
Les aspirateurs-laveurs, ces appareils hybrides capables d’aspirer et de laver le sol en un seul passage, se sont multipliés ces dernières années sur le marché de l’entretien domestique. Pourtant, malgré des progrès constants, rares sont ceux qui parviennent à convaincre les adeptes du nettoyage vapeur de franchir le pas. Le Roborock F25 Ultra pourrait bien changer la donne : c’est l’un des tout premiers modèles de cette catégorie à intégrer un véritable mode vapeur, capable de monter à 150 °C. Une promesse séduisante, mais qui mérite d’être confrontée à la réalité du quotidien.
Design et conception
À la sortie du carton, le Roborock F25 Ultra surprend par son gabarit. Avec ses dimensions proches d’un aspirateur-balai classique (environ 26 × 24 × 110 cm) et ses 5,6 kg à vide, l’appareil se rapproche davantage d’un aspirateur vertical traditionnel que d’une simple serpillière motorisée. Une fois les réservoirs d’eau remplis, le poids grimpe encore, ce qui le place dans la fourchette haute des modèles concurrents, le Tineco iFloor 5, par exemple, reste plus léger en main.

La différence la plus notable par rapport à la concurrence tient à la disposition des réservoirs. Là où la plupart des aspirateurs-laveurs logent leurs réservoirs d’eau propre et d’eau sale à l’avant et à l’arrière du manche vertical, Roborock a fait le choix de les placer à l’horizontale, au niveau de la tête de lavage.

Ce positionnement modifie le centre de gravité de l’appareil et change la sensation de maniabilité : certains utilisateurs y trouveront un confort accru, d’autres ressentiront un poids plus marqué au sol. Le revers de cette conception : impossible de jauger d’un coup d’œil le niveau d’eau restant, contrairement aux réservoirs verticaux où le liquide est immédiatement visible à travers la paroi translucide. On avance un peu à l’aveugle jusqu’à ce que l’appareil signale qu’il est temps de remplir.

Pour compenser ce poids et ce format imposant, Roborock a intégré des roues motorisées assistées par intelligence artificielle, qui facilitent réellement les déplacements au sol. La tête de nettoyage, large de 30 cm, peut s’incliner à 180° pour se glisser sous la plupart des meubles bas; un vrai plus au quotidien, même si le corps de l’appareil bloque parfois l’accès sous les meubles les plus rasants.

Côté station d’accueil, il faut prévoir de la place. La base, qui sert à la fois de chargeur et de station d’auto-nettoyage, occupe un espace non négligeable. Dans un petit appartement, trouver un emplacement discret relève du défi. C’est le prix à payer pour un appareil tout-en-un, mais mieux vaut y réfléchir avant l’achat.
Le montage, lui, se révèle intuitif. On clipse le manche, les réservoirs et la brosse rotative sans difficulté. Le manuel, composé principalement de schémas et de pictogrammes, manque de clarté, mais l’assemblage tombe sous le sens. La boîte contient également un filtre de rechange, une petite brosse de nettoyage et un flacon de solution lavante.
Performances d’aspiration
Précisons d’emblée que le Roborock F25 Ultra reste, comme tous les appareils de sa catégorie, un aspirateur-laveur conçu pour les sols durs : carrelage, parquet, vinyle. L’utiliser sur de la moquette ou un tapis serait, disons, un choix audacieux, et probablement regrettable.

Sur sol dur, la puissance d’aspiration affichée atteint 22 000 Pa, un chiffre parmi les plus élevés du segment. Concrètement, l’appareil avale sans broncher les débris secs courants : miettes, marc de café, céréales, cheveux, poils d’animaux. Lors de tests avec du marc de café, de la farine et du ketchup renversés volontairement, le F25 Ultra a ramassé la quasi-totalité des résidus en un seul passage, à l’exception de quelques grains de farine poussés entre les lattes du parquet, un défaut classique, partagé par tous les aspirateurs-laveurs du marché.
Point appréciable : la brosse rotative ne s’emmêle pas avec les cheveux et les poils. Au lieu de s’enrouler autour du rouleau, les fibres sont directement acheminées vers le bac à eau sale, où elles se retrouvent piégées dans un filtre. Un soulagement pour les foyers avec animaux ou les chevelures généreuses.

Le nettoyage le long des plinthes et dans les angles reste en revanche un point faible. La largeur de la tête de lavage empêche d’atteindre les recoins, les pieds d’appareils électroménagers ou les espaces sous les meubles très bas. Dans une salle de bain étroite, par exemple, l’appareil se montre presque inutilisable. L’absence d’un accessoire de détail ou d’une buse compacte pour ces zones difficiles se fait sentir, un reproche que l’on peut adresser à l’ensemble de la catégorie, d’ailleurs.
Performances de lavage
C’est ici que le Roborock F25 Ultra se distingue véritablement. Quatre modes de nettoyage sont proposés : un mode « éponge » pour absorber les liquides renversés, un mode automatique sans chauffage, un mode eau chaude (environ 85 °C) et le fameux mode vapeur, qui pousse la température à 150 °C. Ce dernier constitue le véritable argument de vente de l’appareil, et le résultat est à la hauteur.
Lors de tests sur un carrelage blanc, le genre de sol impitoyable qui révèle la moindre trace, le mode vapeur a permis de déloger des taches que l’on pensait incrustées pour de bon : résidus de graisse datant de plusieurs mois, traces de curcuma laissées par d’anciens occupants, dépôts tenaces près d’un bac à litière. Après quelques passages, le sol retrouvait un éclat que même un nettoyage manuel vigoureux n’avait jamais réussi à lui rendre. L’effet est assez bluffant.

Le mode vapeur présente toutefois quelques particularités. Il faut compter environ une minute de chauffe avant que la vapeur ne soit opérationnelle, et pendant ce temps, il faut garder le manche en position d’utilisation, impossible de laisser l’appareil chauffer debout tout seul, contrairement à un nettoyeur vapeur traditionnel. Un détail un peu agaçant, même si rien n’empêche de commencer à nettoyer en mode classique et de repasser sur les zones difficiles une fois la vapeur prête.
Autre point de vigilance : le mode vapeur et le mode eau chaude sont déconseillés sur les parquets en bois massif et les sols en vinyle, sous peine de déformation ou de fissures. Mieux vaut réserver ces modes aux carrelages et aux surfaces résistantes, et s’en tenir au mode automatique sur les sols plus fragiles.
Autonomie du F25 Ultra
Roborock annonce jusqu’à 60 minutes d’autonomie en mode automatique. En mode eau chaude ou vapeur, la durée chute à 15-20 minutes environ, ce qui reste suffisant pour couvrir un appartement de taille moyenne (50 à 60 m²) en une seule charge.

Le réservoir d’eau propre affiche une capacité de 1 litre, complété par un petit réservoir de 100 ml pour le détergent, dosé automatiquement par l’appareil, un confort d’utilisation appréciable. Dans un appartement d’environ 50 m², il a fallu une douzaine d’utilisations complètes avant de devoir remplir le réservoir de solution lavante.
Le système de charge mérite d’être souligné. Chaque retour sur la station d’accueil relance automatiquement la charge, sans manipulation supplémentaire. Résultat : on atteint rarement la limite d’autonomie dans un usage domestique courant, sauf à disposer de très grandes surfaces de sol dur.
Comment entretenir mon Roborock F25 Ultra ?
L’auto-entretien du Roborock F25 Ultra constitue l’un de ses atouts majeurs. Après chaque séance de ménage, l’appareil invite à lancer un cycle de nettoyage automatique de la brosse rotative, avec plusieurs options : auto-nettoyage chauffé, auto-nettoyage vapeur, séchage rapide ou séchage silencieux. Ces réglages sont accessibles depuis un bouton en façade ou via l’application mobile, qui permet aussi de programmer les cycles et de choisir si le séchage démarre automatiquement après le lavage.
Le cycle d’auto-nettoyage chauffe jusqu’à environ 90 °C, ce qui aide à limiter la prolifération bactérienne sur la brosse. La contrepartie : le processus est bruyant, et la voix de l’appareil commente chaque étape. L’application permet heureusement de désactiver ces annonces vocales.

Une fois le cycle terminé, il reste à vider le réservoir d’eau sale. L’opération n’a rien de glamour : on détache le bac, on sépare les résidus solides (cheveux, fibres, débris) des liquides, on jette les premiers à la poubelle et les seconds dans l’évier. Ouvrir le réservoir demande un peu de force, la première fois, on est pris au dépourvu. Dans un foyer avec des animaux ou des occupants aux cheveux longs, attendez-vous à devoir démêler régulièrement les amas de poils accumulés dans le filtre. Ce n’est pas la tâche la plus réjouissante du quotidien.
Le filtre est à remplacer tous les trois à six mois. L’application suit l’usure du filtre et de la brosse et prévient quand le remplacement s’impose. Un filtre de rechange est fourni dans la boîte, ce qui permet de voir venir.
Roborock F25 Ultra : mon avis
Commercialisé aux alentours de 700 €, le Roborock F25 Ultra se positionne dans le haut du panier des aspirateurs-laveurs, tant par son prix que par ses prestations. C’est un appareil encombrant, lourd, et bruyant, il ne cherche pas à se faire oublier.
Mais sa polyvalence, sa puissance d’aspiration, et surtout son mode vapeur en font l’un des rares modèles capables de remplacer à la fois un aspirateur, une serpillière et un nettoyeur vapeur. Pour qui dispose de grandes surfaces de sol dur, en particulier du carrelage, le résultat est sans appel : c’est l’un des nettoyages les plus efficaces que l’on puisse obtenir avec un appareil domestique tout-en-un.

