Test UGREEN NASync DXP6800 Ultra : un NAS haut de gamme pour les créateurs acharnés
8,5/10
Très bonVerdict en bref
Le UGREEN DXP6800 Ultra est un excellent NAS, et je n'ai aucune réserve sur sa conception, sa connectique ou sa puissance.
- 6 baies SATA et 2 emplacements M.2 NVMe
- 2 ports 10GbE agrégeables (20 Gb/s)
- Livré sans disques de stockage
- Seulement 8 Go de RAM d'origine
Produit prêté par UGREEN pour ce test. La marque n'a aucun droit de regard sur l'article ni sur la note. Notre méthode de test
Avec son Intel Core 5 120U, sa mémoire extensible à 96 Go et son duo 10 GbE et Thunderbolt 4, le UGREEN DXP6800 Ultra a tout d'un petit serveur de studio glissé dans un boîtier de bureau. Un matériel impressionnant, freiné par un UGOS Pro encore perfectible et par un écart de prix difficile à justifier face au DXP6800 Pro.
Six baies SATA, deux emplacements M.2, deux ports 10 GbE, deux ports Thunderbolt 4, un slot PCIe 4.0, une sortie HDMI 8K et un processeur Intel à dix cœurs. Sur le papier, le DXP6800 Ultra aligne une fiche technique que les ténors historiques du NAS réservent à des machines bien plus chères, quand ils la proposent tout court. UGREEN, que beaucoup connaissent encore pour ses chargeurs et ses câbles, ne joue plus les outsiders : avec la série Ultra, la marque vise ouvertement les studios photo et vidéo, les petites équipes et les homelabs exigeants.
Design du UGREEN NASync DXP6800 Ultra
Au déballage, impossible de distinguer le DXP6800 Ultra de son prédécesseur au premier coup d'œil. UGREEN reconduit son châssis en aluminium gris anthracite, avec une coque monobloc épaisse qui inspire immédiatement confiance. On retrouve la même signature visuelle que sur le UGREEN DXP4800 Plus que j'ai testé, simplement étirée pour accueillir deux baies supplémentaires. La finition est irréprochable : pas un jeu dans les tiroirs, des arêtes propres, et une sobriété qui permet au NAS de trouver sa place sur un bureau de studio sans détonner.

Avec 294 x 258 x 189 mm, l'engin reste néanmoins encombrant. Ce n'est pas un boîtier que l'on glisse discrètement sous une télévision, d'autant que l'alimentation de 250 W est intégrée. Un choix que j'apprécie : pas de bloc secteur qui traîne au sol, un simple câble standard, et un branchement sur onduleur facilité.
La face avant résume à elle seule le positionnement du produit. Aux côtés des six tiroirs numérotés, UGREEN place les deux ports Thunderbolt 4, un port USB-A à 10 Gb/s et surtout un lecteur de cartes SD 4.0 UHS-II. Pour un photographe ou un vidéaste qui rentre de tournage, c'est un vrai gain de temps : la carte va directement dans le NAS, sans passer par l'ordinateur. Peu de concurrents osent ce genre d'équipement, et c'est pourtant le type de détail qui change le quotidien.

Les tiroirs se montent sans outil pour les disques 3,5 pouces et se verrouillent proprement. Les baies sont remplaçables à chaud, même si la marque recommande toujours d'éteindre la machine avant une intervention, par prudence.

À l'arrière, les deux ventilateurs de 90 mm sont protégés par un filtre anti-poussière magnétique qui se retire et se nettoie en quelques secondes. C'est simple, c'est malin, et sur une machine destinée à tourner 24 h/24 pendant des années, c'est essentiel. Pour ajouter de la mémoire ou installer les SSD M.2, une trappe dédiée évite de démonter tout le boîtier. Seul le slot PCIe demande un peu plus de patience pour y accéder, un défaut hérité de la génération précédente.
Une connectique solide
Si je devais résumer ce NAS en un mot, ce serait celui-là : connectique. C'est là que le DXP6800 Ultra écrase la quasi-totalité de la concurrence à tarif comparable.
Les deux ports RJ45 10 GbE sont natifs, sans carte d'extension à acheter. Ils peuvent être agrégés pour atteindre une bande passante cumulée de 20 Gb/s, ce qui prend tout son sens quand plusieurs postes de montage accèdent simultanément aux mêmes rushes. Sur une liaison unique, le lien 10 GbE est exploité quasiment à pleine vitesse dès que les données proviennent d'un volume SSD. Avec des disques mécaniques, ce sont eux qui deviennent le facteur limitant, pas le réseau.

Encore faut-il disposer de l'infrastructure qui va avec. Sans switch 10 GbE ni carte réseau adaptée sur les postes clients, une bonne partie de l'intérêt du DXP6800 Ultra s'évapore. C'est un point à budgéter avant l'achat.
Les deux ports Thunderbolt 4 à 40 Gb/s permettent de relier directement une station de travail au NAS, sans passer par le réseau. Pour un monteur seul sur un MacBook Pro ou un PC portable dépourvu de port 10 GbE, c'est la solution idéale : on obtient une liaison rapide et à faible latence, parfaite pour monter directement depuis le NAS. Les deux approches cohabitent sans difficulté, le Thunderbolt pour le poste principal et le 10 GbE pour le reste de l'équipe.

UGREEN pousse même le concept plus loin avec son dock eGPU LinkStation, vendu séparément, qui se branche en Thunderbolt 4 et permet d'attribuer la puissance d'une carte graphique aux conteneurs Docker et aux machines virtuelles. Une idée séduisante sur le papier, mais qui alourdit sérieusement la facture.
Le slot PCIe 4.0 x4 ouvre la porte à des cartes réseau SFP+, à une carte 25 GbE ou à une extension M.2 supplémentaire. UGREEN ne publie toutefois aucune liste officielle de cartes validées, ce qui oblige à se renseigner avant d'acheter. La sortie HDMI 2.1, compatible 8K, permet quant à elle d'utiliser le NAS comme lecteur multimédia relié à un téléviseur, ou d'afficher une console d'administration en local.
Performances
Six baies, c'est le seuil à partir duquel un NAS cesse d'être un simple espace de partage pour devenir une véritable infrastructure. En RAID 6, deux disques peuvent tomber en panne sans perte de données, un niveau de sécurité que je recommande dès que l'on stocke des projets clients. Avec six disques de 32 To, on frôle les 200 To bruts, de quoi voir venir pour un studio, même en vidéo 6K ou 8K.


Les deux emplacements M.2 NVMe ne servent pas uniquement de cache. UGOS Pro permet d'en faire un pool de stockage à part entière, idéal pour héberger les projets en cours, les conteneurs Docker ou les machines virtuelles. Glisser deux SSD PCIe 4.0 rapides comme le Samsung 990 Pro, que j'ai déjà passé au banc, permet de saturer facilement le lien 10 GbE et de garder les disques mécaniques pour l'archivage.


Côté système de fichiers, UGOS Pro propose Btrfs, avec gestion des instantanés, ou EXT4. En revanche, pas de ZFS, ni de RAID hybride permettant de mélanger intelligemment des disques de tailles différentes. Il faudra donc acheter des disques identiques pour ne pas gaspiller de capacité. Autre limite : UGREEN ne propose aucune unité d'extension pour ajouter des baies plus tard. Au-delà de six disques, il faudra passer par le slot PCIe ou par un second NAS.
Le cœur de la nouveauté, c'est l'Intel Core 5 120U. Une puce de la famille Raptor Lake, avec 10 cœurs et 12 threads, qui grimpe jusqu'à 5,0 GHz contre 4,4 GHz pour le Core i5-1235U du DXP6800 Pro. Dans les faits, l'écart est minime : la répartition des cœurs est identique, et le gain en multicœur reste de l'ordre de quelques pourcents. Au quotidien, je n'ai noté aucune différence de réactivité spectaculaire par rapport à la génération précédente.
Ce processeur reste toutefois très largement surdimensionné pour un NAS classique. Il encaisse sans broncher plusieurs conteneurs Docker, une ou deux machines virtuelles, l'indexation photo et les sauvegardes planifiées en parallèle. Petite déception en revanche : cette puce ne dispose d'aucun NPU. Les fonctions d'intelligence artificielle locale (reconnaissance des visages, des objets, recherche sémantique dans les photos) tournent donc sur le processeur et la partie graphique intégrée.
Interface logicielle
C'est le juge de paix de ce test. Le matériel du DXP6800 Ultra est remarquable, mais un NAS se vit avant tout à travers son système d'exploitation.
L'installation est d'une simplicité exemplaire. L'assistant guide pas à pas, de la création du compte jusqu'à la configuration du RAID, et le NAS est opérationnel en quelques minutes. L'interface est claire, moderne, et les applications mobiles sont soignées. La gestion des photos avec reconnaissance faciale, la détection des doublons et la recherche intelligente fonctionnent très bien. Docker s'installe en un clic, le gestionnaire de machines virtuelles est simple à prendre en main, et l'on trouve également la sauvegarde Time Machine, la synchronisation avec les clouds publics, la gestion d'onduleur, le SAN Manager pour le stockage en mode bloc ou encore un centre de vidéosurveillance compatible avec la détection de personnes et de véhicules.

Pourtant, UGOS Pro accuse encore un retard notable sur les systèmes les plus aboutis du marché. Le catalogue d'applications natives reste maigre et beaucoup de services passent par Docker. Plus gênant pour un NAS orienté entreprise : il n'y a toujours pas de serveur VPN intégré.

L'accès à distance passe par le relais UGREENlink, par un DDNS avec redirection de ports, ou par une installation manuelle de Tailscale ou WireGuard dans un conteneur. Rien d'insurmontable pour un utilisateur averti, mais c'est un manque difficile à justifier à ce niveau de prix. J'aurais aussi aimé une fonction de copie USB en un geste, absente ici.

Bon point, UGREEN ne verrouille rien. Il est possible d'installer TrueNAS, Unraid ou Proxmox sans perdre la garantie matérielle. Il faut toutefois savoir que les pilotes communautaires de gestion des ventilateurs et des LED en façade ne prennent pas encore officiellement en charge les modèles Ultra. Sous un autre système, le NAS fonctionnera, mais avec une gestion thermique moins fine et sans indicateur visuel de disque défaillant.
Bruit, chaleur et consommation
Sans surprise, un châssis métallique accueillant six disques mécaniques et un processeur de PC portable ne sera jamais un modèle de discrétion. Au repos, le DXP6800 Ultra reste audible, aux alentours de 35 dB, et monte à une quarantaine de décibels lors des grosses opérations comme une reconstruction RAID ou une indexation photo massive. Le crépitement des disques domine largement le souffle des ventilateurs. Ce NAS a donc sa place dans un bureau, un local technique ou un placard ventilé, mais certainement pas dans une chambre.

Côté consommation, UGREEN annonce 24,91 W disques en veille et 43,07 W en accès. Une fois quatre à six disques installés, la machine se situe plutôt autour de 40 W au repos, ce qui reste élevé pour un appareil qui tourne en permanence. Sur une année, cela pèse sur la facture d'électricité, un paramètre à intégrer dans le coût total. La planification des mises en veille et des arrêts nocturnes, ainsi que le réveil par le réseau, permettent heureusement de limiter la casse.
Les températures restent quant à elles parfaitement maîtrisées. Les deux ventilateurs de 90 mm adaptent leur vitesse à la charge, et je n'ai jamais constaté de chauffe préoccupante des disques, même lors des transferts prolongés.
Test UGREEN NASync DXP6800 Ultra : mon avis

- 6 baies SATA et 2 emplacements M.2 NVMe
- 2 ports 10GbE agrégeables (20 Gb/s)
- 2 ports Thunderbolt 4 (40 Gb/s)
- Livré sans disques de stockage
- Seulement 8 Go de RAM d'origine
- Prix de 1 449,99 €, supérieur au DXP6800 Pro
L'auteur
Charles Gouin-Peyrot
Journaliste tech et testeur indépendant, je décrypte la tech grand public. Spécialisé dans le hardware, l'audio et la maison connectée, je mets ma rigueur technique et mon expérience de formateur au service de mes tests. Mon objectif est simple : dépasser les fiches techniques pour vous livrer des analyses transparentes, impartiales et ancrées dans un usage 100 % réel.
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