
Un chargeur de bureau avec un écran intégré, voilà qui pouvait sembler relever du superflu. Sur le papier, l’idée paraît même un brin gadget. Pourtant, après plusieurs semaines d’utilisation, cette station de charge Anker Prime 250W à six ports parvient à transformer un objet ordinairement invisible en un véritable outil de gestion énergétique. À condition d’accepter d’y mettre le prix.
Design : du haut de gamme
Avec ses dimensions contenues (106,2 × 40,1 × 92,5 mm pour 640 g), la station Anker Prime se glisse sans difficulté sous un rehausseur d’écran ou sur une petite étagère de bureau. Le boîtier arbore des lignes sobres et un profil bas qui ne jurent pas dans un environnement de travail soigné. On apprécie d’ailleurs le câble d’alimentation amovible à l’arrière : un détail bienvenu pour ceux qui aiment faire passer leurs câbles à travers un passe-fil ou un trou de bureau.

La face avant concentre l’essentiel : quatre ports USB-C alignés sous un petit écran couleur, tandis que les deux ports USB-A se logent sur le côté, accompagnés d’une molette de navigation. Cette dernière permet de parcourir les différents menus, priorité de port, luminosité de l’écran, extinction individuelle des sorties, sans avoir besoin de sortir son téléphone.

L’écran, justement, constitue le marqueur distinctif du produit. Il affiche en permanence la puissance délivrée à chaque port USB-C ainsi que la consommation totale de la station. La définition n’a rien d’exceptionnel, mais la lisibilité reste tout à fait correcte au quotidien.

De petites animations accompagnent le branchement des appareils, ce qui confère une touche de personnalité plutôt réussie à l’ensemble. Seul bémol : le chargeur est pensé pour une utilisation exclusivement horizontale. Rien n’empêche de le poser verticalement, mais l’affichage se retrouve alors orienté de travers.
Performances de charge
La puissance combinée de 250 W se répartit entre les six ports selon le nombre d’appareils connectés. Branché seul, un appareil peut recevoir jusqu’à 140 W, largement de quoi alimenter un ordinateur portable exigeant comme un MacBook Pro 16 pouces. Avec deux appareils, la répartition grimpe à 140 W + 100 W.
En charge maximale sur les six ports, la distribution passe à 70 + 70 + 45 + 30 + 15 + 15 W, ce qui reste suffisant pour couvrir un bureau complet : deux ordinateurs portables, deux smartphones, une paire d’écouteurs sans fil et une tablette, par exemple.

En pratique, pousser la station dans ses retranchements s’avère d’ailleurs assez difficile. Lors de tests impliquant deux MacBook Pro, deux smartphones Pixel et des écouteurs branchés simultanément, le plafond des 250 W n’a jamais été atteint. Pour donner un ordre de comparaison, c’est à peu près l’équivalent de ce que consomment deux lampes à LED professionnelles de studio fonctionnant à pleine puissance, un scénario qu’elle gère sans broncher.

Quatre modes de fonctionnement sont proposés. Le mode par défaut, baptisé « AI Power Mode », s’appuie sur un algorithme pour répartir automatiquement la puissance en fonction des besoins de chaque appareil. En parallèle, le mode « Port Priority » permet de donner la préférence à un appareil précis, pratique quand on veut récupérer un smartphone à 100 % avant une réunion.
Le mode « Dual-Laptop » optimise la charge simultanée de deux ordinateurs portables, tandis que le mode « Low Current » (courant faible) convient aux petits accessoires comme des montres connectées ou des bracelets d’activité, qui n’ont besoin que d’un filet d’énergie. La plupart des utilisateurs pourront toutefois se contenter du mode automatique, dont la gestion s’est révélée suffisamment transparente pour qu’on oublie sa présence.
Connectivité : ultra complète
Au-delà de la molette physique, la station Anker Prime se pilote aussi depuis l’application mobile Anker, accessible en Bluetooth ou en Wi-Fi. L’application offre un tableau de bord en temps réel de la puissance délivrée à chaque port, la possibilité de programmer des plages d’allumage et d’extinction, et le réglage de la luminosité de l’écran.

On peut également personnaliser l’affichage avec un économiseur d’écran en forme d’horloge, décliné en plusieurs designs. Un détail plus anecdotique mais amusant : Anker a dissimulé des « fonctions secrètes », une série de petites animations qui se débloquent en accomplissant des actions cachées, comme activer et désactiver dix fois de suite la priorité de port. Ce n’est pas un argument d’achat, mais cela traduit un soin apporté à l’expérience utilisateur qu’on voit rarement sur ce type de produit.

L’intérêt le plus concret de cette connectivité reste la surveillance à distance de la consommation. Dans un contexte où le prix du kilowattheure en Europe a sensiblement augmenté ces deux dernières années, pouvoir constater qu’un ordinateur portable en veille tire encore une dizaine de watts en continu incite à débrancher ce qui ne sert pas. L’un des testeurs rapporte avoir modifié ses habitudes de débranchement après avoir visualisé ces données pendant quelques jours, un bénéfice inattendu pour un simple chargeur.
Anker Prime Charger 250W : mon avis
L’Anker Prime 250W fait partie de ces produits qui transforment un objet banal en quelque chose de véritablement réfléchi. L’écran, loin d’être le gadget qu’on pouvait craindre, s’impose rapidement comme un outil utile au quotidien. La puissance de charge couvre sans peine les besoins d’un bureau bien équipé, et les options de personnalisation, modes de charge, application compagnon, priorité de port, ajoutent une couche de contrôle appréciable.
Le prix, aux alentours de 169,99 €, reste le principal frein. D’autant qu’Anker propose elle-même une alternative à 200 W sans écran pour moitié moins cher, et que des concurrents comme Ugreen affichent 300 W pour une quarantaine d’euros de moins. La question se résume donc à la valeur que vous accordez à l’écran de contrôle et à la gestion intelligente de la charge. Pour un bureau où cohabitent cinq ou six appareils au quotidien, l’investissement se justifie pleinement. Pour recharger un téléphone et une paire d’écouteurs, c’est clairement surdimensionné.

