
Lors de la conférence Google I/O, Wear OS 7 a été présenté avec plusieurs améliorations : une autonomie en hausse de 10 %, des Live Updates, un rafraîchissement visuel et de nouveaux designs de tuiles. Une annonce a cependant cristallisé les critiques des propriétaires de Pixel.
Google a indiqué que certaines fonctionnalités Gemini Intelligence seraient disponibles sur des montres connectées futures et sélectionnées. Cette décision soulève une contradiction difficile à ignorer pour quiconque possède un Pixel 9 Pro ou un Pixel 9 Pro XL.
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Des smartphones exclus, des montres incluses
Google a annoncé lors de l’Android Show, quelques jours avant I/O, que Gemini Intelligence serait réservé aux appareils équipés de la puce Tensor G5, ainsi qu’à une sélection de téléphones propulsés par des puces Qualcomm et MediaTek récentes. Les Pixel dotés de puces Tensor antérieures sont donc laissés de côté.

Or, une montre connectée, même de dernière génération, embarque bien moins de puissance de calcul et de mémoire vive qu’un smartphone haut de gamme. Le Pixel 9 Pro XL dispose de 16 Go de RAM, soit davantage que de nombreux appareils qui, eux, bénéficieront de Gemini Intelligence. La justification technique avancée par Google pour exclure ces téléphones perd donc de sa cohérence.
L’argument selon lequel les limitations de RAM expliqueraient ces choix ne tient pas non plus à l’examen. Plusieurs téléphones compatibles avec Gemini Intelligence ne disposent que de 12 Go de RAM.
Cloud ou délégation au smartphone : des solutions existent
Pour faire fonctionner Gemini Intelligence sur une montre, Google devra nécessairement trouver un compromis technique. Deux pistes sont envisageables : déléguer une partie du traitement au cloud, ou s’appuyer sur le smartphone associé pour effectuer les calculs les plus lourds.

Dans les deux cas, ce type de contournement pourrait tout aussi bien s’appliquer aux anciens Pixel. Google a d’ailleurs déjà emprunté cette voie : le Pixel 8 de base, initialement exclu de Gemini Nano en raison de ses 8 Go de RAM, avait finalement reçu la fonctionnalité après une forte pression des utilisateurs, avec un avertissement sur les performances réduites.
Ce précédent montre que des solutions techniques existent. La question est de savoir si Google choisira de les mettre en œuvre sans y être contraint par la pression publique.
Une logique commerciale difficile à masquer
Le secteur des smartphones Android souffre d’un manque de différenciation. La qualité photo des appareils milieu de gamme a considérablement progressé, rendant les arguments classiques d’achat moins percutants. L’intelligence artificielle embarquée devient alors le principal levier pour justifier un renouvellement de terminal.
Réserver des fonctions Gemini Intelligence aux modèles les plus récents s’inscrit dans cette logique. Mais cette approche expose Google à une accusation de verrouillage artificiel, d’autant que la société a elle-même vanté les capacités de ses puces Tensor pour l’IA depuis plusieurs générations.
Si Google parvient à faire tourner Gemini Intelligence sur une montre connectée, même sous une forme allégée, l’argument selon lequel les Pixel 9 non-G5 sont techniquement incapables de le faire devient difficile à soutenir. La balle est dans le camp de Google, et les réactions des utilisateurs seront probablement déterminantes, comme elles l’ont déjà été par le passé.
Source : Android Authority

