
Une énorme batterie, un smartphone XXL et des performances un peu à la traîne, le Redmi 15 5G se montre toutefois intéressant pour certains utilisateurs, mais pas pour tous. En effet, si vous cherchez un smartphone avec une grande batterie, il est très intéressant. Pour tout le reste, c’est assez léger et on a connu mieux chez le constructeur chinois.
Design : un smartphone massif
Sur le segment de l’entrée de gamme, les fabricants font rarement dans la fantaisie esthétique, le design, ça coûte cher. Le Xiaomi Redmi 15 5G ne déroge pas à la règle, même s’il tente de se distinguer par son imposant écran LCD de 6,9 pouces (2 340 × 1 080 pixels, 144 Hz).

Un tel gabarit implique évidemment une prise en main volumineuse. Les bordures, assez prononcées tout autour de la dalle, viennent rappeler sans ambiguïté le positionnement tarifaire de l’appareil. En Australie, Xiaomi propose trois coloris : Ripple Green, Titan Gray et Midnight Black. Le modèle qui nous a été prêté — le Midnight Black — figure parmi les smartphones les plus génériques qu’il nous ait été donné de manipuler ces dernières années. Rien de franchement laid, mais rien non plus qui accroche le regard.

Sur la tranche droite, on retrouve les boutons de volume et un bouton multifonction (alimentation, assistant vocal et capteur d’empreintes digitales). Ce dernier se montre capricieux : les faux négatifs sont trop fréquents pour ne pas agacer. La tranche gauche accueille un tiroir double SIM, compatible microSD à condition de sacrifier l’un des deux emplacements, un compromis classique mais toujours regrettable. En bas, le port USB-C côtoie ce qui tient lieu de haut-parleur.
Un bel écran AMOLED
La dalle AMOLED de 6,83 pouces, plate, affiche une définition de 2 772 × 1 280 pixels et peut grimper jusqu’à 3 200 nits en luminosité de crête. Ce chiffre n’est pas qu’un argument marketing : en plein soleil, le contenu reste parfaitement lisible, et la gestion des blancs se montre particulièrement éclatante. Le taux de rafraîchissement de 120 Hz assure de son côté un défilement souple et réactif.

Reste que cette vivacité a un prix. Le rendu des couleurs penche vers l’excès, avec des teintes saturées qui manquent parfois de subtilité. Pour illustrer ce point, le visionnage du film Poor Things (2023) est assez parlant : la robe bleu azur portée par Emma Stone saute aux yeux avec une intensité presque agressive, et les scènes aquatiques prennent un aspect encré, artificiel, loin de la nuance qu’offre par exemple le Motorola Moto G86 Power sur les mêmes séquences.

C’est un écran idéal pour la consultation rapide et la navigation web ; pour le visionnage cinématographique exigeant, d’autres dalles dans cette gamme de prix s’en tirent mieux.
Des performances mitigées
Le Xiaomi Redmi 15 5G repose sur un processeur Qualcomm Snapdragon 6s Gen 3 et se décline en deux configurations :
- 128 Go / 4 Go de RAM
- 256 Go / 8 Go de RAM
Si la première option semble plus attractive sur le papier, elle est plombée par ses maigres 4 Go de mémoire vive — un seuil franchement insuffisant en 2025 pour un usage courant. Et contrairement au stockage, la RAM ne s’étend pas après l’achat. Xiaomi met certes en avant la possibilité de convertir une partie du stockage en « RAM virtuelle », mais ce procédé n’a ni la rapidité ni l’efficacité de la mémoire physique.

Sur Geekbench 6, le modèle 256 Go / 8 Go que nous avons testé se positionne dans le ventre mou de sa catégorie tarifaire. Ce n’est pas mauvais en soi, mais au prix de 399 $, il doit affronter une concurrence redoutable, notamment des modèles plus anciens issus de gammes supérieures, désormais proposés au même tarif — à l’image du HMD Skyline.
Côté GPU (test 3DMark), le constat est similaire : les performances graphiques restent modestes. Les amateurs de jeux Android seront probablement frustrés par des temps de chargement laborieux, et ce malgré l’affichage à 144 Hz.
Appareil photo : étonnamment bon
C’est traditionnellement sur la partie photo que les constructeurs taillent dans les coûts pour contenir le prix de leurs smartphones, et le Redmi 15 5G ne fait pas exception. À l’arrière, un unique capteur de 50 mégapixels ; à l’avant, un module selfie de 8 Mpx. Pour un appareil vendu jusqu’à 399 dollars, c’est chiche — d’autant que le CMF Phone 2 Pro, à peine 50 dollars plus cher, embarque un trio grand-angle, ultra grand-angle et téléobjectif.

Le Redmi 15 5G s’inscrit dans la catégorie des smartphones d’entrée de gamme capables de produire des clichés acceptables, à condition de composer avec une mise au point lente et une gestion de l’exposition parfois approximative. Le mode portrait pour les selfies recourt à un traitement algorithmique peu convaincant, qui manque singulièrement de naturel.








Le zoom numérique, limité à 10x, est à oublier : au-delà de 2x, la dégradation est rédhibitoire. Quant aux sujets en mouvement — même modérément —, le capteur peine à verrouiller la mise au point.




En résumé : si vous n’utilisez votre appareil photo que de manière très occasionnelle, le Redmi 15 5G fera l’affaire. Si la photo compte un tant soit peu pour vous, la concurrence offre nettement mieux à tarif comparable.
Interface HyperOS 3
Le Redmi 15 5G tourne sous Android 15 avec la surcouche HyperOS 2 de Xiaomi. L’interface adopte un style coloré et enjoué qui plaira à certains. En matière de suivi logiciel, Xiaomi promet deux mises à jour majeures d’Android et quatre ans de correctifs de sécurité — un engagement correct sans être remarquable, certains concurrents à ce prix faisant davantage.

Mais le véritable point noir logiciel réside dans les applications préinstallées. Outre les inévitables Booking.com, Facebook et OneDrive, le téléphone est livré avec une poignée de jeux Android de piètre qualité. Au lancement de l’un d’entre eux, nous avons eu droit non pas au jeu lui-même, mais à une publicité non désactivable pour un autre jeu. Quinze secondes de partie plus tard, c’est une réclame pour Temu qui envahissait l’écran. On vous épargnera les qualificatifs qui nous sont venus à l’esprit, mais la recommandation est limpide : désinstallez tout cela sans attendre.
Le Xiaomi App Mall, boutique applicative maison héritée de l’écosystème chinois (où les services Google sont absents), est également présent. Ses suggestions d’applications « incontournables » inspirent davantage la méfiance que l’enthousiasme. Mieux vaut s’en tenir exclusivement au Google Play Store.
Une qualité sonore pas extraordinaire
Nous commentons rarement la qualité des haut-parleurs sur les smartphones d’entrée de gamme : ils sont généralement passables, sans plus. Ceux du Redmi 15 5G n’atteignent même pas ce seuil. La puissance sonore est proprement dérisoire.
Détail savoureux : lorsqu’on pousse le curseur de volume au maximum, l’interface affiche fièrement « 200 % » — un chiffre digne de Spinal Tap — pour un résultat qui reste très en deçà du médiocre, tant en volume qu’en clarté.
Une autonomie XXL
C’est ici que le Redmi 15 5G sort son atout maître. Là où l’écrasante majorité des smartphones, y compris en entrée de gamme, se contentent de 5 000 mAh, Xiaomi embarque une batterie de 7 000 mAh — un chiffre qui en impose sur le papier.
Dans les faits, nos tests comparatifs tempèrent quelque peu l’enthousiasme. Après une heure d’utilisation intensive, le Redmi 15 5G affiche encore 97 % de charge, un excellent résultat, mais légèrement inférieur à celui de l’Oppo A5 Pro 5G, qui y parvient avec « seulement » 5 800 mAh. Autrement dit, le Xiaomi consomme proportionnellement davantage d’énergie pour un résultat équivalent.
Xiaomi Redmi 15 5G : mon avis
Xiaomi a débarqué sur le marché australien avec une offensive tous azimuts, multipliant les références à tous les niveaux de prix. Sur le papier, certaines propositions semblent séduisantes — mais c’est précisément le rôle du marketing.
À l’usage, force est de constater que le Redmi 15 5G est, en dehors de sa batterie de 7 000 mAh, un smartphone profondément moyen. Et même cet argument phare perd de sa superbe lorsqu’on observe que des concurrents dotés de batteries plus modestes font aussi bien, voire mieux, en conditions réelles. Haut-parleurs indigents, appareil photo limité, performances sans éclat, logiciels préinstallés envahissants : à 399 dollars, le Redmi 15 5G est un achat difficile à recommander.
Merci à V&B Tours pour nous avoir permis de prendre les photos du smartphone dans leur établissement.


attention l’écran n’est pas amoled