
Google a bâti sa communication autour d’une promesse forte : sept ans de mises à jour logicielles pour ses smartphones Pixel. Mais l’arrivée de Gemini Intelligence révèle les premières fissures de cet engagement.
Les nouvelles fonctionnalités d’IA embarquée de Google reposent sur le modèle Nano v3, un composant local qui ne tourne actuellement que sur les Pixel 10. Les générations précédentes, y compris les Pixel 9 lancés fin 2024, restent limitées au modèle Nano v2, selon la documentation officielle de Google ML Kit.
Un écart qui apparaît dès la deuxième génération
Des tests réalisés avec l’aperçu développeur d’AICore sur un Pixel 9 confirment que ni Nano v3 ni le futur Nano v4 ne sont accessibles sur cet appareil. La limitation concerne aussi bien les utilisateurs ordinaires que les développeurs.

Cette situation ne touche pas uniquement les Pixel. Des téléphones lancés en 2025, comme le Xiaomi 17 Ultra, apparaissent également bloqués sur d’anciennes versions du modèle embarqué. À l’inverse, le vivo X200, sorti la même année, supporte déjà Nano v3, ce qui interroge sur l’efficacité du processeur Tensor de Google.
Une partie du problème vient du Tensor G4, qui utilisait la même unité de traitement neuronal que le G3. Les Pixel 9 embarquaient donc, dès leur sortie, une architecture IA déjà datée. Google indique que le Tensor G5, présent dans les Pixel 10, dispose d’un TPU de troisième génération 60 % plus rapide.
La promesse de sept ans ne couvre pas les fonctionnalités IA
Google n’a pas encore commenté la possibilité d’un rétroport de Gemini Intelligence vers les Pixel 9. Des mises à jour via le système AICore restent techniquement envisageables, mais aucun calendrier n’a été communiqué.
Le problème de fond est structurel : Gemini ne fait pas partie du cœur d’Android. Il s’agit d’une couche ajoutée par-dessus le système, ce qui donne à Google une grande latitude pour décider quels appareils reçoivent quelles fonctionnalités. Cette architecture accélère l’innovation, mais fragilise les engagements de long terme.

La promesse des sept ans couvre les mises à jour de sécurité et les versions majeures d’Android. Elle n’inclut pas, de manière explicite, l’accès aux nouvelles fonctionnalités IA. Pour les acheteurs de Pixel 9 ayant dépensé entre 700 et 1 100 euros, la distinction est significative.
Un signal préoccupant pour les futurs acheteurs
Gemini Intelligence nécessite au minimum 12 Go de RAM, ce qui exclut d’emblée de nombreux modèles abordables, dont le Pixel 10a. L’IA embarquée devient ainsi un critère de segmentation matérielle aussi déterminant que le processeur ou l’appareil photo.
La question se pose désormais pour les acheteurs de Pixel 10 Pro XL, commercialisé autour de 1 200 euros. Rien ne garantit que cet appareil restera compatible avec les fonctionnalités Gemini Intelligence de la prochaine génération.
À mesure que l’IA s’impose comme l’axe central de différenciation des smartphones haut de gamme, les fabricants devront préciser ce que leurs engagements de support incluent réellement. Sans cette clarté, la notion de mise à jour risque de devenir de plus en plus floue pour les consommateurs.
Source : Android Authority

