
Un maker a poussé à l’extrême le concept de l’ordinateur compact en construisant un prototype qui respecte les dimensions réelles d’une carte de crédit, soit environ 85,6 x 54 mm pour 1 mm d’épaisseur.
Là où des cartes comme le Raspberry Pi se contentent d’en imiter le format en surface, ce projet va jusqu’à respecter la contrainte d’épaisseur. Le résultat est un ordinateur autonome, alimenté uniquement par sa batterie interne, sans aucune alimentation externe.
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Ce que contient ce millimètre d’épaisseur
Malgré ses dimensions extrêmes, le prototype embarque un ensemble de composants fonctionnels. On y trouve un microcontrôleur ESP32-C3FH4 avec Wi-Fi et Bluetooth Low Energy, une puce NFC capable de lire et d’écrire des données, un écran e-paper de 1,54 pouce en résolution 200 x 200 pixels, un accéléromètre, ainsi qu’une batterie LiPo fine avec circuit de charge intégré.

L’ensemble forme un système informatique à part entière, au sens technique du terme. Le concepteur reconnaît lui-même que le mot « ordinateur » est peut-être un peu ambitieux, mais il entre dans la définition formelle.
Un problème mécanique plus qu’électronique
Trouver des composants suffisamment petits n’a pas été l’obstacle principal. C’est la stabilité mécanique qui a mobilisé l’essentiel des efforts, pendant plusieurs mois de travail.
À cette échelle, la fatigue des matériaux, la distribution des contraintes et les tolérances de fabrication deviennent des variables dominantes. Les connecteurs FPC standard se sont révélés inutilisables, obligeant le créateur à souder chaque fil individuellement sur des pastilles de 0,5 mm de pas. Il a également conçu et gravé lui-même son circuit imprimé flexible, un processus qu’il a documenté sur son dépôt GitHub.
Plusieurs constats ont émergé au fil des essais : éviter les contraintes mécaniques est plus efficace que d’essayer d’y résister, et des composants annoncés comme « suffisamment fins » ne le sont plus une fois l’assemblage pris en compte.
Un projet motivé par le défi plus que par l’utilité
Le concepteur est transparent sur ses motivations. Ajouter seulement 0,5 mm d’épaisseur aurait considérablement simplifié la conception et économisé des mois de travail. Le choix de tenir dans 1 mm était avant tout une contrainte volontaire, guidée par le défi technique.
Le prototype reste fragile. La protection de la batterie et d’autres éléments de sécurité ne sont pas encore intégrés. Ce sont les prochaines étapes à résoudre avant d’envisager une version plus robuste.
Ce type de projet illustre comment des contraintes de format extrêmes font converger l’électronique, la mécanique et la chimie des matériaux en un seul problème d’ingénierie. La documentation complète du processus, incluant la fabrication du circuit flexible, est accessible publiquement sur GitHub.
Source : Reddit (r/electronics)

