Test Huawei Watch GT Runner 2 : la montre de running qui joue dans la cour des grands
Huawei a pris son temps avant de sortir une suite à sa GT Runner originale — plus de quatre ans de gestation. Mais le constructeur revient avec une refonte ambitieuse, développée en partenariat avec Eliud Kipchoge, le recordman du monde du marathon. Le résultat s'appelle Watch GT Runner 2 : elle tourne sous HarmonyOS, est vendue 399 euros, et s'attaque frontalement aux Garmin Forerunner, COROS Pace et autres montres GPS de référence. Est-ce que ça tient vraiment la route ? On a passé plusieurs semaines avec elle au poignet pour le savoir.
- Boîtier en alliage de titane (34,5 g sans bracelet)
- Écran AMOLED 1,32 pouce, 3000 nits de luminosité de pointe
- GPS double bande, 5 systèmes de satellites (GPS, GLONASS, Galileo, BeiDou, QZSS)
- Pas de disponibilité aux États-Unis
- Application Huawei Health absente du Google Play Store (installation manuelle requise)
Design et conception : un boîtier titane qui change la donne
La Watch GT Runner 2 impressionne dès le déballage. Son boîtier de 43,5 mm est taillé dans un alliage de titane, un matériau rarissime à ce tarif dans la catégorie des montres de running connectées. La concurrence directe — Garmin, COROS, Suunto — s'appuie encore largement sur l'aluminium ou le polycarbonate pour des modèles de même gamme de prix. Huawei a clairement visé plus haut en termes de matériaux, et cela se voit autant que ça se sent en main.

Le résultat : un objet de seulement 34,5 grammes sans bracelet, une performance remarquable pour une montre en métal. À titre de comparaison, une COROS Pace 4 en plastique dépasse les 40 grammes. Le boîtier est fin (10,7 mm d'épaisseur), épuré, avec une lunette au liseré teinté selon le coloris choisi. L'ensemble évite soigneusement l'esthétique générique des montres sportives : elle se porte au bureau sans dénoter.
La vitre est en verre Kunlun de deuxième génération, une technologie maison que Huawei utilise également sur ses smartphones premium. Ce n'est pas du saphir, mais ce verre se révèle plus fin, plus léger, et suffisamment résistant aux rayures du quotidien. Après plusieurs semaines de port intensif, pas la moindre égratignure à signaler.

Deux boutons physiques sur le flanc droit complètent l'interface tactile : le bouton supérieur fait aussi office de couronne rotative pour naviguer dans les menus. L'écran AMOLED de 1,32 pouce (466 × 466 pixels, 352 ppp) culmine à 3 000 nits de luminosité de pointe, garantissant une lisibilité irréprochable en plein soleil. On perd 0,11 pouce par rapport à la première GT Runner, mais le gain en compacité et en autonomie justifie amplement ce choix.
La montre est proposée en trois coloris — Noir Minuit, Bleu Crépuscule et Orange Aurore — chaque version incluant deux bracelets dans la boîte : un en nylon AirDry pour le sport au quotidien, un en fluoroélastomère pour la natation et les activités aquatiques.
Confort au poignet : léger, respirant, polyvalent
C'est l'un des points forts décisifs de la GT Runner 2 en tant que montre de sport. Le bracelet en nylon tissé est très agréable à porter : plus doux que le silicone classique, il laisse la peau respirer grâce à des zones de tissage allégé intégrées de chaque côté. Par temps chaud ou lors d'efforts prolongés, la différence se fait nettement ressentir face à un bracelet standard.

Le poids plume se confirme une fois au poignet : on finit par oublier la montre lors des longues sorties, là où certaines montres de trail plus imposantes commencent à peser mentalement après deux heures d'effort. Le diamètre de 43,5 mm reste très polyvalent — ni trop grand pour les poignets fins, ni étriqué pour les gabarits plus costauds.
Le système d'attache du bracelet nylon peut dérouter au premier abord, car il fonctionne dans le même sens plutôt qu'en va-et-vient. On s'y fait rapidement. Des bandes velcro supplémentaires assurent un maintien fiable, même en pleine séance d'intervalles.

Le dos du boîtier est en plastique — et non en céramique comme sur certains modèles premium de Huawei — mais cela ne nuit ni au confort ni à la précision des capteurs biométriques. La certification IP69 5ATM assure une résistance à l'eau jusqu'à 40 mètres de profondeur : les triathlètes peuvent y aller sans hésitation.
Fonctionnalités GPS et sport : un arsenal complet pour les coureurs
C'est le cœur du projet GT Runner 2, et c'est là que Huawei a clairement accentué ses efforts depuis la première génération.
Côté localisation, la montre embarque six constellations satellitaires (GPS L1+L5 double bande, GLONASS, BeiDou, Galileo, QZSS, NavIC), une antenne flottante 3D et un algorithme de traitement du signal propriétaire. En pratique, l'accrochage GPS est rapide et la trace reste fiable même sous couvert forestier dense ou en environnement urbain, là où les montres mono-bande peuvent dériver de plusieurs dizaines de mètres.

Pour les coureurs, l'arsenal est particulièrement étoffé : calcul de la puissance au poignet, allure ajustée à la pente (idéal pour le trail), détection du seuil lactique, indice de capacité de course (RAI), statut d'entraînement, VO2 max estimé et plans d'entraînement personnalisés liés à des courses officielles jusqu'au marathon. La nouveauté phare est le Mode Marathon : un écran dédié à la gestion de course en temps réel, affichant l'allure cible, la puissance, les segments de ravitaillement et l'estimation de finition. Huawei a collaboré directement avec Kipchoge et son équipe d'entraînement pour calibrer ces outils, et la pertinence des données en témoigne.
Parmi les nouveautés par rapport à la première génération : cartographie embarquée avec navigation virage par virage, ECG, NFC pour le paiement sans contact et un algorithme de récupération entièrement revu. Plus de 100 modes sportifs sont disponibles — course à pied, cyclisme, triathlon, natation, golf, escalade et bien d'autres.


Du côté santé, la montre assure le suivi de la SpO2, de la fréquence cardiaque en continu, de la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC), du niveau de stress et intègre l'algorithme TruSleep pour l'analyse du sommeil. La mesure ECG est désormais intégrée, là où la GT Runner originale en était dépourvue.
Quelques points à améliorer tout de même : l'application Huawei Santé reste dense et un peu brouillonne dans son organisation, avec des réglages éparpillés qu'on ne retrouve pas toujours facilement. La cartographie embarquée est bien présente mais encore perfectible — l'outil de création d'itinéraires depuis l'app est absent, ce qui limite les usages outdoor avancés face à une Garmin Fenix ou une Suunto Vertical. Enfin, l'écosystème d'applications tierces reste restreint : les utilisateurs iOS seront encore plus contraints que ceux sous Android.
Autonomie : jusqu'à deux semaines en usage quotidien
C'est l'un des arguments les plus solides de cette montre, et le bond en avant par rapport à la première GT Runner est significatif. Huawei annonce 14 jours en usage quotidien (notifications, suivi santé, sans GPS) et 32 heures en mode GPS continu, contre 20 heures sur la génération précédente. En usage mixte réel — quelques séances GPS par semaine, suivi santé actif, notifications — on tient facilement entre 10 et 12 jours, un niveau bien au-dessus de la moyenne du marché sur ce segment tarifaire.
En mode GPS intensif, les 30 heures de tracking continu permettent de couvrir un ultra-trail ou un triathlon longue distance sans la moindre anxiété liée à la batterie. Pour un marathon classique, c'est largement dans les clous, avec de la marge.

La recharge s'effectue via un support sans fil propriétaire avec câble USB intégré, plus fiable que les anciennes broches magnétiques exposées aux éléments. Le cycle de charge est rapide. Pour préserver l'autonomie au maximum, il suffit de désactiver l'Always On Display et de passer en luminosité automatique.
Huawei Watch GT Runner 2 : notre avis

- Boîtier en alliage de titane (34,5 g sans bracelet)
- Écran AMOLED 1,32 pouce, 3000 nits de luminosité de pointe
- GPS double bande, 5 systèmes de satellites (GPS, GLONASS, Galileo, BeiDou, QZSS)
- Pas de disponibilité aux États-Unis
- Application Huawei Health absente du Google Play Store (installation manuelle requise)
- Certaines fonctionnalités limitées lors d'un couplage avec iOS
L'auteur
Charles Gouin-Peyrot
Journaliste tech et testeur indépendant, je décrypte la tech grand public. Spécialisé dans le hardware, l'audio et la maison connectée, je mets ma rigueur technique et mon expérience de formateur au service de mes tests. Mon objectif est simple : dépasser les fiches techniques pour vous livrer des analyses transparentes, impartiales et ancrées dans un usage 100 % réel.
Voir tous ses articlesTransparence sur les liens d'affiliation
Cet article contient des liens partenaires. Charles Tech perçoit une petite commission lorsque vous achetez via ces liens, sans surcoût pour vous. Ce modèle permet de conserver notre indépendance éditoriale et n'influe jamais sur nos avis. En tant que Partenaire Amazon, nous réalisons un bénéfice sur les achats remplissant les conditions applicables. Notre méthodologie de test.