Test Corsair HS80 v2 MAX Wireless : un casque gamer performant qui gomme les erreurs de la version précédente
7,0/10
BonVerdict en bref
Le HS80 V2 Max est une mise à jour sérieuse plutôt qu'une révolution.
- Confort de longue durée, avec des matériaux plus agréables que sur le modèle précédent
- Autonomie exceptionnelle en 2,4 GHz comme en Bluetooth
- Son chaud au détriment de la précision, basses qui débordent sur les médiums
- Positionnement sonore moyen, peu adapté à la compétition
Produit prêté par Corsair pour ce test. La marque n'a aucun droit de regard sur l'article ni sur la note. Notre méthode de test
Le Corsair HS80 V2 Max reprend la recette qui a fait le succès de la série et corrige ce qui gênait. Confort, autonomie et micro progressent nettement, mais un logiciel encombrant et un son parfois brouillon empêchent ce casque de viser le sommet.
Il existe des casques qu'on oublie dès qu'on les range, et d'autres qu'on reprend sans y penser. La série HS80 appartient à la seconde catégorie depuis plusieurs années. Avec cette version V2 Max, Corsair ne bouscule pas une formule qui fonctionne : la marque remplace les pilotes, installe un micro d'un niveau supérieur, ajoute une double connexion simultanée et allonge l'autonomie de façon spectaculaire. Affiché à 199,99 € en France, le modèle entre dans un segment très disputé. Il faut donc regarder de près ce qu'il apporte réellement, et ce qu'il laisse de côté.
Design et confort
Le HS80 V2 Max garde la silhouette de la série, avec un châssis en aluminium, un arceau en tissu flottant et des écouteurs au profil discret. Le poids avoisine 370 g, soit une dizaine de grammes de plus que l'ancien HS80 MAX, un écart qui ne se remarque pas à l'usage. Le serre-tête reste ferme sans être oppressant, ce qui permet d'enchaîner les longues sessions sans sentir l'appareil au bout d'une heure.

Les coussinets en mousse à mémoire de forme sont plus souples que ceux de la génération précédente. Ils restent assez petits : les personnes à la tête large devront bien les positionner pour couvrir entièrement leurs oreilles.

Le revêtement textile de l'arceau remplace le similicuir qui s'abîme avec le temps, un choix qui devrait mieux vieillir. La molette de volume, placée sur l'écouteur, se fait bouger facilement en retirant le casque, un détail anecdotique mais agaçant au quotidien.
Connectique et application
La double connexion simultanée entre 2,4 GHz et Bluetooth est l'apport le plus utile de cette itération. Concrètement, on reçoit le son d'un PC ou d'une console en 2,4 GHz tout en répondant à un appel sur son téléphone, sans rien débrancher. Le récepteur USB-A est fourni, la recharge se fait en USB-C, et le casque est compatible PC, Mac, PlayStation 5 et 4, Nintendo Switch et smartphones. La stabilité est au rendez-vous et la portée est très bonne, avec une liaison qui tient dans un logement entier sans coupure. Le Bluetooth reste en revanche trop lent pour la compétition, le 2,4 GHz doit donc rester la source de jeu. Lorsque les deux sources sont actives, la molette de volume ne pilote que la source 2,4 GHz, un détail à connaître avant l'achat.

Le point faible vient de l'application iCUE. Elle permet de régler un égaliseur à dix bandes, de choisir des presets, de gérer l'éclairage RGB, de remapper les boutons et d'ajuster le sidetone. Mais pour profiter d'une égalisation personnalisée, elle doit tourner en permanence, et dès qu'on la ferme, le casque revient à son profil par défaut. Le logiciel paraît lourd, ses réglages manquent de transparence, et certains presets produisent un effet difficile à percevoir. Pour un casque sans fil à ce prix, on attend un fonctionnement autonome, pas une dépendance logicielle permanente.
Qualité sonore
Dès la sortie de la boîte, la signature sonore est chaude, avec des basses appuyées et des médiums bien présents. Les voix ressortent naturellement, et les morceaux au rythme simple gagnent en ampleur. Le revers apparaît dès que la scène se charge : les basses débordent sur les médiums, ce qui brouille les impacts et les bruitages de combat. Les aigus restent doux et peu fatigants, mais manquent de résolution dans les passages denses.

La scène sonore reste assez intime pour un casque fermé. La séparation gauche droite est correcte, mais le positionnement vertical et horizontal demeure moyen. Repérer un adversaire qui arrive dans le dos n'est donc pas une évidence, ce qui pénalise le modèle pour la compétition. Un égaliseur bien réglé corrige une partie du problème, à condition d'accepter la dépendance à iCUE.

Le volume maximal introduit aussi une distorsion irrégulière selon les morceaux, sans être bloquante pour un usage courant. Pour un rendu plus équilibré sur le bureau, notre test du Creative Stage Pro 2.1 illustre un autre compromis.
Le micro
Le micro est sans doute l'argument le plus convaincant de cette version. La capsule de 10 mm restitue une voix claire et naturelle, et le filtre anti-pop limite les souffles.

Pour les communications en jeu, les appels d'équipe et les échanges en groupe, le résultat est solide. Il reste quelques imperfections : la perche manque de stabilité, se positionne difficilement et peut s'accrocher dans les cheveux, et le timbre peut paraître légèrement nasal selon les réglages. Pour un usage purement téléphonique, le Skyted 320 pousse davantage la notion de discrétion vocale.
Réduction de bruit
Le HS80 V2 Max ne propose pas de réduction de bruit active. Il repose uniquement sur une isolation passive, assurée par des écouteurs fermés et des coussinets en mousse qui atténuent les bruits environnants sans les annuler. Dans un train ou un bureau animé, la différence avec un casque à ANC se fait sentir dès les premières minutes, et le casque ne propose aucun mode dédié pour la compenser.

Il faut distinguer cette absence d'ANC de la suppression de bruit du micro, qui concerne uniquement ce que vos interlocuteurs entendent. La réduction de bruit intégrée efface efficacement le cliquetis du clavier et de la souris, et le support de NVIDIA Broadcast, réservé aux cartes GeForce RTX, ajoute une couche de suppression par intelligence artificielle. Ces fonctions protègent votre voix, pas vos oreilles.
Autonomie
L'autonomie est l'un des points les plus impressionnants du segment. Corsair annonce jusqu'à 110 heures en 2,4 GHz et 130 heures en Bluetooth, RGB éteint, contre respectivement 65 et 80 heures RGB allumé. Quinze minutes de charge suffisent pour environ six heures d'usage. Dans la pratique, la recharge devient un événement plutôt rare, et quelques minutes branché suffisent pour reprendre une journée de jeu. Ce point, combiné à une liaison sans fil stable, donne au casque une vraie liberté au quotidien.
Test Corsair HS80 v2 MAX Wireless : mon avis

- Confort de longue durée, avec des matériaux plus agréables que sur le modèle précédent
- Autonomie exceptionnelle en 2,4 GHz comme en Bluetooth
- Double connexion simultanée 2,4 GHz et Bluetooth, stable et bien portée
- Son chaud au détriment de la précision, basses qui débordent sur les médiums
- Positionnement sonore moyen, peu adapté à la compétition
- Application iCUE lourde, dépendance logicielle pour l'égalisation
L'auteur
Charles Gouin-Peyrot
Journaliste tech et testeur indépendant, je décrypte la tech grand public. Spécialisé dans le hardware, l'audio et la maison connectée, je mets ma rigueur technique et mon expérience de formateur au service de mes tests. Mon objectif est simple : dépasser les fiches techniques pour vous livrer des analyses transparentes, impartiales et ancrées dans un usage 100 % réel.
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