Test Creative XF1 : un pack d'enceintes sobre et élégant, aux performances solides
8,5/10
Très bonVerdict en bref
Les Creative XF1 marquent un vrai tournant pour la marque. Compactes, superbement finies et parfaitement pensées pour le bureau, elles délivrent un son équilibré et mature, une scène stéréo convaincante en champ proche et une…
- 72 W RMS en bi-amplification active
- Bluetooth 6.0 avec codec LDAC
- Alimentation secteur uniquement, sans batterie
- Woofers de 3 pouces, avec une réponse limitée à 55 Hz dans le grave
Produit prêté par Creative pour ce test. La marque n'a aucun droit de regard sur l'article ni sur la note. Notre méthode de test
Avec les XF1, Creative délaisse enfin les petites enceintes d'appoint pour signer une vraie paire de moniteurs de bureau bi-amplifiés, avec Bluetooth LDAC et égaliseur paramétrique, à 159,99 euros. Un quasi sans-faute, à condition d'accepter les limites physiques imposées par leur gabarit.
Pendant des années, parler d'enceintes Creative revenait à évoquer de petites sphères posées de part et d'autre d'un écran, attachantes mais rarement prises au sérieux par ceux qui écoutent vraiment de la musique. Les XF1 rebattent les cartes. Deux caissons rectangulaires, un tweeter et un woofer par enceinte, un amplificateur dédié à chaque haut-parleur, une double certification Hi-Res Audio et une application capable de rivaliser avec des outils de studio. Je les ai installées sur mon poste de travail pendant plusieurs semaines, branchées tour à tour en USB-C, en jack et en Bluetooth, entre sessions de jeu, films et longues heures de musique. Verdict : Creative n'a pas simplement sorti une nouvelle paire d'enceintes, il a changé de catégorie.
Design et installation
Le premier contact avec les XF1 tient presque de la surprise : le carton est étonnamment petit, et les enceintes qu'il renferme encore plus compactes que ce que j'imaginais. Moins de 10 cm de large, à peine 19 cm de haut, elles se glissent sans difficulté de part et d'autre d'un écran 27 pouces, même sur un bureau déjà encombré. Rien à voir avec les moniteurs de studio d'entrée de gamme, souvent plus profonds et plus lourds qu'on ne le pense.

La finition, elle, joue clairement dans une catégorie supérieure à son prix. Le revêtement mat, doux au toucher, donne une impression de densité rassurante, les assemblages sont nets et aucun craquement ne se fait entendre quand on presse les flancs. Creative a opté pour une esthétique très épurée : pas d'éclairage RGB, pas de logo tapageur en façade, simplement une petite diode qui indique la source active à côté de la molette.
Le modèle blanc que j'ai eu entre les mains se fond dans n'importe quel setup, qu'il soit orienté travail ou gaming, et la déclinaison blanche devrait ravir les amateurs de bureaux minimalistes.

Creative glisse dans la boîte deux socles en liège qui inclinent les enceintes de 15 degrés vers l'auditeur. On peut les poser simplement ou les fixer à l'aide des vis fournies. Au-delà de l'effet déco, ces supports remplissent deux rôles bien réels : ils orientent les tweeters vers les oreilles quand on est assis à un mètre de l'écran, et ils découplent les caissons du plateau du bureau, ce qui limite les résonances parasites dans le bas du spectre.
Sur mon bureau en bois, la différence est audible : le grave gagne en netteté et perd ce léger bourdonnement que l'on obtient en posant les enceintes à plat. Un accessoire que beaucoup de concurrents facturent en option.

Toutes les commandes physiques tiennent dans un unique bouton rotatif cranté, placé en façade de l'enceinte droite. On le tourne pour régler le volume, on appuie pour basculer d'une source à l'autre, et un appui long gère la mise en marche ou l'appairage Bluetooth. Dans la pratique, c'est redoutablement efficace : passer du PC au smartphone prend une seconde, sans jamais toucher à un menu. Seul regret, l'absence totale de télécommande, qui se fait sentir dès qu'on envisage d'utiliser les XF1 ailleurs que sur un bureau.
Connectique et fonctionnalités
Sur ce point, les XF1 cochent la quasi-totalité des cases. Le Bluetooth 6.0 gère les codecs SBC, AAC et surtout LDAC, ce qui autorise une transmission sans fil en haute résolution depuis un smartphone Android compatible. L'entrée USB-C fait office de carte son externe et accepte des flux jusqu'à 24 bits et 96 kHz, en contournant au passage le circuit audio souvent médiocre des cartes mères. Une entrée jack 3,5 mm complète l'ensemble pour une platine, une console ou un vieux baladeur.
L'élément qui distingue vraiment les XF1 de beaucoup de rivales, c'est la sortie dédiée à un caisson de basses, avec bascule automatique du mode de fonctionnement dès qu'un subwoofer est détecté. On peut donc démarrer en 2.0 et évoluer plus tard vers un 2.1 sans changer d'enceintes, une vraie marque de sérieux. Les deux satellites se relient entre eux par un câble 4 broches de 2 mètres, assez long pour les écarter généreusement.

Deux absences méritent toutefois d'être signalées. D'abord, pas d'entrée optique ni de HDMI ARC : brancher les XF1 sur un téléviseur reste possible en jack ou en Bluetooth, mais ce n'est clairement pas leur vocation. Ensuite, et c'est plus agaçant en 2026, le câble USB fourni se termine encore par une prise USB-A côté ordinateur. Les propriétaires d'ultraportables équipés uniquement d'USB-C devront passer par un adaptateur.
Qualité sonore
Dès les premières écoutes, le constat est clair : les XF1 jouent dans la cour des grands pour leur taille. La signature est globalement neutre, avec une très légère mise en avant du grave qui donne du corps sans rien masquer. Les voix sont naturelles, bien détourées, et les instruments se distinguent nettement les uns des autres. Sur un morceau orchestral dense, cordes, cuivres et percussions occupent chacun leur place sans se marcher dessus.
L'aigu se montre détaillé et aéré, bien plus ouvert que sur les gammes Pebble de la marque. Revers de la médaille, le haut-médium est légèrement en avant : sur des enregistrements mal mixés ou très compressés, certaines voix peuvent paraître un peu tranchantes à volume élevé. Rien de rédhibitoire, et l'égaliseur permet de corriger ce trait en quelques secondes.
Des graves propres, mais la physique a ses limites
Avec un woofer de 3 pouces, il ne faut pas attendre de miracles dans l'extrême grave. Les XF1 descendent proprement jusqu'à 55 Hz environ, puis s'effacent. Le bas du spectre est tenu, rapide, jamais baveux, mais il manque de cette assise physique que l'on ressent avec un caisson dédié. Sur de l'électro ou du hip-hop, la ligne de basse est bien présente mais le sub-grave reste suggéré plutôt que ressenti. C'est précisément là que la sortie subwoofer prend tout son sens.
En revanche, les XF1 montent fort, très fort même pour leur gabarit, sans distorsion notable. Elles remplissent sans peine un bureau ou une chambre, et tiennent la charge à un niveau que je n'utiliserais jamais au quotidien.
Le champ proche, leur terrain de jeu
Les XF1 donnent le meilleur d'elles-mêmes à environ un mètre de l'auditeur, légèrement orientées vers la position d'écoute. Dans cette configuration, la scène stéréo s'ouvre avec une largeur et une profondeur étonnantes, et les sources se placent avec précision entre les deux enceintes. C'est tout l'intérêt d'une vraie paire séparée face à une barre sous l'écran : là où une barre de son de bureau comme la Creative Stage SE doit simuler l'élargissement de l'image avec deux haut-parleurs distants de quelques centimètres, les XF1 bénéficient d'un véritable écartement physique. Il faut cependant prendre quelques minutes pour trouver le bon angle, car le point d'écoute idéal se révèle assez précis.
Installées dans un salon et écoutées à plusieurs mètres, elles perdent logiquement en impact et en cohérence. Ce sont des enceintes de champ proche, pensées pour le bureau, et elles l'assument pleinement.
Filaire ou Bluetooth : un écart minime
En USB-C, la restitution gagne un soupçon de précision et de tenue dans le grave par rapport au Bluetooth. Mais avec le LDAC, l'écart reste mince, au point que j'ai fini par utiliser la connexion sans fil pour mon smartphone sans arrière-pensée. En AAC depuis un iPhone, la différence se fait un peu plus sentir sur les morceaux les plus riches, sans pour autant gâcher l'écoute.
Au quotidien : films, musique et jeux
En jeu, branchées en USB-C, les XF1 se montrent réactives et précises. La spatialisation stéréo permet de bien situer les effets de part et d'autre de l'écran, les explosions ont du mordant et les ambiances sonores, souvent maltraitées par les petites enceintes, conservent leurs nuances. On reste évidemment loin de l'immersion d'un casque en surround virtuel, mais pour un usage de bureau, le résultat est très convaincant.

Sur les films et séries, la clarté des dialogues fait mouche, même à volume modéré. Le manque d'extrême grave prive les scènes d'action d'une partie de leur impact physique, un manque que la sortie caisson de basses permet de combler pour ceux qui veulent aller plus loin. Enfin, en usage bureautique, entre visioconférences et musique d'ambiance, les XF1 se font oublier dans le bon sens du terme : elles restent agréables sur la durée, sans fatigue auditive.
Test Creative XF1 : mon avis

- 72 W RMS en bi-amplification active
- Bluetooth 6.0 avec codec LDAC
- Double certification Hi-Res Audio et Hi-Res Audio Wireless
- Alimentation secteur uniquement, sans batterie
- Woofers de 3 pouces, avec une réponse limitée à 55 Hz dans le grave
- Pas de HDMI ARC ni d'entrée optique
L'auteur
Charles Gouin-Peyrot
Journaliste tech et testeur indépendant, je décrypte la tech grand public. Spécialisé dans le hardware, l'audio et la maison connectée, je mets ma rigueur technique et mon expérience de formateur au service de mes tests. Mon objectif est simple : dépasser les fiches techniques pour vous livrer des analyses transparentes, impartiales et ancrées dans un usage 100 % réel.
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