
Le marché des smartphones compacts haut de gamme s’est réduit comme peau de chagrin ces dernières années. Samsung reconduit son Galaxy S25 avec des retouches souvent cosmétiques, Apple vient tout juste de doter son iPhone 17 d’un écran 120 Hz, une technologie que la concurrence proposait depuis longtemps, et Google a greffé un téléobjectif à son Pixel 10 de base. Dans ce paysage un brin figé, Oppo débarque avec le Find X9, un appareil qui ambitionne de tout offrir, puissance, autonomie, photo, sans sacrifier la compacité.
Design et conception
OPPO n’a pas bouleversé la silhouette de son prédécesseur, le Find X8, mais les ajustements apportés méritent qu’on s’y attarde. Le module photo circulaire cède sa place à un bloc carré, plus discret, logé dans le coin supérieur gauche. Ce remaniement aligne le Find X9 sur le reste de la gamme OPPO et libère de l’espace visuel sur le panneau arrière. Notre exemplaire arborait la finition Velvet Red, une teinte bordeaux satinée plutôt réussie.

Le profil anguleux du Find X8 revient, légèrement adouci dans les coins. En main, le téléphone tient confortablement malgré son gabarit très contenu. Pour donner un ordre d’idée, il est à la fois plus fin et plus léger qu’un iPhone 16 Pro, une différence qui se fait nettement sentir après une journée complète d’utilisation.

Autre changement notable : le curseur d’alerte disparaît au profit d’une touche baptisée « Snap Key ». Son fonctionnement évoque le bouton Action de l’iPhone : on lui assigne une fonction parmi une liste prédéfinie. Au quotidien, cette touche sert surtout à basculer entre les profils sonores, même si OPPO la destine principalement à sa fonction IA « Snap to Mind Space », qui capture le contenu affiché à l’écran pour l’associer à une note vocale.

La prise de poids de quelques grammes, due à la batterie plus imposante, reste imperceptible. La finition frôle l’irréprochable, ce qui est le minimum attendu à ce niveau tarifaire. La certification IP69 garantit une résistance à l’eau et à la poussière de premier ordre, même si OPPO rappelle que les dégâts liés à une immersion ne sont pas couverts par la garantie.
Un écran quasi parfait
La dalle du Find X9 est parfaitement plate, encadrée par des bordures ultra-fines qui maximisent la surface d’affichage. Le rendu visuel se montre excellent : couleurs fidèles (particulièrement en mode « Naturel »), luminosité généreuse en plein soleil, niveau de détail élevé grâce à la haute définition du panneau. Que l’on regarde une série, que l’on parcoure ses réseaux sociaux ou que l’on réponde à un message en terrasse, l’expérience reste homogène et agréable.

Les contenus HDR10+ et Dolby Vision sont correctement restitués, avec un contraste profond et des teintes justes qui rendent justice aux productions soignées.
Un regret subsiste toutefois : OPPO a conservé une technologie LTPS plutôt que d’opter pour du LTPO. La différence est loin d’être anodine. Le LTPO adapte dynamiquement la fréquence de rafraîchissement — de 1 à 120 Hz — selon le contenu affiché, réduisant la consommation d’énergie de manière significative. Sur un appareil compact censé optimiser chaque milliampère-heure, ce choix surprend. Le Galaxy S25 et le Pixel 10, positionnés dans la même tranche tarifaire, embarquent tous deux du LTPO.
De superbes performances
Le Dimensity 9500 de MediaTek propulse le Find X9 avec une aisance déconcertante. Ce processeur gravé en 3 nanomètres — le procédé de fabrication le plus fin disponible à ce jour — ne souffre d’aucun complexe face au Snapdragon 8 Elite de Qualcomm, et les tests de performances le confirment.
| Test | OPPO Find X9 | Samsung Galaxy S25 | OnePlus 15 |
|---|---|---|---|
| AnTuTu v10 | 3 151 792 | 2 113 343 | 3 635 346 |
| Geekbench 6 (mono-cœur) | 3116 | 3 034 | 3 622 |
| Geekbench 6 (multi-cœurs) | 9452 | 9 211 | 10 712 |
| 3DMark Wild Life | MAX | 24 983 | 27 327 |
Au quotidien, cette cavalerie se traduit par une fluidité sans accroc. Passage d’une application à l’autre, multitâche soutenu, défilement rapide de fils d’actualité : tout répond au doigt et à l’œil. Les applications restent longtemps en mémoire, ce qui évite les rechargements intempestifs lorsqu’on revient à une app mise en arrière-plan quelques heures plus tôt.

Côté jeu, le Find X9 fait tourner Call of Duty: Mobile en qualité « Très élevée » avec un framerate maximal, ou en mode « Ultra » à 120 images par seconde. L’appareil chauffe modérément après trois quarts d’heure de session, sans jamais atteindre des températures inconfortables. Petit bémol pour les joueurs les plus exigeants : l’absence de double puce dédiée prive le Find X9 de l’interpolation d’images à 120 fps lorsque les réglages graphiques sont poussés au maximum.
Il faut bien le reconnaître, cette débauche de puissance risque de paraître disproportionnée pour les utilisateurs aux usages légers. Mais pour quiconque jongle entre tâches créatives, jeux et productivité, la réserve de performances est un filet de sécurité bienvenu.
Appareil photo du Find X9
Contrairement à Samsung, qui reconduit le même matériel photo sur ses Galaxy S d’une génération à l’autre, OPPO a renouvelé le capteur principal du Find X9. La résolution reste à 50 mégapixels, mais l’ouverture passe à f/1.6, plus lumineuse, donc, ce qui améliore mécaniquement la captation de lumière en conditions difficiles.

Autre évolution intéressante : Oppo a cette année clairement différencié le matériel du Find X9 de celui du Find X9 Pro. Là où les modèles de l’an passé partageaient beaucoup de composants, les deux appareils proposent désormais des configurations distinctes, justifiant mieux l’écart de prix entre les deux.
En plein jour, le capteur principal livre des clichés propres, détaillés et bien exposés. La plage dynamique se montre convaincante, préservant les détails dans les hautes lumières comme dans les ombres des scènes contrastées. Les portraits bénéficient d’une détection des contours précise et de tons chair naturels.








Le téléobjectif périscopique ×3, repris du Find X8, reste une valeur sûre. Les images sont nettes et détaillées jusqu’à un grossissement de ×6. Au-delà, les algorithmes d’intelligence artificielle prennent le relais avec un traitement plus appuyé, mais les résultats demeurent exploitables.
L’ultra grand-angle se comporte honorablement en journée, avec un bon niveau de détail et une distorsion en barillet contenue. En basse lumière, les textures s’aplatissent, surtout sur les bords du cadre, un comportement classique pour ce type d’optique.






Côté vidéo, le Find X9 filme en 4K à 30, 60 et 120 images par seconde. Les séquences sont nettes, bien stabilisées et dotées d’une excellente plage dynamique. Le mode 120 fps produit des ralentis saisissants, mais avec une limitation : à cette cadence, le zoom optique ×3 est inaccessible, l’appareil recadrant dans le capteur principal. Pour exploiter l’ensemble des focales, mieux vaut rester en 60 fps. Un phénomène de franges violettes a par ailleurs été observé dans les zones lumineuses à 60 fps sur le capteur principal, un artefact qui pourrait être corrigé par mise à jour.
Interface ColorOS 16
ColorOS 16 introduit une refonte visuelle inspirée du « Liquid Glass » d’Apple, cette esthétique vitrée et translucide apparue avec iOS 26. L’intention est compréhensible, le résultat, encore en rodage. Certains éléments d’interface hésitent entre mimétisme d’iOS et identité propre, sans trancher franchement. Oppo devra choisir : affiner cette inspiration jusqu’à la maîtriser, ou emprunter un chemin plus personnel, comme Google l’a fait avec son langage visuel Material 3 Expressive sur les Pixel.

Ce flottement esthétique n’empêche pas ColorOS 16 d’exceller là où ça compte : la fluidité. Le moteur de rendu baptisé « Luminous Rendering Engine » traite les éléments visuels en parallèle, supprimant saccades et micro-ralentissements. Le « Trinity Engine » gère l’allocation des ressources en temps réel, maintenant la réactivité même sous forte charge tout en contenant la chauffe et la consommation.
Parmi les nouveautés les plus appréciables, l’écran d’accueil « Flux » permet de redimensionner les dossiers d’applications en différentes formes, les icônes voisines s’ajustant dynamiquement — un détail qui rend la mise en page vivante plutôt que figée. Le jeu d’icônes « Flux » harmonise l’ensemble de l’interface selon la palette du fond d’écran, avec une cohérence visuelle qui, cette fois, fonctionne vraiment. L’écran de veille permanent (Always-On Display) gagne un mode plein écran, davantage de widgets et des options de personnalisation qui ont du caractère.
Les animations de balayage (« Swipe Animations »), actuellement en bêta, offrent un aperçu en carte de l’état précédent d’une application avant d’y revenir. L’effet est élégant dans les applications compatibles — pour l’instant limitées aux Réglages — et on espère le voir s’étendre aux applications tierces. Pour en profiter, il faut activer la navigation par gestes puis redémarrer l’appareil.
L’autre nouveauté, c’est le bouton « Action » en haut à gauche du smartphone, nommé ici « Snap Key ». On n’avait jamais vu ça ailleurs, c’est une innovation de grande ampleur. Non, c’est une copie quasi conforme de ce qu’Apple propose depuis l’iPhone 15 Pro. Il permet globalement la même chose, avec une copie de Dynamic Island pour les animations.

Le suivi logiciel promis — cinq ans de mises à jour système et six ans de correctifs de sécurité — place le Find X9 au niveau des engagements de Samsung et Google, un argument de poids pour qui envisage de garder son smartphone plusieurs années.
Connectivité : presque au top
Le Find X9 marque des points sur le terrain de l’interopérabilité entre appareils. Les fonctions « Phone Connect » et « PC Connect » permettent de transférer des fichiers et de dupliquer l’écran du smartphone sur un ordinateur Windows, un Mac, un iPhone ou un autre téléphone OPPO. Dans un monde où l’on jongle en permanence entre écrans et systèmes d’exploitation, cette ouverture constitue un avantage concret au quotidien, là où d’autres constructeurs enferment leurs utilisateurs dans un écosystème clos.

Le reste de la dotation correspond aux standards du segment : Wi-Fi 7 pour des débits sans fil rapides, Bluetooth 5.4, NFC pour le paiement sans contact et port USB-C. Aucune impasse, rien de révolutionnaire non plus.
Une qualité audio à la traîne
Les haut-parleurs stéréo du Find X9 sont compatibles Dolby Atmos et délivrent un volume généreux. Le son porte, c’est indéniable. Mais la rondeur et la profondeur dans les basses fréquences font défaut, ces qualités qui distinguent un haut-parleur correct d’un haut-parleur convaincant. Pour une série en fin de journée ou un album écouté en cuisinant, le recours à des écouteurs s’impose rapidement.
C’est probablement le seul domaine où le Find X9 ne tutoie pas l’excellence qu’il affiche partout ailleurs. Un constat mineur dans la balance globale, mais qu’il serait malhonnête de taire.
Autonomie : c’est pas mal
C’est ici que le Find X9 renverse les attentes. Loger une batterie de 7 025 mAh dans un smartphone compact était impensable il y a encore deux ans. Pour mesurer le chemin parcouru : début 2024, le Samsung Galaxy S24 Ultra, un appareil autrement plus imposant, avec son écran de 6,8 pouces, embarquait 5 000 mAh. Le bond est spectaculaire.

En conditions réelles, le Find X9 franchit sans peine la barre de la journée complète d’utilisation intensive — jeux, photo, navigation en données mobiles. Avec un usage plus mesuré, il tient facilement un jour et demi. Il m’est arrivé de tendre machinalement la main vers le chargeur en fin de soirée, pour réaliser que la jauge affichait encore 30 %. Une sensation inhabituelle, et franchement agréable.
La vitesse de recharge n’est pas la plus rapide du segment, mais reste confortable : 40 % en 15 minutes, 64 % en 30 minutes, charge complète en 1 heure 20 avec le bloc fourni. La charge sans fil à 50 W complète le dispositif pour ceux qui préfèrent poser leur téléphone sur un socle en fin de journée.
Oppo Find X9 : mon avis
L’Oppo Find X9 s’impose comme l’un des smartphones compacts les plus aboutis de sa génération. Dans un segment où Samsung recycle et Apple rattrape son retard, Oppo prend de l’avance sur plusieurs fronts : autonomie exceptionnelle grâce à la technologie silicium-carbone, appareil photo polyvalent et intuitif, performances de premier plan et logiciel fluide.
Ses quelques faiblesses — haut-parleurs manquant de corps, dalle LTPS plutôt que LTPO, vidéo selfie perfectible — restent mineures au regard de l’ensemble. Face au Galaxy S25 qui peine à se renouveler d’une année sur l’autre, ou à l’iPhone 17 (environ 900 €) encore dépourvu de téléobjectif, le Find X9 propose un rapport prestations/prix difficile à contester aux alentours de 800 €.
Pour les amateurs de grands écrans ou de jeu poussé avec interpolation d’images, le OnePlus 15 ou le Realme GT 8 Pro conviendront mieux. Mais dans la catégorie des flagships compacts, le Find X9 ne laisse que des miettes à la concurrence.
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