Test Huawei Watch GT Runner 2 : la montre de running qui joue dans la cour des grands
Charles Gouin-Peyrot
Publié le 16 juin 2026 · 7 min de lecture
Huawei a pris son temps avant de sortir une suite à sa GT Runner originale, plus de quatre ans de gestation. Mais le constructeur débarque avec une refonte sérieuse, développée en partenariat avec Eliud Kipchoge, le recordman du marathon. Le résultat s'appelle Watch GT Runner 2, elle tourne sous HarmonyOS, coûte 399 euros, et elle s'attaque frontalement aux Garmin Forerunner et autres COROS Pace de ce monde. Est-ce que ça tient la route ? On a passé plusieurs semaines avec elle au poignet.
- Boîtier en alliage de titane (34,5 g sans bracelet)
- Écran AMOLED 1,32 pouce, 3000 nits de luminosité de pointe
- GPS double bande, 5 systèmes de satellites (GPS, GLONASS, Galileo, BeiDou, QZSS)
- Pas de disponibilité aux États-Unis
- Application Huawei Health absente du Google Play Store (installation manuelle requise)
Design et conception
La Watch GT Runner 2 frappe fort dès le déballage. Le boîtier de 43,5 mm est en alliage de titane, ce qui est rarissime à ce prix dans la catégorie des montres de running. La concurrence (Garmin, Coros, Suunto) reste en grande partie sur l'aluminium ou le polycarbonate pour les modèles de même gamme tarifaire. Ici, Huawei a visé plus haut en termes de matériaux, et ça se voit et ça se sent.

Le résultat, c'est un objet d'à peine 34,5 grammes sans bracelet, une performance pour une montre en métal. À titre de comparaison, une COROS Pace 4 en plastique tourne autour de 40 grammes. Le boîtier est fin (10,7 mm d'épaisseur), sobre, avec une lunette au liseré teinté selon le coloris choisi. L'ensemble évite soigneusement le look "montre de sport générique" : on peut la porter au bureau sans se faire remarquer pour les mauvaises raisons.
La vitre est en Kunlun de deuxième génération, un verre maison que Huawei utilise aussi sur ses smartphones haut de gamme. Ce n'est pas du saphir, mais c'est plus fin, plus léger, et résistant aux rayures du quotidien. Après plusieurs semaines de port intensif, pas la moindre égratignure.

Deux boutons sur le flanc droit viennent compléter l'écran tactile : le supérieur fait aussi office de couronne rotative pour naviguer dans les menus. L'écran AMOLED de 1,32 pouce (466 x 466 pixels, 352 ppp) monte jusqu'à 3000 nits, ce qui rend la lisibilité irréprochable en plein soleil. On perd 0,11 pouce par rapport à la première GT Runner, mais le gain sur la compacité et l'autonomie justifie clairement le choix.
La montre est proposée en trois coloris (Noir Minuit, Bleu Crépuscule, Orange Aurore), chaque version incluant deux bracelets dans la boîte : un en nylon AirDry pour le sport quotidien, un en fluoroélastomère pour la natation ou les activités aquatiques.
Confort d'usage
C'est là que la GT Runner 2 marque des points décisifs pour une montre de sport. Le bracelet en nylon tissé est très agréable à porter, plus doux que le silicone classique, et il laisse la peau respirer grâce à des zones de tissage allégé intégrées de chaque côté. Par temps chaud ou lors d'efforts prolongés, la différence se fait nettement ressentir.

Le poids plume de la montre se confirme une fois au poignet : on l'oublie vraiment lors des sorties longues, là où certaines montres de trail plus épaisses commencent à peser mentalement après deux heures d'effort. Le format 43,5 mm reste polyvalent : ni trop grand pour les poignets fins, ni étriqué pour les gabarits plus imposants.
Le système d'attache du bracelet nylon peut dérouter au premier abord car il fonctionne dans le même sens plutôt qu'en va-et-vient, mais on s'y fait vite. Des bandes velcro supplémentaires assurent un maintien fiable.

Le dos de la montre est en plastique (et non en céramique comme sur certains modèles premium de Huawei), mais cela ne gêne en rien le confort ni la précision des capteurs. La certification IP69 5ATM garantit une résistance à l'eau jusqu'à 40 mètres de profondeur : triathlètes, vous pouvez y aller.
De nombreuses fonctionnalités
C'est le gros morceau de cette GT Runner 2, et c'est là que Huawei a vraiment travaillé depuis l'original.
Côté GPS, la montre embarque six constellations satellites (GPS L1+L5 bi-bande, GLONASS, BeiDou, Galileo, QZSS, NavIC) avec une antenne flottante 3D et un algorithme de traitement du signal maison. En pratique, l'accrochage est rapide et la trace GPS tient la route même sous couvert arboré ou en milieu urbain dense, là où les montres mono-bande peuvent dériver de plusieurs dizaines de mètres.

Pour les coureurs, l'arsenal est impressionnant : calcul de la puissance au poignet, allure ajustée à la pente (idéal pour le trail), détection du seuil lactique, indice de capacité de course (RAI), statut d'entraînement, VO2 max estimé et plans d'entraînement personnalisés liés à des courses officielles jusqu'au marathon. La nouveauté phare est le Mode Marathon, un écran dédié à la gestion de course en temps réel qui affiche l'allure cible, la puissance, les segments de ravitaillement et l'estimation de finition. C'est Huawei qui a collaboré directement avec Kipchoge et son équipe pour calibrer ces outils, et ça se sent dans la pertinence des données.
Nouveautés par rapport à la première génération : cartographie embarquée avec navigation virage par virage, ECG, NFC pour le paiement sans contact, et un algorithme de récupération revu. Plus de 100 modes sportifs sont disponibles (course, vélo, triathlon, natation, golf, escalade…).


Du côté santé, on retrouve le suivi de la SpO2, de la fréquence cardiaque en continu, de la VFC, du stress, et le TruSleep pour le sommeil. La mesure ECG est désormais présente là où la GT Runner originale en était dépourvue.
Quelques bémols à noter : l'application Huawei Santé reste chargée et un peu brouillonne dans son organisation, avec des réglages éparpillés qu'on ne trouve pas toujours du premier coup. La cartographie, bien présente, est encore perfectible : l'outil de création d'itinéraires depuis l'app est absent, ce qui limite l'usage en outdoor avancé face à une Garmin Fenix ou une Suunto Vertical. Et l'écosystème d'applications tierces reste limité : les utilisateurs iOS seront encore plus contraints que les utilisateurs Android.
Autonomie : du solide
C'est un des arguments forts de cette montre, et l'amélioration par rapport à la première GT Runner est significative. Huawei annonce 14 jours en usage quotidien (notifications, suivi santé, sans GPS) et 32 heures en mode sport GPS continu contre 20 heures sur la GT Runner originale. En usage mixte réel (quelques séances GPS par semaine, suivi santé actif, notifications), on tient facilement 10 à 12 jours, ce qui est largement au-dessus de la moyenne du marché sur ce segment.
En mode GPS intensif, 30 heures de tracking continu permettent de couvrir un ultra-trail ou un triathlon longue distance sans stress. Pour un marathon classique, c'est confortablement dans les clous.

La recharge se fait via un support sans fil propriétaire (câble USB intégré), plus fiable que les anciennes broches magnétiques exposées. Le cycle de charge est rapide. Si on veut préserver l'autonomie au maximum, il suffit de désactiver l'Always On Display et de passer en luminosité automatique.
Huawei Watch GT Runner 2 : notre avis

- Boîtier en alliage de titane (34,5 g sans bracelet)
- Écran AMOLED 1,32 pouce, 3000 nits de luminosité de pointe
- GPS double bande, 5 systèmes de satellites (GPS, GLONASS, Galileo, BeiDou, QZSS)
- Pas de disponibilité aux États-Unis
- Application Huawei Health absente du Google Play Store (installation manuelle requise)
- Certaines fonctionnalités limitées lors d'un couplage avec iOS
L'auteur
Charles Gouin-Peyrot
Journaliste tech et testeur indépendant, je décrypte la tech grand public. Spécialisé dans le hardware, l'audio et la maison connectée, je mets ma rigueur technique et mon expérience de formateur au service de mes tests. Mon objectif est simple : dépasser les fiches techniques pour vous livrer des analyses transparentes, impartiales et ancrées dans un usage 100 % réel.