
Les boîtiers compacts ont le vent en poupe, mais alimenter une carte graphique dernière génération dans un châssis à peine plus grand qu’une boîte à chaussures reste un casse-tête. C’est précisément ce défi que NZXT entend résoudre avec le C850 SFX Gold, son alimentation la plus compacte à ce jour. Avec ses 850 W au format SFX, sa compatibilité ATX 3.1/PCIe 5.1 et un câblage entièrement modulaire, cette alimentation vise les joueurs exigeants qui refusent de sacrifier la puissance sur l’autel de l’encombrement. Le tout pour un tarif de 139 €, un positionnement tarifaire qui mérite qu’on s’y attarde.
Design : compacte mais riche en connectique
Le NZXT C850 SFX Gold respecte scrupuleusement les dimensions standardisées du format SFX : 125 × 63,5 × 100 mm. Pour donner un ordre d’idée, c’est environ 40 % plus court qu’une alimentation ATX classique, ce qui libère un espace précieux dans les châssis Mini-ITX en configuration sandwich ou en cube.

Le boîtier métallique joue la carte de la sobriété. Les grilles de ventilation couvrent une large surface, avec un ventilateur de 92 mm qui occupe la quasi-totalité de la face inférieure, une disposition classique pour ce format. À l’arrière, une plaque perforée facilite l’évacuation de l’air chaud. Rien de spectaculaire côté esthétique, mais l’ensemble respire la rigueur d’assemblage.

À l’intérieur, la plateforme repose sur un fabricant sous-traitant reconnu, HEC. La topologie retenue associe une correction active du facteur de puissance (APFC, qui optimise la manière dont l’alimentation tire le courant du secteur) pilotée par un contrôleur Champion CM6500UNX, à un étage primaire de type double forward. Côté secondaire, la rectification synchrone assure une conversion efficace, tandis que les rails auxiliaires (3,3 V et 5 V) sont générés par des convertisseurs dédiés à partir du rail principal 12 V. Tous les condensateurs sont japonais, certifiés 105 °C, un gage de durabilité appréciable, surtout dans un volume aussi restreint où la chaleur se concentre vite.

Le système de protections couvre l’ensemble des scénarios critiques : surtension, sous-tension, surintensité, court-circuit, surpuissance, surtempérature et protection contre les surtensions secteur. NZXT annonce une durée de vie moyenne (MTBF) de 100 000 heures à 25 °C et garantit l’alimentation dix ans, ce qui traduit une certaine confiance dans la fiabilité du produit.
Un détail manque toutefois : il n’y a pas de bouton marche/arrêt à l’arrière du bloc. Sur un modèle à ce niveau de prix, cette absence surprend un peu.
Installation et connectique
Le câblage constitue l’un des arguments majeurs de cette alimentation. Chaque câble est amovible, les fils sont gainés individuellement et équipés de peignes intégrés pour faciliter l’organisation, un vrai plus dans un boîtier où chaque centimètre compte.

Les longueurs ont été volontairement réduites pour limiter l’excédent de câble derrière le plateau de la carte mère. Le câble ATX 24 broches mesure 350 mm, tandis que les câbles CPU et PCIe atteignent 470 mm. Ce choix est parfaitement adapté aux châssis SFF. En revanche, dans un boîtier tour ATX profond, atteindre le connecteur d’alimentation processeur en haut de la carte mère pourrait poser problème. NZXT assume ce compromis, et c’est un choix cohérent avec la cible visée.
Voici le détail du câblage fourni :
- 1 câble ATX 24 broches (350 mm)
- 1 câble CPU EPS 4+4 broches (470 mm)
- 1 câble PCIe 6+2 broches (470 mm)
- 1 câble 16 broches vers double PCIe 8 broches (470 mm)
- 1 câble 12V-2×6 (norme PCIe 5.1), capable de délivrer 600 W (470 mm)
- 2 câbles SATA (trois connecteurs chacun, six au total)
- 1 câble périphérique avec trois connecteurs Molex 4 broches
La présence d’un connecteur 12V-2×6 natif est un atout pour les cartes graphiques récentes comme les GeForce RTX 5070, 5080 ou les Radeon RX 9070 XT. Ce connecteur, qui succède à l’ancien 12VHPWR, respecte les dernières spécifications ATX 3.1 en matière de gestion des pics de consommation transitoires — ces appels de courant très brefs, parfois proches du double de la puissance nominale, que génèrent les GPU modernes.

Un point à garder en tête : NZXT ne fournit qu’un seul câble CPU 4+4 broches. Pour la grande majorité des cartes mères Mini-ITX qui n’embarquent qu’un connecteur EPS, cela suffit largement. Les plateformes haut de gamme à double connecteur CPU devront chercher ailleurs, mais elles sont de toute façon rarement au format Mini-ITX.
Le constructeur précise par ailleurs que cette alimentation n’est pas recommandée pour une RTX 5090 ni pour des systèmes fortement overclockés, un conseil de bon sens au regard de l’enveloppe de 850 W.
Performances et rendement
Sur le banc de test (charge résistive dédiée, multimètre Voltcraft VC-870, oscilloscope GW Instek GDS 3154, mesure de puissance ACUVIM-IIRF, le tout sur réseau 230 V), le C850 SFX Gold livre des résultats solides qui dépassent les exigences de la certification 80 PLUS Gold.
Régulation du rail 12 V
| Charge | Tension mesurée |
|---|---|
| 10 % (85 W) | 12,18 V |
| 25 % (212,5 W) | 12,12 V |
| 50 % (425 W) | 12,07 V |
| 75 % (637,5 W) | 12,04 V |
| 100 % (850 W) | 12,02 V |
L’écart entre charge minimale et maximale ne dépasse pas 1 %, ce qui témoigne d’une régulation très propre. Le processeur et la carte graphique reçoivent une tension stable quelles que soient les sollicitations, un facteur déterminant pour éviter les instabilités et protéger les composants sur le long terme.
Rendement énergétique
| Charge | Rendement |
|---|---|
| 10 % (85 W) | 88,97 % |
| 25 % (212,5 W) | 91,43 % |
| 50 % (425 W) | 92,12 % |
| 75 % (637,5 W) | 88,31 % |
| 100 % (850 W) | 86,55 % |
Le pic de rendement atteint 92,12 % à mi-charge, soit la plage dans laquelle se situent la plupart des configurations de jeu. Au-delà de la certification 80 PLUS Gold, l’alimentation décroche aussi le label Cybenetics Platinum, un référentiel européen indépendant qui évalue le rendement moyen sur l’ensemble de la plage de charge, une distinction plus exigeante que le classement 80 PLUS classique, qui ne mesure que trois points de charge fixes.
Rendement à faible charge
| Charge | Rendement |
|---|---|
| 40 W | 81,69 % |
| 60 W | 86,48 % |
| 80 W | 88,76 % |
Dépasser les 80 % de rendement dès 40 W est un résultat remarquable, surtout pour un format SFX. Un PC au repos ou en bureautique, qui consomme typiquement entre 40 et 80 W, gaspillera très peu d’énergie en chaleur.
Ondulation résiduelle sur le rail 12 V
| Charge | Ondulation mesurée |
|---|---|
| 10 % (85 W) | 12,4 mV |
| 25 % (212,5 W) | 14,6 mV |
| 50 % (425 W) | 16,3 mV |
| 75 % (637,5 W) | 18,2 mV |
| 100 % (850 W) | 27,9 mV |
L’ondulation résiduelle (le « bruit » électrique superposé à la tension continue) reste contenue sur toute la plage de fonctionnement. Jusqu’à 75 % de charge, les valeurs oscillent entre 12 et 18 mV, très en dessous de la limite de 120 mV autorisée par la norme ATX. Même à pleine charge, les 27,9 mV mesurés restent dans une zone confortable. Un courant aussi propre contribue à la longévité des composants et peut même offrir une petite marge supplémentaire pour l’overclocking.
Nuisances sonores
| Charge | Niveau sonore | Vitesse ventilateur |
|---|---|---|
| 10 % (85 W) | 30,0 dBA | 0 tr/min |
| 25 % (212,5 W) | 30,0 dBA | 0 tr/min |
| 50 % (425 W) | 33,7 dBA | 1 350 tr/min |
| 75 % (637,5 W) | 37,5 dBA | 2 200 tr/min |
| 100 % (850 W) | 41,6 dBA | 3 150 tr/min |
Le ventilateur de 92 mm à roulement fluido-dynamique (signé Hong Hua) reste totalement à l’arrêt jusqu’à environ 30 % de charge grâce au mode semi-passif. Jusqu’à mi-charge, le bruit produit se confond avec celui d’un environnement calme, autour de 33 dBA, soit le niveau d’une pièce silencieuse.
La situation change au-delà de 75 % de charge. Le ventilateur monte alors à plus de 2 200 tr/min et le volume atteint 37,5 dBA, un seuil nettement perceptible. À pleine puissance, les 41,6 dBA deviennent franchement audibles, même dans un boîtier fermé. C’est le revers de la médaille du format SFX : un ventilateur de 92 mm doit tourner beaucoup plus vite qu’un modèle de 120 ou 140 mm pour brasser un volume d’air équivalent dans un espace confiné.

Un conseil pratique : dimensionner son alimentation avec une marge confortable. Avec une configuration qui tire 500 à 600 W en pointe, ce qui correspond à une RTX 5080 associée à un processeur récent, le ventilateur reste dans sa plage de fonctionnement silencieuse la plupart du temps.
La certification Cybenetics A- attribuée à ce modèle confirme que, sur un profil de charge réaliste, le niveau sonore moyen tourne autour de 25-30 dBA, un résultat tout à fait correct pour cette catégorie.
NZXT C850 SFX Gold : mon avis
Le NZXT C850 SFX Gold remplit son contrat avec une certaine élégance. Dans un volume réduit de plus de 40 % par rapport à une alimentation ATX standard, il parvient à offrir des performances électriques solides, une compatibilité avec les dernières normes d’alimentation GPU, et une qualité de fabrication rassurante portée par une garantie de dix ans.
Le rendement se hisse au niveau Cybenetics Platinum, la régulation de tension reste exemplaire, et la gestion du câblage a été pensée pour les contraintes spécifiques des petits boîtiers. Les compromis existent, un niveau sonore élevé à forte charge, l’absence de bouton d’arrêt, un seul connecteur CPU, mais ils sont cohérents avec le positionnement et le format du produit.

