Test Honor MagicPad 4 : cette tablette a fait une cure de minceur, mais est-ce agréable à utiliser ?
8,6/10
Très bonVerdict en bref
Après plusieurs semaines passées avec cette tablette au quotidien, difficile de lui trouver un défaut rédhibitoire.
- Châssis aluminium de 4,8 mm, parmi les plus fins du marché
- Écran OLED 12,3 pouces 165 Hz, 2400 nits de luminosité crête
- Absence de port jack 3,5 mm
- Pas de NFC ni de GPS intégré
Produit prêté par Honor pour ce test. La marque n'a aucun droit de regard sur l'article ni sur la note. Notre méthode de test
Avec seulement 4,8 mm d'épaisseur, un écran OLED capable de grimper à 165 Hz et une autonomie qui tient largement la journée, la Honor MagicPad 4 s'impose comme l'une des tablettes Android les plus abouties du moment.
Honor n'a pas toujours eu la main heureuse avec ses tablettes premium. L'an dernier, la MagicPad 3 avait déçu une partie de son public en délaissant l'OLED au profit d'une dalle LCD, un choix difficile à justifier sur un produit vendu à ce niveau de prix. Cette année, le constructeur chinois semble avoir tiré les leçons de cette erreur. La MagicPad 4 revient à l'OLED, affine encore son châssis et muscle sa fiche technique, tout en conservant un positionnement tarifaire raisonnable face à l'iPad et aux ténors du marché Android.
J'ai passé plusieurs semaines avec la version 16 Go de RAM et 512 Go de stockage, en l'utilisant aussi bien pour du visionnage de séries et de films que pour du travail de bureau au quotidien, entre courriels, feuilles de calcul et rédaction de texte. Entre le châssis en aluminium ultra fin, l'écran qui frôle la perfection et un système d'exploitation qui pousse la comparaison avec iOS toujours plus loin, voici tout ce qu'il faut savoir avant d'investir dans cette tablette.
Design et finitions : la tablette la plus fine que j'ai testée
Le premier choc, c'est l'épaisseur. À 4,8 mm, la Honor MagicPad 4 est tout simplement la tablette la plus fine que j'ai eu l'occasion de manipuler, devançant même l'iPad Pro et la plupart des smartphones pliables une fois dépliés. La prendre en main pour la première fois est déstabilisant : on s'attend presque à ce qu'elle plie sous la pression des doigts, et pourtant il n'en est rien. Le châssis, taillé dans un seul bloc d'aluminium sans aucune jonction visible, ne présente absolument aucune flexion, même en torsion volontaire.

Avec ses 450 grammes sur la balance, la MagicPad 4 est également plus légère que bien des modèles au format 11 pouces, ce qui, rapporté à sa diagonale de 12,3 pouces, relève presque de la prouesse d'ingénierie. Je l'ai utilisée de nombreuses soirées d'affilée, calée dans un canapé et tenue d'une seule main pour lire ou faire défiler des articles, sans jamais ressentir la moindre fatigue au poignet, un exercice qui aurait été bien plus pénible avec la plupart des grands formats du marché.

Les bordures d'écran, réduites à environ 4 mm, participent grandement à cette sensation de modernité. À l'arrière, un module carré discret abrite un unique capteur photo, avec le logo Honor gravé directement dans le métal, un détail soigné qui tranche avec les logos simplement imprimés que l'on trouve ailleurs.

Sur la tranche, on retrouve un bouton d'allumage et une molette de volume en métal, sans le moindre jeu, ainsi qu'une bande magnétique destinée à accueillir et recharger le stylet Honor. Seul regret sur ce point : l'absence totale de capteur d'empreintes digitales, qui oblige à se rabattre sur un code PIN ou la reconnaissance faciale, cette dernière reposant sur la modeste caméra frontale et n'étant donc pas la solution la plus sécurisée pour déverrouiller ses applications bancaires.
Un écran OLED qui marque le grand retour de Honor
La Honor MagicPad 4 embarque une dalle OLED de 12,3 pouces au format 3:2, annoncée en 3000 × 1920 pixels (290 ppi) et en 165 Hz. Honor annonce une luminosité crête de 2400 nits, compatible HDR, et un PWM dimming de 4320 Hz (jusqu'à 5280 Hz à 165 Hz).

Côté mesures, la luminosité maximale atteint 707 nits en réglage manuel et 708 nits en pic avec la luminosité automatique. L'écart entre les deux est négligeable, et on reste très loin des 2400 nits annoncés, un chiffre qui relève de la crête annoncée par le constructeur et non de ce que nous avons relevé.
La couverture colorimétrique est complète en sRGB (100 %) et atteint 90,5 % du DCI-P3. En revanche, la fidélité est moyenne : le Delta E moyen du mode fidèle est de 3,46, alors qu'un écart sous 2 est difficilement perceptible à l'œil. Les teintes restent donc visiblement éloignées de la référence.
La température du blanc mesure 7 226 K pour une référence de 6 500 K, soit un blanc tirant vers le froid, en cohérence avec ce Delta E.
Un système audio huit haut-parleurs qui surprend par sa qualité
Difficile d'imaginer qu'une tablette de moins de 5 mm d'épaisseur puisse loger un système audio convaincant, et pourtant Honor y parvient. Les huit haut-parleurs répartis sur les tranches offrent un son clair, détaillé et étonnamment dynamique pour un châssis aussi fin. Les basses restent forcément limitées par le peu de volume interne disponible, mais l'ensemble reste très agréable pour du visionnage de films ou de séries.

La prise en charge du DTS:X et la fonction audio spatiale ajoutent une dimension supplémentaire, avec un rendu parfois bluffant sur du contenu certifié IMAX Enhanced, même si l'effet de spatialisation reste inégal selon les sources. Un conseil que je peux donner d'expérience : il vaut mieux désactiver les effets sonores additionnels de Honor, actifs par défaut, qui ont tendance à rendre le médium artificiellement métallique.
MagicOS 10 : une interface léchée, très inspirée d'iOS
Sous le capot logiciel, la MagicPad 4 tourne sous MagicOS 10, basé sur Android 16. La direction artistique assume pleinement son inspiration venue de Cupertino, avec des éléments translucides façon verre dépoli qui rappellent fortement le langage visuel le plus récent d'iOS. Certains y verront un manque d'originalité, d'autres, dont je fais partie, apprécieront la cohérence et la lisibilité de cette interface, particulièrement agréable à prendre en main pour qui vient du monde Apple.


La grande nouveauté de cette mouture réside dans son mode bureau. Une fois activé, il fait apparaître une barre des tâches persistante et permet d'ouvrir plusieurs applications dans des fenêtres redimensionnables et déplaçables librement, un fonctionnement qui rappelle furieusement un environnement de bureau classique. Il est même possible d'étendre l'affichage sur un écran externe plutôt que de simplement le dupliquer, ce qui change réellement la donne pour un usage professionnel. Associée à un clavier et une souris Bluetooth, la MagicPad 4 devient une machine de productivité crédible.
Honor a également densifié son offre d'outils intelligents, avec une suite dédiée à la bureautique capable de résumer des réunions, de retranscrire de la parole en texte, de reformuler des écrits ou encore de trier automatiquement des captures d'écran. Seul bémol, l'interface arrive chargée d'un grand nombre d'applications maison dès le premier démarrage, réparties sur plusieurs écrans d'accueil plutôt que rangées dans un tiroir, ce qui peut donner une première impression un peu envahissante. Sur la question sensible du suivi logiciel, Honor s'engage sur six années de mises à jour majeures en Europe, un engagement qui place clairement la MagicPad 4 au sommet de sa catégorie sur ce critère, aux côtés des meilleurs élèves du marché.
Performances : le Snapdragon 8 Gen 5 répond largement présent
Le MagicPad 4 repose sur un Qualcomm Snapdragon 8 Gen 5 gravé en 3 nm, avec deux cœurs Oryon Gen 3 à 3,8 GHz et six à 3,3 GHz, un GPU Adreno 829, et 12 ou 16 Go de RAM selon la version.
En puissance brute, le score AnTuTu 12 atteint 3 226 289 points, réparti en 1 014 021 pour le CPU, 1 149 920 pour le GPU, 346 682 pour la mémoire et 715 666 pour l'interface. Sur Geekbench 7, la tablette obtient 1 175 points en monocœur et 5 551 en multicœur. Sous 3DMark Wild Life Extreme, elle affiche 5 692 points.
La tenue sous charge est correcte sans être exemplaire. Pendant le stress test, la meilleure boucle atteint 5 711 points et la plus basse 4 737, soit une perte de 17,1 % entre les deux. Les performances graphiques baissent donc nettement lorsque la sollicitation se prolonge.
Côté chauffe, le dos de la tablette relève 47 °C après le stress test, à une température ambiante de 22 °C. C'est une température franchement chaude après une charge soutenue.
Autonomie et charge : un compromis assumé
La MagicPad 4 est annoncé avec une batterie silicium-carbone de 10 100 mAh et une charge filaire de 66 W, ainsi qu'une charge inverse filaire de 5 W.
En lecture vidéo à 200 nits, la tablette tient 10 h 51 lors de notre mesure. C'est une endurance solide pour une tablette de cette taille, de quoi couvrir une longue journée de visionnage.
La recharge est en revanche plus lente que ne le laisse penser la puissance annoncée. De 1 à 100 %, il faut 146 min, avec une puissance moyenne de 26 W et un maximum de 30 W relevé, soit 54,5 % de moins que les 66 W annoncés. Le chiffre de 66 W reste donc théorique dans nos conditions de mesure.
Photo : le point faible logique de cette tablette
Personne n'achète une tablette de 12,3 pouces pour sa photographie, et la MagicPad 4 ne fait pas exception à la règle. À l'arrière, un unique capteur de 13 mégapixels avec autofocus et ouverture f/2.0 se charge de l'essentiel, sans module ultra grand-angle en renfort. À l'avant, la caméra selfie de 9 mégapixels, à mise au point fixe, est avant tout pensée pour les visioconférences.

Dans la pratique, les clichés pris en pleine lumière restent exploitables pour numériser un document ou dépanner en l'absence de smartphone, mais l'exposition manque parfois de punch et les couleurs paraissent un peu ternes dès que la lumière baisse. Même constat en vidéo, où la plage dynamique reste limitée. Rien de dramatique tant qu'on garde à l'esprit qu'il s'agit d'une fonction secondaire sur ce type d'appareil, mais il serait malhonnête de prétendre le contraire.
Clavier et stylet : des accessoires soignés, mais vendus séparément
Comme la plupart des tablettes premium, la Honor MagicPad 4 n'inclut ni clavier ni stylet dans sa boîte, qui se contente d'un chargeur 66 W et d'un câble USB-C.
Le clavier Smart Keyboard
Le clavier se fixe à l'arrière de la tablette via un connecteur dédié et se replie pour former un étui de protection. Les touches, larges et dotées d'une bonne course, conviennent parfaitement à la rédaction de longs textes, même si l'absence de rétroéclairage se fait sentir en usage nocturne. Deux angles de visionnage sont proposés une fois le clavier déployé, sans réglage d'inclinaison libre. La version d'entrée de gamme se passe de pavé tactile, une fonction réservée à la déclinaison Smart Touch Keyboard, plus onéreuse.

Le stylet Magic Pencil
Côté stylet, plusieurs générations de Magic Pencil sont compatibles, avec une recharge automatique par simple accroche magnétique sur la tranche de la tablette. Le modèle le plus récent ajoute un bouton physique permettant de lancer directement l'application Notes par un appui long ou d'activer la gomme d'un double appui, un vrai gain de confort pour la prise de notes manuscrite au quotidien.
Mon avis sur la Honor MagicPad 4

- Châssis aluminium de 4,8 mm, parmi les plus fins du marché
- Écran OLED 12,3 pouces 165 Hz, 2400 nits de luminosité crête
- Snapdragon 8 Gen 5, première tablette avec ce SoC
- Absence de port jack 3,5 mm
- Pas de NFC ni de GPS intégré
- Logiciel MagicOS avec présence de bloatware signalée
Nos mesures
Relevés réalisés par la rédaction selon notre protocole, à 22 °C ambiants.
| Mesure | Résultat |
|---|---|
| Autonomie vidéo (200 nits) | 10 h 51 |
| Recharge 1 à 100 % | 146 min |
| Puissance de recharge moyenne | 26 W |
| Puissance de recharge maximale | 30 W |
| Luminosité max (manuelle) | 707 nits |
| Pic de luminosité (auto) | 708 nits |
| Delta E moyen | 3,46 |
| Température du blanc | 7 226 K |
| Couverture sRGB | 100 % |
| Couverture DCI-P3 | 90,5 % |
| Température du dos sous charge | 47 °C |
| Geekbench 7 monocœur | 1 175 |
| Geekbench 7 multicœur | 5 551 |
| 3DMark Wild Life Extreme | 5 692 |
| Stress Test : meilleure boucle | 5 711 |
| Stress Test : boucle la plus basse | 4 737 |
| AnTuTu v12 | 3 226 289 |
L'auteur
Charles Gouin-Peyrot
Journaliste tech et testeur indépendant, je décrypte la tech grand public. Spécialisé dans le hardware, l'audio et la maison connectée, je mets ma rigueur technique et mon expérience de formateur au service de mes tests. Mon objectif est simple : dépasser les fiches techniques pour vous livrer des analyses transparentes, impartiales et ancrées dans un usage 100 % réel.
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