OpenAI accuse Apple de créer le chaos dans l'affaire des secrets volés
L'affaire opposant Apple à deux de ses anciens ingénieurs, désormais chez OpenAI, prend un tournant plus tendu. Apple affirme avoir trouvé des preuves accablantes lors de l'analyse forensique d'un MacBook appartenant à Chang Liu, l'un des ex-employés en cause.
OpenAI a répliqué dans une déposition déposée le même jour, en estimant que la situation est entièrement imputable aux défaillances internes d'Apple. La startup d'intelligence artificielle ne mâche pas ses mots dans ce document juridique.
Ce que reproche Apple à ses anciens employés
Le litige porte sur deux anciens ingénieurs, Chang Liu et Tang Tan, soupçonnés d'avoir téléchargé des fichiers techniques confidentiels après avoir quitté Apple. L'entreprise leur reproche d'avoir utilisé ces informations pour aider OpenAI à développer un dispositif matériel intégrant de l'intelligence artificielle.

Apple a obtenu l'autorisation d'analyser le MacBook de Liu dans le cadre de la procédure. À l'issue de cette analyse, la firme a transmis au tribunal quatre éléments qu'elle qualifie de preuves solides venant étayer ses allégations initiales.
La contre-attaque d'OpenAI : trois failles pointées du doigt
OpenAI ne conteste pas frontalement l'utilisation d'informations provenant d'Apple, mais choisit un angle défensif différent : démontrer qu'Apple n'a pas pris les mesures nécessaires pour protéger ses propres secrets commerciaux.
La startup identifie trois pratiques internes à Apple comme sources du problème. D'abord, Apple encouragerait ses employés à utiliser des comptes iCloud personnels pour accéder à des documents professionnels. Ensuite, les délais accordés aux salariés quittant l'entreprise pour restituer leurs appareils seraient insuffisants. Enfin, des anciens employés continueraient à être contactés par leurs ex-collègues après leur départ, les obligeant à accéder à des informations internes.
Dans sa déposition, OpenAI soutient que des employés ont le droit de quitter une entreprise pour rejoindre une structure plus dynamique, et qu'Apple ne peut pas qualifier ces choix d'illégaux ni imputer ses propres lacunes organisationnelles à des tiers.
Un enjeu juridique central : la notion de secret commercial
L'argument d'OpenAI repose sur un principe juridique précis. Pour qu'une information soit reconnue comme un secret commercial devant les tribunaux, l'entreprise doit avoir pris des mesures raisonnables pour la protéger. Si OpenAI parvient à établir qu'Apple ne l'a pas fait, la startup pourrait obtenir gain de cause, même si l'utilisation des données en question est avérée.

C'est un point de droit qui pourrait s'avérer déterminant dans la suite de la procédure. Les trois failles organisationnelles identifiées par OpenAI visent précisément à fragiliser la prétention d'Apple à protéger ces informations comme des secrets commerciaux légitimes.
Un procès révélateur des tensions autour de l'IA
Ce litige intervient dans un contexte de concurrence accrue entre grandes entreprises technologiques pour attirer les talents spécialisés en intelligence artificielle. OpenAI a explicitement mentionné dans sa déposition qu'Apple aurait tardé à intégrer l'IA dans ses activités, ce qui expliquerait les départs vers des structures perçues comme plus en pointe.
La procédure est toujours en cours. Les deux camps ont déposé leurs pièces le même jour, ce qui laisse entendre que les prochaines semaines pourraient être décisives pour déterminer si les allégations d'Apple sont suffisamment étayées pour prospérer malgré les arguments de la défense.
Source : 9to5Mac
L'auteur
Charles Gouin-Peyrot
Journaliste tech et testeur indépendant, je décrypte la tech grand public. Spécialisé dans le hardware, l'audio et la maison connectée, je mets ma rigueur technique et mon expérience de formateur au service de mes tests. Mon objectif est simple : dépasser les fiches techniques pour vous livrer des analyses transparentes, impartiales et ancrées dans un usage 100 % réel.
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