Test DJI Romo P2 : encore un aspirateur robot clairement au-dessus du lot
10,0/10
ExcellentVerdict en bref
Le Romo P2 ne réinvente pas la formule qui avait déjà fait le succès du premier Romo, il la peaufine intelligemment.
- Aspiration de 36 000 Pa avec boost automatique sur tapis
- Navigation LiDAR multisensoriel avec détection d'obstacles au millimètre
- Prix de lancement élevé à partir de 1 299 €
- Impossible de laisser les serpillières en station lors d'une phase d'aspiration seule
DJI n'a mis qu'un an pour livrer la suite de son premier aspirateur robot, et ce Romo P2 corrige presque tout ce qu'on pouvait reprocher au modèle original. Presque, parce qu'il reste tout de même deux ou trois détails qui m'ont fait tiquer pendant mes semaines de test.
Il y a un an, DJI débarquait sur le marché de l'aspirateur robot avec une promesse un peu folle : appliquer au sol de votre salon la même intelligence de navigation que celle développée pour ses drones. Le pari avait été tenu, et plutôt brillamment. Avec le Romo P2, la marque ne réinvente rien, elle affine. Plus de puissance, un bras articulé bien plus mobile, une meilleure gestion des seuils de porte : sur le papier, la liste des améliorations est longue. Reste à savoir ce qu'elle change vraiment une fois le robot lâché dans un appartement bien vécu, avec ses fils qui traînent, ses tapis et son carrelage capricieux. J'ai passé plusieurs semaines avec le Romo P2 pour le savoir.
Design : la capsule transparente s'assagit un peu
Le Romo P2 reprend l'identité visuelle qui avait fait sensation sur le premier modèle : une coque en polycarbonate transparent qui laisse voir les entrailles du robot, du réservoir à poussière aux tuyaux d'eau. Dans notre test du premier DJI Romo P, j'avais déjà été bluffé par ce choix esthétique qui tranche radicalement avec les disques noirs ou blancs habituels du marché. Sur le P2, DJI adoucit un peu la recette : le gris marqué et l'orange criard du premier modèle laissent place à des teintes plus claires, plus sobres, tout en conservant cette transparence qui donne l'impression de regarder une pièce mécanique plutôt qu'un simple appareil ménager.

Côté gabarit, rien ne bouge vraiment : 35,1 x 35,1 x 9,8 centimètres pour environ 4,9 kilos sur la balance. Cette hauteur, un peu inférieure à la barre symbolique des dix centimètres, lui permet de se faufiler sous la plupart des meubles bas, y compris le mobilier bon marché à pieds courts qu'on trouve dans beaucoup de salons.

Il existe aujourd'hui des modèles plus plats sur le marché, mais dans mon appartement, la question ne s'est jamais posée. Un point continue en revanche de m'agacer : le câble d'alimentation de la station, qui pend toujours dans le vide à l'arrière sans aucun système de rangement. Sur un produit qui mise autant sur l'esthétique, ce détail reste incompréhensible.
Navigation et détection d'obstacles : le réflexe du fabricant de drones
C'est le terrain de jeu naturel de DJI, et ça se sent. Le Romo P2 combine un LiDAR grand angle à état solide, deux caméras fisheye et des capteurs ToF pour cartographier son environnement. La création de la carte est rapide et étonnamment précise : dans mon logement, cuisine, salle de bain et chambre ont été identifiées et nommées automatiquement sans aucune erreur. Seules les pièces aux usages plus atypiques, bureau ou salle à manger, ont nécessité un renommage manuel, l'affaire de quelques secondes.

Sur le terrain, la détection d'obstacles impressionne. Câbles fins, chaussette égarée, pince à linge tombée au sol : le robot les identifie et les contourne sans jamais s'arrêter net contre un pied de chaise. Les deux caméras fisheye ne se contentent pas de détecter une présence, elles la classifient, ce qui permet au Romo P2 de comprendre qu'un miroir ou une surface vitrée n'est pas un vide dans lequel foncer.

Un éclairage LED intégré, repositionné et désormais quasi invisible sous le châssis, s'active automatiquement dans les zones sombres, sous un canapé ou un lit, pour que les caméras continuent de fonctionner correctement. Seul vrai point faible relevé pendant mes tests : le robot a tenté à plusieurs reprises de se faufiler sous mes toilettes suspendues, dont la géométrie en pente finit par racler le sommet de sa coque. Il a fallu créer une zone interdite pour régler le problème, un souci que partagent d'ailleurs la plupart des robots équipés de capteurs uniquement frontaux.
Le bras articulé à guidage LiDAR : la vraie nouveauté de ce P2
S'il fallait retenir une seule évolution marquante par rapport au modèle précédent, ce serait celle-ci. Le premier Romo P pouvait déjà faire pivoter son patin de lavage droit pour approcher les plinthes. Sur le P2, ce bras gagne son propre capteur LiDAR et pivote sur 123 degrés, avec une extension de 12,4 centimètres, soit 7,8 centimètres de plus que sur le modèle original. En pratique, le gain est très concret : le long d'un mur, le patin suit le contour avec une précision millimétrique, en ajustant sa distance en continu. Sous mon réfrigérateur, où l'espace entre le sol et la porte est trop étroit pour que le robot lui-même passe, le bras s'étire et vient nettoyer la zone sans que le châssis n'ait besoin d'y entrer.

Face à des concurrents qui misent plutôt sur des brosses latérales fixes ou des bras télescopiques plus courts, comme j'avais pu le constater dans notre test du Roborock QRevo Curv, l'approche de DJI se distingue par sa mobilité et sa réactivité. Seule limite : dans les angles parfaitement droits, le bras laisse parfois un léger résidu, la forme arrondie du robot restant un obstacle géométrique difficile à contourner totalement.
Aspiration et lavage : 36 000 Pa, la théorie face à la pratique
Sur le papier, la puissance d'aspiration grimpe fortement, de 25 000 à 36 000 Pa. Dans les faits, la différence au quotidien est nettement moins spectaculaire que ne le laisse penser la fiche technique, tout simplement parce que le premier Romo P était déjà redoutable sur ce point. Ce qui change réellement, c'est la rapidité avec laquelle le robot adapte sa stratégie de nettoyage à la nature du sol. Sur un tapis, le changement de surface est détecté quasi instantanément et le mode renforcé s'enclenche sans latence perceptible. Sur les tapis à poils longs, les patins de lavage se relèvent suffisamment haut pour rester parfaitement secs, un point sur lequel le modèle précédent avait parfois tendance à légèrement les mouiller.

La brosse principale, scindée en deux avec des franges souples sur les côtés, s'en sort très bien avec les cheveux longs : après plusieurs semaines d'usage quotidien, je n'ai constaté aucun enchevêtrement significatif, ni sur la brosse centrale ni sur les brosses latérales. Côté lavage, difficile en revanche de noter une réelle différence de résultat par rapport au premier modèle : l'humidité reste bien répartie, les taches courantes disparaissent sans difficulté, mais les traces les plus tenaces demandent plusieurs passages, voire une intervention manuelle. Un vrai bémol pour un usage intensif : le réservoir d'eau propre se vide relativement vite, et pour de grandes surfaces lavées fréquemment, il faut parfois le remplir après un seul cycle complet.
Franchissement d'obstacles : la fin des seuils de porte qui bloquent
Les jambes mécaniques du Romo P2 franchissent désormais les seuils simples jusqu'à 4 centimètres et les doubles marches jusqu'à 8,5 centimètres, contre seulement 2,5 centimètres pour son prédécesseur.
Dans un appartement typique avec des seuils de porte standards entre les pièces, ce n'était tout simplement plus un sujet pendant mon test : le robot passe sans ralentir ni s'y reprendre à plusieurs fois, là où d'autres modèles finissent parfois par se coincer ou renoncer à nettoyer certaines pièces.
Station : l'entretien réduit à sa plus simple expression
La base du Romo P2 enchaîne cinq étapes après chaque session : rinçage haute pression, lavage à l'eau chaude pouvant atteindre 80 degrés avec dosage automatique de détergent, brossage mécanique des patins, séchage à air chaud, et stérilisation UV de la zone du sac à poussière. La station embarque un réservoir d'eau propre de 4 litres, un réservoir d'eau sale de 3,2 litres et un sac à poussière de 2,4 litres. DJI annonce jusqu'à 365 jours sans entretien manuel de la plaque de lavage, une durée qui ne concerne toutefois que le nettoyage de cette plaque : le remplissage d'eau, la vidange et le remplacement des consommables restent nécessaires à intervalles réguliers.

Face à des stations tout-en-un comme celle que propose Mova, que j'avais détaillée dans le test du Mova V50 Ultra, le Romo P2 se distingue surtout par la propreté durable de sa zone de lavage : après plusieurs semaines d'usage quasi quotidien, seule une fine pellicule s'était formée à cet endroit, facilement éliminée d'un coup d'éponge. Le séchage des patins, d'environ trois heures, ne laisse aucune odeur désagréable persistante, ce qui n'est pas toujours le cas sur des stations moins abouties.
Application DJI Home et fonctionnalités connectées
La mise en route est simple, guidée pas à pas, et le Romo P2 se connecte aussi bien en 2,4 GHz qu'en 5 GHz, un vrai confort qui évite de devoir bricoler la configuration de sa box internet. L'application reprend les fonctions classiques du genre (zones, cartes multiples, zones interdites) et propose des réglages spécifiques pour les foyers avec animaux : marquage des zones sensibles, ajustement de l'évitement, fréquence de nettoyage adaptée aux poils.
Deux fonctions méritent d'être citées : une carte thermique des zones les plus sales, utile pour ajuster ses habitudes de nettoyage, et un accès vidéo en direct via la caméra frontale, désormais protégé par mot de passe plutôt qu'un simple code PIN.

DJI promet également un mode de données locales pour la fin de l'année 2026, qui coupera la connexion internet de l'application pour garantir qu'aucune image ne quitte le domicile. L'application souffre toutefois encore de quelques lacunes : la répartition des pièces doit être ajustée manuellement même après une cartographie complète, il n'existe pas de pilotage manuel en temps réel pour un nettoyage ponctuel très localisé, et les réglages temporaires appliqués en cours de session (plus de puissance dans une pièce donnée, par exemple) ne sont pas conservés d'une fois sur l'autre.
Autonomie et recharge
La batterie de 5 000 mAh (72 Wh) permet jusqu'à trois heures d'autonomie en mode silencieux. Dans mon appartement d'environ 70 mètres carrés, un cycle complet de nettoyage prend environ 90 minutes, et il reste encore une bonne réserve de batterie une fois la session terminée, largement de quoi enchaîner sur une deuxième pièce ou un second passage sans attendre. La charge rapide à 55 watts permet de retrouver un plein en environ deux heures et demie, et le robot profite aussi des passages réguliers par la station en cours de nettoyage (pour laver ses patins) pour grappiller un peu d'énergie au passage.
Prix et disponibilité en France
Le DJI Romo P2 (version à réservoirs d'eau) est commercialisé en Europe depuis septembre 2026, avec un tarif de lancement affiché à 1 299 euros. Ce positionnement le place clairement dans le haut du panier du marché des aspirateurs robots laveurs, aux côtés des références les plus premium de Roborock, Dreame ou Ecovacs. Comme toujours sur ce segment, des remises de lancement ou saisonnières peuvent faire évoluer ce tarif assez rapidement, mieux vaut donc vérifier le prix affiché au moment de l'achat plutôt que de se fier uniquement à ce chiffre.
Mon avis sur le DJI Romo P2

- Aspiration de 36 000 Pa avec boost automatique sur tapis
- Navigation LiDAR multisensoriel avec détection d'obstacles au millimètre
- Franchissement d'obstacles jusqu'à 8,5 cm (double niveau) grâce aux pieds mécaniques
- Prix de lancement élevé à partir de 1 299 €
- Impossible de laisser les serpillières en station lors d'une phase d'aspiration seule
- Relevage des serpillières insuffisant sur tapis très épais
L'auteur
Charles Gouin-Peyrot
Journaliste tech et testeur indépendant, je décrypte la tech grand public. Spécialisé dans le hardware, l'audio et la maison connectée, je mets ma rigueur technique et mon expérience de formateur au service de mes tests. Mon objectif est simple : dépasser les fiches techniques pour vous livrer des analyses transparentes, impartiales et ancrées dans un usage 100 % réel.
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