdragon 8s Gen 3) 3 005 points : le TCL se place respectivement 77,3 % et 64,5 % en dessous. En revanche, il devance de 155,3 % le Xiaomi Redmi 15 5G et ses 418 points.
La régularité est le vrai point fort. Pendant le stress test, la meilleure boucle atteint 1 070 points et la plus basse 1 066, soit un écart de 0,4 % seulement : la puce conserve 99,6 % de son meilleur niveau. Le Poco F8 Pro, nettement plus puissant, passe de 6 288 à 3 290 points entre sa meilleure et sa plus basse boucle, soit une chute de 47,7 %. Le Redmi 15 5G se montre lui aussi stable, avec 423 points au mieux et 421 au plus bas. À l'issue de l'épreuve, le dos du TCL relève 46 °C.
Un appareil photo convenable
Le P80 Ultra embarque trois modules à l'arrière : un capteur principal de 50 Mpx (f/1,8, capteur de 1/1,56 pouce, stabilisation optique), un téléobjectif périscope de 50 Mpx avec zoom optique 3x et stabilisation optique, ainsi qu'un ultra grand-angle de 8 Mpx (112°, autofocus). À l'avant, on trouve un capteur selfie de 32 Mpx.

En bonne lumière, le capteur principal livre des clichés détaillés aux couleurs naturelles, loin des saturations outrancières de certains concurrents. Mon seul reproche concerne le traitement par grand soleil : certaines images manquent un peu de contraste et paraissent légèrement délavées. De nuit, le résultat reste honnête dès qu'il y a des sources de lumière artificielle, avec des couleurs crédibles et un bon niveau de détail, malgré un bruit numérique visible dans les ciels.










C'est le module que j'ai le plus utilisé, et de loin mon préféré. Un vrai périscope reste rare à ce prix, et celui-ci est réussi. En 3x, les photos sont nettes et bien contrastées, avec un joli détachement de l'arrière-plan qui le rend redoutable en portrait comme en proxiphotographie : fleurs, insectes ou détails d'architecture ressortent avec beaucoup de caractère. Le zoom hybride 6x reste très propre. TCL pousse le zoom numérique jusqu'à 100x, un chiffre surtout marketing, car les détails s'effondrent bien avant ; jusqu'à 30x environ, les images restent toutefois exploitables pour un partage sur les réseaux sociaux.








L'ultra grand-angle de 8 Mpx est le maillon faible de l'ensemble. Son champ de 112° est moins large que chez certains rivaux et le niveau de détail reste médiocre, surtout en périphérie. Il a au moins le mérite de respecter la colorimétrie du capteur principal. Le capteur selfie de 32 Mpx fait correctement son travail. En vidéo, le smartphone filme en 4K à 30 i/s ou en 1080p à 60 i/s à l'arrière, et en 1440p à 30 i/s à l'avant. L'absence de 4K à 60 i/s rappelle les limites de la puce.
Autonomie et recharge
TCL annonce une batterie de 5 800 mAh et une charge filaire de 45 W en USB Power Delivery. En lecture vidéo à 200 nits de luminosité, l'endurance mesurée atteint 26 h 24, un résultat très solide qui place l'appareil confortablement parmi les smartphones endurants.

La recharge est moins impressionnante que ne le laisse penser la puissance annoncée. Avec le chargeur EcoFlow Rapid Pro, nous avons relevé 71 minutes pour passer de 1 à 100 %. La puissance moyenne s'établit à 19 W et le pic à 25,5 W, soit 43,3 % de moins que les 45 W annoncés. La charge reste donc correcte pour une batterie de cette taille, mais sans rapport avec le chiffre affiché sur la fiche technique.
Interface et mises à jour
Le P80 Ultra tourne sous Android 16 avec la surcouche TCL UI. L'interface reste proche d'Android pur, avec quelques applications préinstallées faciles à désinstaller. On retrouve Gemini et Entourer pour chercher, ainsi que les outils IA maison : traduction, transcription et aide à la rédaction. Rien de révolutionnaire, mais l'ensemble est cohérent et réactif.

L'intégration NXTPAPER est en revanche une vraie réussite logicielle : bascule instantanée, modes bien pensés, bibliothèque intégrée. Surtout, TCL s'engage sur quatre mises à jour majeures d'Android et sept ans de correctifs de sécurité. Un engagement solide de la part d'un fabricant longtemps critiqué sur ce point, qui place le P80 Ultra parmi les bons élèves de sa catégorie, même s'il reste en deçà des sept versions d'Android promises par Google sur le Pixel 10a.
Test TCL P80 Ultra : mon avis

- Écran AMOLED NXTPAPER 6,83 pouces, 120 Hz, 3 200 nits
- Couverture de 100 % du DCI-P3
- Batterie de 5 800 mAh avec charge 45 W
- Pas de lecteur de carte microSD
- Pas de téléobjectif (réservé au P80 Ultra)
- Puce de milieu de gamme (Dimensity 7400 Elite)
Nos mesures
Relevés réalisés par la rédaction selon notre protocole, à 22 °C ambiants.
| Mesure | Résultat | Moyenne de nos smartphones testés |
|---|---|---|
| Autonomie vidéo (200 nits) | 26 h 24 | |
| Recharge 1 à 100 % | 71 min | |
| Puissance de recharge moyenne | 19 W | |
| Puissance de recharge maximale | 25,5 W | |
| Luminosité max (manuelle) | 780 nits | |
| Pic de luminosité (auto) | 784 nits | |
| Delta E moyen | 4,03 | |
| Température du blanc | 6 812 K | |
| Couverture sRGB | 100 % | |
| Couverture DCI-P3 | 98,9 % | |
| Température du dos sous charge | 46 °C | |
| Geekbench 7 monocœur | 946 | |
| Geekbench 7 multicœur | 3 278 | |
| 3DMark Wild Life Extreme | 1 067 | 1 594 |
| Stress Test : meilleure boucle | 1 070 | 1 830 |
| Stress Test : boucle la plus basse | 1 066 | 988 |
L'auteur
Charles Gouin-Peyrot
Journaliste tech et testeur indépendant, je décrypte la tech grand public. Spécialisé dans le hardware, l'audio et la maison connectée, je mets ma rigueur technique et mon expérience de formateur au service de mes tests. Mon objectif est simple : dépasser les fiches techniques pour vous livrer des analyses transparentes, impartiales et ancrées dans un usage 100 % réel.
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