
Divine est disponible depuis ce mardi sur l’App Store et Google Play. Cette application relance le concept de Vine, plateforme de vidéos courtes en boucle fermée en 2016, et donne accès à une archive reconstituée de l’ancien service.
Le projet est financé par « and Other Stuff », une organisation à but non lucratif fondée en mai 2025 par Jack Dorsey, cofondateur de Twitter. Dorsey n’est pas un investisseur classique ici : son objectif déclaré est de corriger ce qu’il considère comme une erreur de son mandat à la tête de Twitter, à savoir la suppression de Vine.
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Une archive reconstruite depuis des fichiers binaires
La constitution de l’archive a représenté un travail technique considérable. Evan Henshaw-Plath, développeur connu sous le pseudonyme « Rabble » et membre de « and Other Stuff », a travaillé à partir de sauvegardes réalisées par un collectif de préservation numérique appelé Archive Team.
Ces sauvegardes se présentaient sous forme de fichiers binaires de 40 à 50 gigaoctets. Rabble a dû écrire des scripts de traitement de données pour comprendre leur structure et reconstituer les vidéos, ainsi que les statistiques associées comme les vues, les mentions « j’aime » et les commentaires.

L’application était accessible à un groupe de testeurs depuis novembre 2024, avec environ 100 000 vidéos. Elle en propose désormais 500 000, issues de près de 100 000 créateurs originaux de la plateforme Vine.
Un refus explicite des contenus générés par IA
Un des axes centraux de Divine est l’exclusion des contenus produits par intelligence artificielle. Pour publier une vidéo, les utilisateurs doivent soit la filmer directement dans l’application, soit attester de son origine via le standard ouvert C2PA, qui permet de tracer la provenance d’un fichier numérique.
Rabble a indiqué que cette décision répondait à une demande des créateurs historiques de Vine, qui souhaitaient une plateforme débarrassée des contenus automatisés de faible valeur. Plusieurs figures connues de l’ancienne communauté Vine, dont Lele Pons, JimmyHere et Jack and Jack, ont manifesté leur intérêt pour l’application.
Protocoles ouverts et absence de modèle publicitaire
Divine est construit sur le protocole social ouvert Nostr. L’équipe travaille également à une intégration avec le protocole AT, qui alimente Bluesky, et envisage à terme une connexion avec ActivityPub, le protocole utilisé par Mastodon, Flipboard et Threads de Meta.
L’application ne dispose pas de modèle de revenus défini à ce stade. Divine est structurée comme une société à bénéfice public. Rabble évoque plusieurs pistes : un système de compte Pro avec fonctionnalités supplémentaires, ou une approche similaire à Patreon pour permettre aux créateurs d’être soutenus directement par leur audience.
Parmi les fonctionnalités disponibles dès le lancement figure un mode compilation, qui permet de créer des listes de vidéos regroupées par thème ou par hashtag, en lecture automatique continue.
Un déploiement progressif via liste d’attente
Le lancement public ne signifie pas un accès immédiat pour tous. Divine commencera par ouvrir l’accès aux personnes inscrites sur liste d’attente, puis élargira progressivement via un système de codes d’invitation. L’application est aussi disponible sur le Zapstore, une boutique d’applications basée sur Nostr.
La plateforme se positionne comme une alternative aux grands réseaux sociaux, en misant sur des standards ouverts et une communauté de créateurs humains. Son développement futur dépendra en grande partie de la capacité de l’équipe à mobiliser cette communauté autour d’un projet sans revenus publicitaires.
Source : TechCrunch

