
À l’heure où les aspirateurs robots se multiplient dans nos foyers, Roborock s’impose comme une référence incontournable. L’ancienne filiale de Xiaomi propose désormais le Qrevo Curv 2 Pro, un modèle clairement destiné aux utilisateurs exigeants – et disposant du budget correspondant. Avec un tarif avoisinant les 1 300 euros (souvent disponible autour de 999 euros), ce robot promet une aspiration puissante de 25 000 Pascal, un lavage à l’eau chaude et une station d’accueil capable de nettoyer ses serpillières à 100°C. Des arguments séduisants sur le papier, mais qu’en est-il vraiment au quotidien ?
Design et conception
Roborock a bâti sa réputation sur des finitions irréprochables, et le Qrevo Curv 2 Pro ne déroge pas à cette règle. Le robot arbore un design soigné qui rappelle fortement le Qrevo CurvX – les deux appareils partagent d’ailleurs une ressemblance troublante, tant au niveau de la station arrondie que du robot lui-même.

L’élément qui retient immédiatement l’attention reste la tourelle LiDAR rétractable. Ce système de navigation laser peut s’enfoncer dans le châssis, ramenant la hauteur totale à seulement 7,98 cm. Lorsqu’elle se déploie, l’appareil atteint 10,5 cm. Un capteur frontal détecte automatiquement les meubles bas et commande l’escamotage de la tourelle – une solution élégante que l’on retrouve également sur le Saros 10 du même fabricant.

Le dessous du robot révèle une brosse latérale extensible, une brosse principale en deux parties baptisée DuoDivide, ainsi que deux disques de lavage circulaires. L’un de ces disques peut s’étendre vers les bords, promettant un nettoyage minutieux des angles – un point souvent négligé par la concurrence.

La station d’accueil adopte un style bicolore avec une base gris mat et une partie supérieure blanc brillant. Elle abrite deux réservoirs d’eau (4 litres pour l’eau propre, 3 litres pour l’eau sale) et un sac à poussière de 2,5 litres. L’ensemble dégage une impression de robustesse rassurante.
Performances d’aspiration
Avec ses 25 000 Pascal de puissance d’aspiration, le Qrevo Curv 2 Pro affiche des chiffres impressionnants. Reste à savoir si cette puissance brute se traduit par des résultats concrets.

Sur un sol vinyle parsemé d’un mélange de flocons d’avoine, grains de café et petites pâtes alimentaires, le robot a aspiré 98 % des débris – un score remarquable. Les performances sur moquette s’avèrent tout aussi convaincantes : 90 % de récupération sur un tapis à poils courts comme sur un modèle à fibres moyennes.

La brosse extensible fait merveille dans les coins et le long des plinthes. Quant à la brosse principale DuoDivide, sa conception en deux segments empêche efficacement les enchevêtrements de poils. Pour les propriétaires d’animaux domestiques, c’est un atout non négligeable – les poils de chats ou de chiens finissent dans le sac plutôt qu’enroulés autour de la brosse.
Performances de lavage
Le système de lavage repose sur deux disques rotatifs tournant à 200 tours par minute et exerçant une pression de 12 newtons sur le sol. Pour tester leur efficacité, plusieurs taches de confiture ont été déposées, dont une préalablement séchée au sèche-cheveux.

Les taches fraîches ont disparu après deux passages. La tache séchée a nécessité un passage supplémentaire, mais le résultat s’est révélé satisfaisant. Le lavage à l’eau chaude – chauffée directement dans la station avant d’être transférée dans le réservoir du robot – contribue manifestement à cette efficacité.
Le nettoyage des liquides renversés pose davantage de difficultés. Face à plusieurs flaques de café, le robot a plutôt étalé le liquide qu’il ne l’a absorbé. Trois ou quatre passages auraient été nécessaires pour un résultat propre. Ce problème touche la plupart des robots dépourvus de réservoir d’eau sale intégré – contrairement à un Ecovacs DEEBOT X11 OmniCyclone qui aspire directement les liquides grâce à sa conception différente.

Un détail agaçant : la brosse latérale continue de tourner pendant le lavage, propageant parfois les liquides renversés. En revanche, le nettoyage des bordures et des angles reste exemplaire grâce au disque extensible.
Lorsque le robot détecte un tapis, il relève automatiquement ses serpillières. Une option permet également de les déposer à la station avant de s’aventurer sur les surfaces textiles – une précaution appréciable pour éviter tout risque d’humidité.
Fonctionnalités et application
L’application Roborock figure parmi les meilleures du marché. Son interface claire permet aux débutants de s’y retrouver facilement, tandis que les utilisateurs avancés disposent d’options de personnalisation poussées.

La cartographie autorise la modification des pièces, la création de zones d’exclusion ou de murs invisibles. Chaque pièce peut recevoir des réglages spécifiques : aspiration seule pour le parquet du salon, lavage complet pour le carrelage de la cuisine. Les niveaux d’aspiration et le débit d’eau sont ajustables, tout comme l’intensité et la durée du séchage à air chaud.

La programmation horaire évite de devoir lancer manuellement chaque nettoyage – le robot démarre aux heures souhaitées sans intervention. La navigation par laser LiDAR produit des cartes détaillées et précises dès la première exploration. Le robot suit un schéma logique : d’abord les contours de la pièce, puis le centre selon des trajectoires parallèles. Un mode de nettoyage approfondi ajoute des passages croisés pour les sols particulièrement sales.

La détection d’obstacles repose sur le système Reactive AI, associant une caméra, un éclairage structuré et une intelligence artificielle censée reconnaître environ 200 types d’objets. Les résultats sont mitigés. Les obstacles volumineux (chaussures, tasses) sont correctement identifiés.

Les petits objets plats – un petit dinosaure en caoutchouc, une poignée posée au sol – passent parfois inaperçus. Les câbles, en revanche, sont généralement détectés et contournés. Des progrès restent souhaitables, d’autant que certains concurrents comme le Narwhal Flow font mieux dans ce domaine.
Entretien : ultra facile
La station multifonction simplifie considérablement la maintenance quotidienne. Elle aspire automatiquement le bac à poussière du robot, nettoie les serpillières à l’eau bouillante (100°C) et adapte l’intensité du lavage grâce à une détection intelligente de la saleté. Un cycle d’auto-nettoyage entretient également la station elle-même.

Après chaque nettoyage, un séchage à air chaud (55°C) élimine l’humidité des serpillières. Le sac à poussière bénéficie lui aussi d’une ventilation à air frais pour limiter les odeurs et les bactéries. En pratique, l’utilisateur n’a qu’à remplir le réservoir d’eau propre, vider celui d’eau sale et remplacer le sac à poussière toutes les quelques semaines – un entretien minimal pour un appareil de ce niveau.
Autonomie
Le robot gère intelligemment son autonomie en retournant automatiquement à sa station pour recharger si nécessaire, puis reprend le nettoyage là où il s’était arrêté. Pour un appartement de taille moyenne, une charge complète suffit généralement à couvrir l’ensemble des surfaces. La capacité généreuse des réservoirs d’eau (4 litres côté eau propre) permet également de nettoyer de grandes surfaces sans intervention.
Roborock QRevo Curv 2 Pro : mon avis
Le Roborock Qrevo Curv 2 Pro confirme le savoir-faire du fabricant dans le segment premium. Son profil ultra-plat grâce à la tourelle rétractable, sa puissance d’aspiration remarquable et ses performances de lavage sur les salissures tenaces en font un outil quotidien réellement efficace. L’application, intuitive et complète, satisfera aussi bien les novices que les utilisateurs expérimentés. La station d’entretien automatisée réduit les manipulations au strict minimum.
Quelques réserves tempèrent ce tableau flatteur : la détection d’obstacles manque encore de fiabilité face aux petits objets, et l’absence de réservoir d’eau sale intégré pénalise le nettoyage des liquides renversés. Pour autant, ce robot représente ce qui se fait de mieux actuellement – à condition d’accepter son tarif élevé.

