
Dans l’arène saturée des manettes « Pro », il est rare qu’un produit bouscule réellement la hiérarchie établie par les géants Sony et Microsoft. Pourtant, la Victrix Pro BFG première du nom avait réussi ce tour de force. Sa version « Reloaded » revient aujourd’hui avec une ambition claire : corriger les rares défauts de son aînée pour justifier un tarif élitiste avoisinant les 200 €.
Design : un look sage
Au premier coup d’œil, il faut un œil d’expert pour distinguer cette version Reloaded du modèle de 2023 précédemment testé. La silhouette reste identique, mais Victrix a choisi de maturer son esthétique. Les accents violets, signature un peu trop « jouet » de l’originale, laissent place à des finitions grises beaucoup plus sobres et élégantes. C’est un changement cosmétique mineur, certes, mais qui permet à la manette de s’aligner visuellement sur les standards premium actuels.

La véritable force de ce périphérique réside toujours dans sa modularité exceptionnelle. Contrairement à une manette classique moulée d’un bloc, la Pro BFG permet de dévisser et d’intervertir les blocs de commandes grâce à un petit tournevis fourni.

Vous préférez les joysticks asymétriques façon Xbox ou alignés façon PlayStation ? Le choix vous appartient. Cette flexibilité matérielle reste, à mon sens, inégalée sur le marché actuel, surpassant la rigidité d’une DualSense Edge.

L’ensemble est livré dans une mallette de transport robuste contenant le nécessaire : un câble tressé de 3 mètres, un dongle USB pour la connexion sans fil (2,4 GHz), et divers capuchons de sticks.
Un confort d’utilisation optimal
Si la prise en main générale reste fidèle à la réputation de la marque, ferme et sécurisante grâce aux grips texturés, c’est sur le module « Fightpad » que l’évolution est la plus palpable. Ce bloc, qui remplace le joystick droit et les boutons de façade par six boutons alignés (idéal pour les jeux de combat), a été subtilement redessiné.

Sur l’ancienne version, les boutons étaient placés un peu bas, forçant une gymnastique du pouce parfois fatigante. Ici, les micro-switchs ont été remontés. C’est un détail pour le néophyte, mais pour un joueur de Street Fighter 6, cela change tout : le pouce respire et l’exécution des combos gagne en fluidité.

Pour illustrer ce gain, imaginez la différence entre taper sur un clavier d’ordinateur portable étriqué et un clavier mécanique espacé : la mémoire musculaire s’active plus naturellement, réduisant les erreurs de frappe (ou d’input) dans le feu de l’action.
Fonctionnalités et performances
C’est sous le capot que la mention « Reloaded » prend tout son sens. Victrix a enfin intégré des capteurs à effet Hall pour les joysticks et les gâchettes. Pour les non-initiés, cette technologie remplace les pièces mécaniques classiques par des aimants. L’absence de frottement physique élimine virtuellement le risque de « drift » (ce phénomène agaçant où le curseur bouge tout seul), garantissant une durée de vie bien supérieure à celle des manettes traditionnelles.

Sur le terrain, la réactivité est exemplaire. Que ce soit sur les champs de bataille de Call of Duty ou les rings de Tekken 8, la transmission des commandes est instantanée. J’ai particulièrement apprécié les gâchettes ajustables : pouvoir réduire leur course au minimum transforme littéralement le tir en un clic de souris, offrant une fraction de seconde d’avance dans les duels.

Cependant, il faut souligner une absence notable : les fonctionnalités exclusives de Sony. En raison des verrous logiciels imposés par le constructeur japonais, cette manette, aussi onéreuse soit-elle, ne propose ni les retours haptiques subtils ni les gâchettes adaptatives de la DualSense officielle. C’est le prix à payer pour la performance pure, mais l’immersion en prend un coup.
Par ailleurs, si l’autonomie annoncée tourne autour des 20 heures — un chiffre honorable —, j’ai noté que l’utilisation d’un casque branché directement sur la manette tend à drainer la batterie un peu plus vite, un détail à garder en tête pour les longues sessions.
Victrix Pro BFG Reloaded : mon avis
La Victrix Pro BFG Reloaded ne réinvente pas la roue, mais elle la fiabilise. En ajoutant la technologie à effet Hall et en peaufinant son ergonomie, elle s’impose comme l’outil ultime pour le joueur compétitif, reléguant la DualSense Edge au rang d’accessoire grand public, malgré l’absence de vibrations haptiques. Si vous possédez déjà le premier modèle, l’investissement est discutable ; pour tous les autres cherchant la performance pure, c’est une référence absolue.

