
Lenovo, premier constructeur mondial de PC par capitalisation boursière, a son nom associé à une console portable rétro vendue une soixantaine d’euros sur AliExpress. Le produit s’appelle le Lenovo G02 et ressemble à une Game Boy de Nintendo.
Sauf que derrière cet objet se cache une pratique problématique : l’appareil est proposé avec des milliers de jeux Nintendo préchargés sur une carte microSD, ce qui soulève de sérieuses questions sur le respect du droit d’auteur.
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Un appareil sous licence pour le marché chinois
Selon un porte-parole de Lenovo cité par le site Retrododo, le G02 a été fabriqué dans le cadre d’un accord de licence de marque destiné exclusivement à la Chine. L’entreprise ne le considère pas comme un produit appartenant à son catalogue principal, aux côtés de ses PC et de ses consoles haut de gamme comme le Legion Go 2.
Le G02 tourne sur un processeur Rockchip RK3326 accompagné de 1 Go de RAM. Son écran IPS de 4,5 pouces affiche une résolution de 1 024 x 768 pixels. L’appareil dispose d’un stick analogique, d’un pad directionnel et de quatre boutons de face, une configuration classique pour les consoles de ce type.

Le logo Lenovo apparaît dès le démarrage, et l’appareil figure bien sur le site chinois de la marque. Ce n’est donc pas un produit contrefait, mais un objet officiellement rattaché à l’entreprise via cet accord de licence.
Des ROMs préchargées : un problème légal bien réel
L’émulation en elle-même n’est pas illégale. Ce qui pose problème, c’est la distribution de fichiers de jeux commerciaux copiés, communément appelés ROMs, sans autorisation des détenteurs de droits.
C’est précisément pour cette raison que les fabricants comme Anbernic, qui vendent leurs consoles dans des enseignes américaines comme Best Buy, n’incluent aucun jeu dans leurs appareils lorsqu’ils s’adressent aux marchés occidentaux. La présence de milliers de titres Nintendo sur le G02 est donc difficilement justifiable en dehors du contexte chinois, où les règles d’application du droit d’auteur diffèrent.
Des alternatives légitimes existent
Le marché des consoles portables rétro est aujourd’hui bien fourni, et plusieurs fabricants proposent des appareils de qualité sans jeux préchargés illégalement. Des modèles comme l’Anbernic Rotate ou la Retroid Pocket Classic offrent une expérience soignée pour les amateurs d’émulation.
Ces appareils permettent à l’utilisateur de charger lui-même ses propres fichiers de jeux, dans le respect des conditions légales en vigueur dans son pays. Une nuance importante pour quiconque souhaite pratiquer l’émulation sans s’exposer à des risques liés au piratage.
Ce qu’il faut retenir
Le Lenovo G02 illustre une tendance répandue dans le segment des consoles rétro vendues via des plateformes de dropshipping : des appareils techniquement accessibles, mais accompagnés de contenus dont la légalité est douteuse dès qu’on sort du marché chinois.
Pour un acheteur en Europe ou en Amérique du Nord, l’achat via AliExpress représente un risque réel, non seulement sur le plan légal, mais aussi en termes de service après-vente et de compatibilité. D’autres produits du même segment offrent une meilleure garantie, sans contenu litigieux.
Source : Gizmodo

