
Taylor Swift a soumis trois demandes d’enregistrement de marques aux États-Unis. Elles visent à protéger une photographie connue de la chanteuse avec une guitare rose, ainsi que deux phrases vocales d’identification enregistrées lors de sa tournée Eras.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les deepfakes générés par IA prolifèrent sur les plateformes sociales et servent de plus en plus à des fins frauduleuses.
Des publicités falsifiées identifiées sur TikTok
Une étude publiée par la société de détection Copyleaks a mis au jour un ensemble de vidéos sponsorisées sur TikTok présentant des sosies numériques de Swift, Kim Kardashian et Rihanna. Ces clips faisaient la promotion de prétendus programmes de rémunération liés à TikTok.
Les chercheurs ont relevé l’utilisation de voix générées par IA et de filtres visuels destinés à masquer les défauts des images synthétiques. Dans l’une des vidéos, une version falsifiée de Swift évoque un programme fictif nommé « TikTok Pay », en s’appuyant sur des images détournées d’une apparition réelle dans l’émission The Tonight Show Starring Jimmy Fallon en octobre dernier.
Le message invitait les utilisateurs à consulter une page externe pour vérifier leur éligibilité. Quiconque cliquait était systématiquement accepté, avant d’être redirigé vers un service tiers construit avec la plateforme IA Lovable, dont le nom apparaissait dans l’URL.
La collecte de données comme objectif probable
Une fois sur ce site, les utilisateurs étaient invités à saisir leur nom et leurs informations personnelles. Les chercheurs de Copyleaks n’ont pas établi avec certitude ce que les opérateurs comptaient faire de ces données, mais le schéma correspond à des arnaques de collecte d’informations bien documentées.

Ce type de fraude publicitaire n’est pas isolé. La semaine dernière, l’association Consumer Federation of America a poursuivi Meta en justice, l’accusant d’avoir laissé prospérer des publicités frauduleuses sur Facebook et Instagram. La Commission fédérale du commerce américaine a également signalé une hausse générale des arnaques via les réseaux sociaux.
Des protections légales encore insuffisantes
La démarche de Swift reflète une réalité plus large : les célébrités sont exposées à deux types de risques distincts avec les deepfakes, à savoir les contenus intimes non consentis et les fausses endorsements commerciales. Ce mois-ci, un homme de l’Ohio est devenu le premier condamné aux États-Unis sous une loi fédérale criminalisant les tromperies visuelles intimes générées par IA.
Le dépôt de marques offre un levier juridique supplémentaire, mais ne résout pas le problème à la source. Les outils de génération d’images et de voix gagnent en accessibilité, ce qui complique la détection et la modération des contenus falsifiés à grande échelle.
Un enjeu qui dépasse les célébrités
Si les grandes stars concentrent l’attention médiatique, toute personne dont l’image circule en ligne peut théoriquement faire l’objet d’une exploitation non consentie par IA. La question des recours légaux accessibles aux particuliers reste entière.
Les dépôts de marques de Swift pourraient servir de modèle à d’autres artistes cherchant à formaliser des protections similaires face à la prolifération de contenus falsifiés.
Source : Wired

