
Quelques mois seulement après le premier Flow, Narwal remet le couvert avec une version 2 de son aspirateur robot haut de gamme. Le concept ne bouge pas : on retrouve le fameux rouleau serpillère, signature de la marque. Mais sous le capot, presque tout a été revu, avec plus de puissance, un lavage à l’eau plus chaude et surtout une bonne dose d’intelligence artificielle pour les déplacements. Après plusieurs semaines de test, voici ce que vaut vraiment ce modèle vendu autour de 1 299 euros ?
Design et conception
La grosse évolution se voit d’abord sur la station. Narwal a osé des lignes plus droites et affirmées, avec une façade recouverte d’une plaque de verre dépoli du plus bel effet, complétée par un éclairage LED qui renseigne sur l’état du robot (bleu pour la recharge en eau, jaune pour la charge…).

On peut couper cet éclairage via le mode « Ne pas déranger » pour ne pas illuminer la pièce en pleine nuit. Le résultat est nettement plus premium que le premier modèle et justifie mieux le tarif. Bonne nouvelle : la station reste compacte et trouve facilement sa place dans un logement de taille moyenne, là où la concurrence a plutôt tendance à grossir.

Quelques bémols tout de même. La couleur noire attire facilement la poussière, et certains regretteront la disparition du style très identifiable des anciennes bases Narwal.

Côté organisation, le sac à poussière et le réservoir à détergent se logent sous les deux grands bacs d’eau (propre et sale), accessibles via une trappe une fois les réservoirs retirés. C’est malin pour gagner de la place, un peu moins pratique au quotidien pour l’entretien.

Le robot, lui, n’a presque pas changé. Il reste assez épais (environ 9,5 cm), conséquence directe du système de lavage par rouleau et du réservoir d’eau intégré qui alimente la serpillère.

Ce rouleau, large et plat, est monté sur un système de chenilles, un cas unique sur le marché qui permet de couvrir une grande surface à chaque passage. La brosse principale combine poils nylon et caoutchouc, accompagnée d’une brosse latérale incurvée pour ramener les poussières des coins.

À noter qu’il existe aussi une version raccordable directement à l’arrivée et à l’évacuation d’eau de la maison, encore plus compacte et autonome.
Performances d’aspiration
C’est l’un des points forts du Flow 2. La puissance grimpe à 31 000 Pa, contre 22 000 Pa sur le modèle précédent, et ça se ressent. Sur sols durs, carrelage comme parquet, les poussières fines et les poils sont avalés dès le premier passage, et le robot n’a aucun mal avec les cheveux ou les miettes. Le débit d’air assure un nettoyage vraiment impeccable des surfaces lisses.

Sur les tapis, c’est là que le bond en avant est le plus visible. Le premier Flow décevait un peu sur ce terrain ; le Flow 2 déloge cette fois les saletés incrustées dans les fibres, y compris sur des tapis à poils longs sur lesquels il se déplace sans difficulté. Le robot adapte automatiquement sa puissance selon le revêtement détecté : dès qu’il grimpe sur une zone textile, l’aspiration monte d’un cran. Pour les foyers avec animaux, la brosse centrale est pensée pour diriger les poils vers le conduit d’aspiration et limiter l’enroulement, ce qui réduit nettement les interventions manuelles.
Côté nuisances sonores, le robot reste discret en fonctionnement normal, avec un niveau mesuré autour de 55 dB. Le moteur se fait un peu plus entendre uniquement quand l’IA détecte une zone jugée plus sale et décide d’insister. Seul petit reproche relevé : le relèvement du rouleau en mode aspiration aurait mérité d’être plus marqué, car il peut encore accrocher quelques touffes de poils dans certains cas.
Performances de lavage
La nouveauté de l’année, c’est la chauffe instantanée de l’eau à 60 °C juste avant l’injection sur le rouleau, contre 45 °C auparavant. L’avantage : attaquer les taches avec une eau toujours chaude sans avoir à chauffer tout le réservoir. Couplé à une pression d’environ 12 N appliquée sur le sol, le système frotte réellement la surface au lieu de simplement glisser une lingette humide. Un peu de solution détergente est par ailleurs ajoutée à l’eau avant chaque démarrage.

Sur les traces légères, le résultat est excellent : elles disparaissent en un seul passage, y compris le long des murs grâce au rouleau extensible. Sur les taches fraîches comme un café renversé ou une trace récente, le robot s’en sort très bien et ne laisse pas de marque, notamment grâce au détergent. Plusieurs tests confirment son efficacité même sur des taches collantes comme du sirop ou du ketchup sur carrelage. En revanche, face à une tache profonde et incrustée depuis plusieurs jours, le Flow 2 montre ses limites, même s’il fait mieux que les serpillères rotatives classiques.

Deux réserves à garder en tête. D’abord, la consommation d’eau est importante : sur une surface d’environ 45 m², deux cycles complets suffisent à vider les 5 litres du bac d’eau propre. Au-delà de 80 m², il faudra prévoir un ravitaillement après chaque gros passage. C’est le revers du rouleau serpillère, qui a besoin d’une irrigation constante pour rester efficace. Ensuite, il n’y a pas de véritable protection pour isoler les tapis pendant le lavage : si une grosse tache se trouve à proximité, ils peuvent être tachés.
Application et fonctionnalités
L’application Narwal n’a pas changé depuis le premier Flow, et c’est à double tranchant. Côté positif, l’expérience est solide et bien pensée : l’interface est claire, complète sans être surchargée, avec les options les plus utiles directement accessibles.




On y trouve une vue de la carte en 3D, de nombreux réglages pour personnaliser le comportement du robot et toute la gestion de l’entretien. La cartographie générée est précise, et l’app sert aussi de télécommande à distance : on peut piloter le robot, voir en direct ce que filment ses caméras, et même interagir avec son animal via le micro. Une fonction de recherche d’animal permet par exemple de retrouver un chat caché sous un meuble.
Le point faible, c’est la localisation française. À presque chaque page, on tombe sur des traductions hasardeuses et des formulations bancales (« serpillage », « animaux adorables »…). Rien de bloquant, mais sur un appareil affiché autour de 1 299 euros, on est en droit d’attendre un soin plus poussé sur ce point.
Autonomie : une très grosse batterie à bord
Le Flow 2 embarque une batterie de 7 000 mAh, un peu plus généreuse que la moyenne, ce qui lui permet de couvrir en théorie près de 289 m² en continu selon la marque. Dans les faits, un cycle complet d’environ une heure (aspiration et lavage en mode IA) consomme à peu près 40 % de la batterie, ce qui laisse envisager environ trois heures de travail sur une seule charge. Largement de quoi traiter de grandes surfaces, certains tests évoquant jusqu’à 300 m² couverts si besoin.

Le seul vrai regret concerne la recharge : il faut compter près de quatre heures pour un plein complet, sans système de charge rapide. C’est un peu long face à certains concurrents. Comme la plupart des modèles récents, le robot reprend automatiquement son cycle là où il s’était arrêté après être passé se recharger.
Entretien : super simple
C’est un domaine où Narwal excelle, fidèle à sa réputation. La station prend en charge le plus gros du travail : le rouleau serpillère est lavé à 100 °C après chaque cycle, puis séché à l’air chaud pendant plusieurs heures, ce qui évite les mauvaises odeurs et la prolifération des bactéries. Le séchage reste d’ailleurs discret quand la station est placée dans un coin. Le filtre, signature de la marque, reste étonnamment propre dans le temps.

L’autonomie d’entretien est remarquable : sur un mois d’usage classique, il n’a pas été nécessaire de vider le sac à poussière, et le bac d’eau sale n’a demandé que deux vidages. Le rouleau se retire facilement et sans outil pour un nettoyage manuel ponctuel, tout comme la plaque amovible de la station, à débarrasser de temps en temps des poils accumulés.
On regrettera simplement que l’entretien du rouleau serpillère soit un peu moins pratique que sur certains concurrents comme le Deebot T90 Pro Omni de chez Ecovacs. Bon point en revanche : l’usage du détergent maison n’est pas obligatoire, on peut opter pour un produit compatible sans risquer d’abîmer l’appareil.
Test Narwal Flow 2 : mon avis
Le Narwal Flow 2 ne réinvente pas la formule du premier modèle, mais il en corrige les défauts de jeunesse et muscle chaque caractéristique pour s’imposer comme une vraie référence du segment ultra haut de gamme. Sa puissance d’aspiration, son lavage efficace et surtout son intelligence de déplacement en font un robot rassurant, à réserver à ceux qui cherchent le top du top et acceptent d’y mettre le prix.

