Test The G-Lab Keyz Elite 400 WG : un clavier gamer de bonne qualité, pas cher
Charles Gouin-Peyrot
Publié le 18 juin 2026 · 8 min de lecture
The G-Lab, marque française longtemps cantonnée aux rayons grande surface avec des périphériques d'entrée de gamme, tente un virage ambitieux avec sa gamme KEYZ Elite. Le Keyz Elite 400 WG en est la pièce maîtresse : un clavier mécanique 96 %, sans fil, gasket mount, hot-swap, touches PBT, le tout sous la barre symbolique des 100 euros. Sur le papier, la proposition est redoutable. Reste à savoir si elle tient à l'usage.
- Triple connectivité : 2,4 GHz, Bluetooth et USB-C filaire
- Switchs KTT Wine Red hot-swappable sans soudure
- Batterie 4 000 mAh : jusqu'à 80 h sans RGB
- Logiciel de personnalisation disponible sur Windows uniquement
- Poids de 1,1 kg, peu adapté à un usage nomade intensif
Design et conception
La première chose qui frappe à la sortie de la boîte, c'est la densité. Le Keyz Elite 400 WG pèse 1,1 kg, ce qui le place dans la catégorie des claviers qui ne bougent pas d'un millimètre sur le bureau. Cette masse s'explique par une construction solide : coque en plastique renforcée par une plaque métallique en fond de châssis, patins antidérapants généreux et rehausseurs réglables sur trois positions (0°, 6° et 9°). Rien ne glisse, rien ne rattle.

The G-Lab a opté pour une structure interne en cinq couches, dont deux dédiées à l'isolation phonique, associée à un montage gasket qui isole le PCB du reste du châssis. Cette combinaison fait partie des techniques de construction que l'on retrouve habituellement sur des claviers deux fois plus chers, et son efficacité se ressent immédiatement à la frappe.

Le format 96 % est bien géré : le pavé numérique est conservé dans un encombrement très réduit, ce qui est un vrai argument pour ceux qui jonglent entre gaming et bureautique intensive. Un liseré RGB court sur les côtés du châssis en complément du rétroéclairage des touches, ce qui donne un effet visuel plaisant sans tomber dans l'excès. La molette multimédia en haut à droite, bien positionnée, se prend en main naturellement.

Côté coloris, le 400 WG se distingue de la concurrence par un choix tricolore assumé : blanc/noir/gris ou blanc/bleu/violet selon les versions. Ce n'est pas neutre, et ce design ne conviendra pas à tous les setups. Certaines touches affichent par ailleurs trois caractères, ce qui nuit légèrement à la lisibilité. Un détail, mais qui méritait d'être mentionné.

La boîte contient un câble USB-A vers USB-C tressé de 1,8 m, un extracteur de switchs double sens, et cinq switchs de rechange. C'est ce dernier point qui retient l'attention : fournir des switches de remplacement est encore rare à ce prix, et c'est une attention bienvenue.
Confort d'utilisation
Le Keyz Elite 400 WG est conçu pour durer des heures, et ça se sent. La frappe est souple, amortie, et les touches en PBT double injection offrent cette légère texture caractéristique du matériau qui limite les glissements de doigts. Comparé à des touches ABS classiques qui finissent par briller et devenir grasses à l'usage, le PBT vieillit bien mieux sur le long terme. C'est exactement le type de finition que l'on retrouvait sur le SteelSeries Apex Pro Mini et qui faisait partie de ses points forts.

La disposition 96 % demande un temps d'adaptation si l'on vient d'un clavier 100 % : les touches sont plus resserrées et certaines habitudes de frappe doivent être revues. Après quelques jours, le geste devient naturel. La structure gasket absorbe efficacement les vibrations, le bruit de frappe est clairement en dessous de la moyenne pour un mécanique linéaire, et les séances de jeu longues ne génèrent pas de fatigue notable.

La triple connectivité (2,4 GHz, Bluetooth, filaire USB-C) est gérée via un interrupteur physique sur la tranche avant du clavier, aux côtés d'un switch OS (Windows/macOS). Le rangement du dongle USB dans un emplacement dédié sur le châssis est une petite chose pratique qui évite de le perdre. Le taux de rafraîchissement de 1 000 Hz en sans fil 2,4 GHz n'a généré aucune latence perceptible en jeu, sur des sessions FPS intenses. La réactivité est comparable à ce que proposait le Logitech G915 Lightspeed en son temps, qui posait lui aussi la question de la viabilité du sans fil pour le gaming compétitif. La réponse est la même ici : oui, ça fonctionne.
Qualité des switchs
Le Keyz Elite 400 WG embarque des switchs linéaires pré-lubrifiés en usine, hot-swappable. The G-Lab annonce une durée de vie de 80 millions de frappes par switch. En pratique, le ressenti est fluide dès la première touche : pas de scratch, pas de bruit parasite, juste un mouvement propre et régulier du point d'activation jusqu'au fond.

La pré-lubrification en usine est généralement inégale chez la concurrence à ce prix, mais ici elle est cohérente d'une touche à l'autre, ce qui indique un contrôle qualité sérieux. Les stabilisateurs des grandes touches (barre espace, shift, entrée) sont eux aussi bien amortis, sans rattle notable. C'est un détail sur lequel beaucoup de constructeurs se plantent encore, y compris à des prix bien supérieurs. On avait relevé ce problème sur le Fnatic MiniStreak Silent, pourtant vendu comme un clavier silencieux de qualité.
Le hot-swap est compatible avec les formats MX standard, ce qui ouvre la porte à une personnalisation complète : switches tactiles, clicky, ou tout autre linéaire selon les préférences. Le fait de livrer cinq switches supplémentaires dans la boîte permet de remplacer immédiatement une touche défaillante sans attendre une commande. C'est une vision produit sur le long terme qu'on aurait aimé voir plus souvent.

L'anti-ghosting NKRO 100 % (aucune limite de touches simultanées) est bien présent et ne pose aucun problème lors des sessions les plus intenses en jeu. Pas de touche fantôme, pas d'input raté.
Logiciel et rétro-éclairage
Le rétroéclairage du Keyz Elite 400 WG est de type RGB par zone et non par touche. Concrètement, cela signifie qu'il n'est pas possible d'attribuer une couleur précise à chaque touche individuellement. Pour certains, c'est une limitation, mais à ce prix et avec ce design de touches multicolores, l'impact visuel reste honnête. Le liseré RGB sur les flancs du châssis compense partiellement l'absence de per-key lighting.

Le logiciel dédié est disponible en téléchargement sur le site de The G-Lab. Il permet le remapping des touches, la création de macros, la gestion de la molette multimédia et la personnalisation des effets lumineux avec la sauvegarde de plusieurs profils. La promesse est là, mais l'exécution laisse à désirer. L'interface est austère, les menus peu intuitifs, et la traduction française est approximative par endroits. Aucun tutoriel intégré n'est proposé pour guider les nouveaux utilisateurs. Pour quelqu'un habitué à Razer Synapse ou à iCUE, la marche est haute.

En pratique, ceux qui se contentent de quelques réglages de base s'en sortiront sans difficulté. Ceux qui souhaitent exploiter à fond les possibilités de customisation devront s'armer de patience. C'est clairement le point sur lequel The G-Lab devra travailler pour la suite, comme on avait pu le noter sur le The G-Lab Keyz Thallium, un modèle d'entrée de gamme de la marque qui souffrait déjà du même logiciel peu soigné.

À noter que le clavier fonctionne en Plug & Play sur PC, Mac, PlayStation et Xbox sans nécessiter d'installation préalable, ce qui suffit pour une grande majorité d'utilisateurs.
Autonomie : c'est très bon
C'est l'un des arguments les plus solides de ce Keyz Elite 400 WG. La batterie de 4 000 mAh offre jusqu'à 20 heures d'autonomie avec le rétroéclairage activé, et jusqu'à 80 heures sans éclairage. C'est significativement au-dessus de ce que proposait le Logitech G915 en son temps (environ 30 heures avec rétroéclairage max), et cela change réellement le rapport à l'utilisation quotidienne.

En pratique, une journée de gaming intense avec rétroéclairage en continu ne représente pas de problème. Retirer l'éclairage sur des sessions de bureau prolongées permet de tenir une semaine complète sans recharge. La recharge s'effectue via le port USB-C, ce qui est désormais le standard attendu. Aucune anxiété liée à la batterie en cours de partie, aucun câble à sortir en urgence : c'est exactement ce qu'on est en droit d'attendre d'un clavier sans fil à ce niveau de prix.
The G-Lab Keyz 400 Wireless : mon avis

- Triple connectivité : 2,4 GHz, Bluetooth et USB-C filaire
- Switchs KTT Wine Red hot-swappable sans soudure
- Batterie 4 000 mAh : jusqu'à 80 h sans RGB
- Logiciel de personnalisation disponible sur Windows uniquement
- Poids de 1,1 kg, peu adapté à un usage nomade intensif
- Pas de switchs silencieux en option d'origine
L'auteur
Charles Gouin-Peyrot
Journaliste tech et testeur indépendant, je décrypte la tech grand public. Spécialisé dans le hardware, l'audio et la maison connectée, je mets ma rigueur technique et mon expérience de formateur au service de mes tests. Mon objectif est simple : dépasser les fiches techniques pour vous livrer des analyses transparentes, impartiales et ancrées dans un usage 100 % réel.