
Les constellations de satellites se multiplient autour de la Terre, et les fréquences radio utilisées pour les communications avec ces engins spatiaux deviennent de plus en plus encombrées. L’Europe cherche une alternative en testant des liaisons laser entre le sol et les satellites.
Un essai soutenu par l’Agence spatiale européenne (ESA) a été mis en place depuis une station au sol perchée sur un sommet montagneux en Grèce. Cette installation envoie des faisceaux infrarouges en direction de petits satellites de type CubeSat en orbite.
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Le spectre radio, une ressource qui s’épuise
Les communications satellitaires reposent depuis des décennies sur les ondes radio. Mais avec l’explosion du nombre de satellites, notamment les grandes constellations comme celles de SpaceX ou d’Amazon, la disponibilité des fréquences devient un enjeu critique.

Les régulateurs internationaux attribuent ces fréquences selon des quotas stricts, ce qui limite la capacité de montée en débit. Les liaisons optiques par laser n’utilisent pas le spectre radioélectrique réglementé. Elles offrent ainsi une bande passante potentiellement bien plus large, sans nécessiter d’attribution de fréquences auprès des autorités de régulation.
Un essai depuis les hauteurs grecques
La station au sol choisie pour cet essai est implantée en altitude en Grèce, un emplacement qui réduit les perturbations atmosphériques. L’air plus rare et plus stable en montagne améliore la propagation des faisceaux infrarouges, dont la précision est bien plus exigeante que celle d’un signal radio omnidirectionnel.
Les CubeSats visés dans cet essai sont de petits satellites standardisés, moins coûteux à construire et à lancer que les engins traditionnels. Les équiper de systèmes de communication optique permettrait de les intégrer dans des réseaux à haut débit sans alourdir significativement leur conception.

Les liaisons laser imposent toutefois des contraintes techniques importantes. Le pointage doit être très précis pour maintenir le contact avec un satellite en mouvement rapide, et les nuages peuvent interrompre la communication, un problème que les ondes radio gèrent mieux.
Un enjeu de souveraineté pour l’Europe
Ce programme s’inscrit dans une stratégie plus large de l’ESA pour développer des technologies de communication spatiale indépendantes. L’Europe cherche à ne pas dépendre uniquement des solutions américaines, dans un contexte où Starlink de SpaceX domine déjà une large part du marché.
Les liaisons laser, ou communications par espace libre (FSO, Free Space Optical), sont également testées pour relier des satellites entre eux en orbite, sans passer par le sol. Cette architecture permettrait de construire des réseaux spatiaux maillés capables de relayer des données à très haut débit à l’échelle planétaire.
Une technologie encore en phase d’expérimentation
Les essais menés depuis la Grèce restent à un stade de validation. L’objectif est de vérifier la fiabilité des liaisons dans des conditions réelles d’exploitation, avant d’envisager un déploiement à plus grande échelle.
Si les résultats sont concluants, cette technologie pourrait à terme équiper les futures infrastructures spatiales européennes, notamment dans le cadre du projet IRIS2, la constellation de connectivité que l’Union européenne souhaite déployer dans les prochaines années pour concurrencer Starlink.
Source : Theregister

