Test DJI Mic 3 : encore un très bon micro, qui peut fonctionner sans son transmetteur
9,0/10
ExcellentVerdict en bref
Le DJI Mic 3 est le meilleur kit sans fil que je puisse recommander aujourd'hui à un créateur qui tourne seul ou à une petite équipe.
- Émetteur ultraléger : 16 g avec aimant
- Enregistrement interne 32 Go en 32 bits float dual-file
- Configuration 4 TX / 8 RX nécessite l'achat d'accessoires supplémentaires
- Mode Lossless Audio réduit l'autonomie de l'émetteur
Produit prêté par DJI pour ce test. La marque n'a aucun droit de regard sur l'article ni sur la note. Notre méthode de test
Plus petit que jamais et bardé de fonctions dignes d'une équipe de tournage, le DJI Mic 3 est le kit de micros sans fil le plus complet que j'aie eu entre les mains. Mais pour gagner ces précieux grammes, DJI a sacrifié une connectique que certains vidéastes ne lui pardonneront pas.
Seize grammes. C'est le poids d'un émetteur DJI Mic 3 avec son aimant, à peine plus qu'une clé de maison, et presque deux fois moins que la génération précédente. Pendant plusieurs semaines, je l'ai accroché à des cols de chemise, à des t-shirts fins, posé sur une table d'interview, couplé à un smartphone, à un hybride et à un ordinateur. Le constat s'impose rapidement : DJI ne s'est pas contenté de miniaturiser son best-seller, il en a fait une petite station d'enregistrement autonome, avec 32 bits flottants, timecode, gain adaptatif et 32 Go de mémoire dans chaque micro.
Reste la question que tout possesseur de Mic 2 va se poser avant de sortir la carte bancaire : ce Mic 3 est-il un véritable successeur, ou un cousin plus malin mais moins polyvalent ? La réponse est plus nuancée qu'il n'y paraît.
Design du DJI Mic 3
Avec 28,8 x 28,3 x 16,4 mm aimant compris, les émetteurs du Mic 3 se font oublier sur un vêtement. Même sur un tissu léger, ils ne tirent plus le col vers le bas comme le faisaient les modèles précédents. DJI a aussi corrigé un vrai irritant du quotidien : l'aimant est désormais solidaire de la pince, et il n'y a plus ce petit disque magnétique qui s'échappe pour aller se coller sur n'importe quelle surface métallique du sac. Chaque émetteur dispose de deux boutons et d'un moteur de vibration qui confirme chaque action, ce qui est très pratique quand le micro est caché sous un vêtement et qu'on ne voit plus son voyant.

La contrepartie est lourde. Les émetteurs n'ont plus ni port USB-C, ni prise jack 3,5 mm pour brancher un micro-cravate externe. Toute la recharge et tout le transfert de fichiers passent donc obligatoirement par le boîtier. Pour un journaliste ou un documentariste qui dissimule une capsule lavalier sous une chemise, c'est rédhibitoire. Autre détail qui fâche en tournage institutionnel : le logo DJI reste très visible sur la face avant et sur l'aimant, et il saute aux yeux à l'image.

Les bonnettes en fausse fourrure, livrées en noir et en gris (d'autres coloris sont vendus à part), peuvent rester en place lorsqu'on range les micros dans le boîtier. C'est un vrai gain de temps entre deux prises. Elles sont en revanche assez serrées à retirer, et leur volume plus réduit protège moins la capsule : par vent soutenu, j'ai entendu davantage de souffle qu'avec un Mic 2. Une fois la bonnette installée, l'avantage de taille s'amenuise d'ailleurs sensiblement.

Le récepteur (53,9 x 28,7 x 22 mm pour 25,1 g) conserve son petit écran OLED tactile, associé à une molette cliquable qui sert aussi au réglage manuel du gain. Son pied coulissant accueille soit la griffe pour la caméra, soit l'adaptateur USB-C pour smartphone, et il est désormais verrouillé mécaniquement : un bouton de déverrouillage sur la tranche libère l'adaptateur. Fini le connecteur qui restait coincé dans le port du téléphone au moment de le retirer. On trouve aussi une sortie jack 3,5 mm TRS vers la caméra, une sortie casque pour le monitoring et un port USB-C. Seul regret : l'adaptateur Lightning n'est plus fourni, il faudra l'acheter séparément pour un iPhone ancien.

Le boîtier de charge (164,1 g) avale tout : les deux émetteurs avec leurs bonnettes, le récepteur, les aimants logés dans le couvercle et l'adaptateur pour smartphone. Sa coque rigide, son loquet franc et ses quatre LED d'état donnent une vraie impression de solidité. Il est un peu plus volumineux que strictement nécessaire, mais c'est justement ce qui le rend pratique. Une pochette souple est fournie pour les câbles et les bonnettes de rechange.
Connectivité : le récepteur devient facultatif
Côté récepteur, le Mic 3 coche toutes les cases : smartphone en USB-C, appareil photo en jack, ordinateur en USB-C. Il peut gérer jusqu'à quatre émetteurs simultanément, et jusqu'à huit récepteurs peuvent être regroupés pour alimenter plusieurs caméras. Avec l'adaptateur caméra compatible avec la griffe multi-interface de Sony, on récupère même un signal numérique et une sortie quatre canaux sur les boîtiers compatibles.

Branché en USB-C sur un ordinateur, le récepteur est reconnu instantanément comme un micro. C'est idéal pour une visio ou une captation rapide, mais pour un podcast installé durablement sur un bureau, un micro dédié en USB et XLR comme le Razer Seiren V3 Pro garde l'avantage en confort et en rendu. Le Mic 3 brille surtout dès que l'on bouge.

Les deux vraies nouveautés se passent de récepteur. D'abord, la connexion directe OsmoAudio avec les caméras de la marque : Osmo Pocket 3, Osmo Action 4 et 5 Pro, Osmo Nano ou encore la caméra 360 DJI Osmo 360 reconnaissent l'émetteur sans intermédiaire. Ensuite, une liaison Bluetooth 5.4 directe avec un smartphone, utilisable avec les applications tierces d'enregistrement ou de diffusion en direct. On peut donc acheter un émetteur seul et le jumeler à son téléphone. C'est parfait pour une story ou un live, beaucoup moins pour une captation exigeante : dans ce cas, l'enregistrement interne reste le vrai filet de sécurité.
Une transmission au top
La liaison sans fil exploite les bandes 2,4 et 5 GHz avec un basculement automatique entre les fréquences. DJI annonce 400 mètres en champ libre et 80 mètres dans un environnement très perturbé. En pratique, sur un trottoir passant, dans un hall bondé ou dans un bâtiment saturé de réseaux Wi-Fi, je n'ai constaté aucune coupure audible. En milieu urbain, la portée réelle reste loin des 400 mètres du papier, mais elle dépasse largement ce dont on a besoin pour un tournage. Le récepteur permet aussi de forcer un mode intérieur ou extérieur pour adapter la gestion des fréquences.

Petite subtilité : le Mic 3 peut transmettre un son sans perte en 48 kHz et 24 bits vers le récepteur. C'est intéressant pour la musique ou une production soignée, mais ce mode réduit la marge de portée, et l'écart devient quasiment imperceptible une fois la vidéo compressée par les réseaux sociaux.
Qualité audio : clair et ouvert
Sur le papier, la capsule omnidirectionnelle affiche un rapport signal sur bruit de 72 dB, un bruit propre de 22 dBA et une pression acoustique maximale de 126 dB SPL. À l'écoute, le progrès est net : les voix gagnent en clarté et en détail, là où le Mic 2 sonnait légèrement étouffé. Le rendu est équilibré, flatteur sans être artificiel. J'ai obtenu le résultat le plus naturel avec le micro placé au milieu du torse. Tenu trop près de la bouche, à la manière d'un micro main, il perd un peu de brillance dans les aigus.

La dynamique impressionne : on passe du murmure à la voix forte sans saturation, et la réverbération d'une pièce non traitée reste contenue. Reste la nature omnidirectionnelle de la capsule, qui capte volontiers l'ambiance. Face à un micro directionnel fixé sur la caméra, comme le Sennheiser MKE 200 que j'ai testé, le Mic 3 l'emporte grâce à sa proximité avec la bouche, mais il demande plus de vigilance dans un environnement bruyant.
Le contrôle adaptatif du gain propose deux modes, Automatique et Dynamique. Il atténue les pics, remonte les passages murmurés et lisse les variations quand l'intervenant tourne la tête. Le mode Dynamique permet même de poser un seul micro entre deux personnes assises côte à côte, avec des niveaux étonnamment homogènes. Surtout, je n'ai pas entendu cet effet de pompage typique des kits d'entrée de gamme. Pour un créateur qui tourne seul, c'est la fonction qui fait gagner le plus de temps au montage.

La réduction de bruit propose deux niveaux, activables par un double appui sur le bouton de l'émetteur. Le niveau de base abaisse efficacement une climatisation ou le brouhaha d'un café tout en gardant une voix naturelle : c'est celui que j'ai utilisé le plus souvent. Le niveau fort efface presque tout, y compris une machine à laver en plein essorage, mais il introduit des artefacts métalliques bien audibles. Je le réserve aux situations désespérées.

Trois profils de voix sont proposés : Normal, Riche (plus de grave, moins d'aigu) et Lumineux (l'inverse). Il s'agit d'une simple égalisation appliquée à l'enregistrement, que je préfère largement gérer en postproduction. Le filtre coupe-bas à 100 Hz, en revanche, rend de vrais services contre les vibrations et les grondements.
Application DJI Mimo : toujours le maillon faible
Au premier allumage, le récepteur affiche une invitation à connecter l'application DJI Mimo, qui revient à chaque démarrage tant que le firmware n'a pas été mis à jour. Une fois dans l'application, l'accueil est encombré de bannières promotionnelles, de tutoriels qui réclament une connexion à un compte et d'un accès à la boutique. Les réglages du micro sont relégués derrière un bouton peu explicite, plusieurs options sont cachées dans un menu secondaire, et la commande de formatage du stockage se trouve au beau milieu des réglages courants, là où une fausse manipulation peut effacer une journée de tournage. La connexion en USB s'est aussi interrompue à quelques reprises au moindre choc sur le récepteur.

Une fois ces écueils passés, Mimo devient un panneau de contrôle efficace : timecode, canaux, tonalités, coupure du son à distance ou déclenchement de l'enregistrement interne. Tout reste également accessible depuis l'écran du récepteur, même si la densité des menus pourra dérouter un débutant.
Autonomie : de quoi tenir un week-end de tournage
DJI annonce 8 heures pour chaque émetteur (batterie de 137 mAh) et 10 heures pour le récepteur (275 mAh), des valeurs mesurées sans réduction de bruit ni enregistrement interne. Avec ces deux fonctions activées, il faut s'attendre à un peu moins. Sur une demi-journée de tournage, mes émetteurs avaient encore environ la moitié de leur charge. Le boîtier de 1 950 mAh recharge l'ensemble environ 2,4 fois, ce qui porte l'autonomie cumulée autour de 28 heures.

Une recharge complète des micros prend environ 50 minutes, et 1 h 30 pour le boîtier en 5 V et 3 A. En remettant tout dans l'étui à la pause déjeuner et le soir, on tient sans difficulté un week-end complet. Les émetteurs se mettent en veille lorsqu'ils perdent le signal du récepteur, et une extinction automatique est paramétrable. Aucune certification d'étanchéité n'est en revanche annoncée : prudence sous la pluie.
Test DJI Mic 3 : mon avis

- Émetteur ultraléger : 16 g avec aimant
- Enregistrement interne 32 Go en 32 bits float dual-file
- Portée jusqu'à 400 m, saut automatique 2,4 GHz / 5 GHz
- Configuration 4 TX / 8 RX nécessite l'achat d'accessoires supplémentaires
- Mode Lossless Audio réduit l'autonomie de l'émetteur
L'auteur
Charles Gouin-Peyrot
Journaliste tech et testeur indépendant, je décrypte la tech grand public. Spécialisé dans le hardware, l'audio et la maison connectée, je mets ma rigueur technique et mon expérience de formateur au service de mes tests. Mon objectif est simple : dépasser les fiches techniques pour vous livrer des analyses transparentes, impartiales et ancrées dans un usage 100 % réel.
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