
Deux frères, Muneeb et Sohaib Akhter, ont été licenciés par une entreprise spécialisée dans la gestion de documents publics, notamment pour des agences fédérales américaines. Dans les heures qui ont suivi leur renvoi, ils ont tenté de supprimer des données et d’extorquer leur ancien employeur.
Ce qui aurait pu rester une affaire difficile à prouver s’est transformé en dossier à charge quasi parfait : les deux hommes ont oublié de couper une session Microsoft Teams, qui a enregistré l’intégralité de leurs échanges.

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Une session Teams ouverte, une conversation entière capturée
Pendant la réunion durant laquelle leur licenciement a été notifié, une session Teams est restée active. Les deux frères, sans s’en apercevoir, ont continué à discuter devant leur écran de ce qu’ils allaient faire ensuite.
L’enregistrement révèle Muneeb en train de se connecter au VPN de la société dix minutes avant la réunion de licenciement, puis de supprimer des sauvegardes de bases de données. Sohaib l’encourage à aller plus loin et évoque la possibilité de contacter directement les clients de l’entreprise pour les menacer.
Parmi les clients mentionnés dans la conversation figurent plusieurs inspecteurs généraux fédéraux, dont ceux du département des Anciens combattants, du département de l’Éducation et du département de la Sécurité intérieure.
Des projets d’extorsion discutés à voix haute
La transcription de la conversation montre les deux frères débattre ouvertement de la somme à réclamer à leur ancien employeur : 25 000 dollars chacun. Sohaib suggère de formuler la demande de façon à ne pas la faire passer pour une menace explicite.

Muneeb se montre plus prudent sur certains points, rappelant que certaines formulations constitueraient une preuve directe de culpabilité. Il n’hésite pourtant pas à supprimer des sauvegardes et à évoquer l’effacement de systèmes de fichiers entiers. Les deux frères discutent également de la nécessité d’effacer des données dans un second logement.
L’un d’eux conclut en proposant de partir au Texas. Ni l’un ni l’autre n’y est allé : les deux sont actuellement en détention fédérale.
Un verdict et une tentative de rétractation
Muneeb Akhter a plaidé coupable en avril 2026, mais cherche depuis à revenir sur son aveu par une série de lettres manuscrites adressées au juge. Son frère Sohaib, lui, a été reconnu coupable à l’issue d’un procès la semaine précédant la publication des faits.
L’affaire illustre un angle peu discuté des outils de visioconférence d’entreprise : les sessions peuvent rester ouvertes bien après la fin d’une réunion, et continuer à enregistrer sans que les participants le réalisent.
Pour les enquêteurs, ce document audio a fourni une reconstitution détaillée des actions des deux accusés, dans leurs propres mots, au moment même des faits.
Source : Ars Technica

