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Meta forcé d'ouvrir WhatsApp aux chatbots IA concurrents par l'UE

Charles Gouin-Peyrot

Publié le 11 juin 2026 · 2 min de lecture

Meta forcé d'ouvrir WhatsApp aux chatbots IA concurrents par l'UE

La Commission européenne a ordonné à Meta de rouvrir son API WhatsApp Business aux assistants IA tiers, et ce gratuitement. Cette décision intervient dans le cadre d'une enquête antitrust ouverte fin 2024 sur les pratiques du groupe américain.

Depuis au moins 2023, Meta occupe une position dominante sur le marché européen de la messagerie instantanée. C'est sur cette base que la Commission justifie son intervention.

Une politique jugée anticoncurrentielle

En octobre 2025, Meta a modifié les conditions d'accès à son API WhatsApp Business en excluant les chatbots IA tiers. Seul Meta AI pouvait désormais interagir avec le service, là où d'autres assistants permettaient auparavant aux entreprises d'envoyer des notifications automatiques comme des alertes de commande.

WhatsApp logo sur écran de smartphone posé sur bureau en bois
Photo : BM Amaro (pexels)

La Commission européenne a ouvert une enquête antitrust sur cette décision en décembre 2025, puis a averti Meta en début d'année qu'elle envisageait des mesures provisoires. L'institution considère que le groupe abuse de sa position dominante en bloquant l'accès de ses concurrents à une infrastructure qu'il contrôle.

En mars 2026, Meta a tenté une concession en proposant un accès payant aux assistants IA tiers. La Commission n'a pas retenu cette alternative, estimant qu'elle ne valait pas mieux que l'interdiction initiale.

Une urgence liée à la vitesse du marché

La décision impose à Meta de rétablir les conditions d'accès telles qu'elles existaient avant octobre 2025. La mesure provisoire restera en vigueur jusqu'à la conclusion de l'enquête.

WhatsApp écran d'accueil sur smartphone, application Meta messagerie
Photo : Rahul Shah (pexels)

Teresa Ribera, commissaire européenne chargée de la concurrence, a justifié l'urgence de l'intervention en soulignant que dans des marchés en évolution rapide, les positions concurrentielles peuvent se figer bien avant qu'une décision définitive soit rendue. Elle a également indiqué que les tarifs demandés par Meta pour l'accès payant lui semblaient trop élevés.

Meta a annoncé son intention de contester la décision. Le groupe estime que l'ordre de la Commission constitue un excès de régulation, et que l'appliquer reviendrait à offrir un accès gratuit à son infrastructure à certaines des plus grandes entreprises mondiales.

Un précédent pour l'IA sur les plateformes dominantes

Cette affaire illustre une tension croissante entre les grandes plateformes numériques et les régulateurs européens sur le contrôle des points d'accès à l'IA. WhatsApp, utilisé par des centaines de millions de personnes en Europe, représente un canal commercial majeur pour les entreprises.

En conditionnant l'accès à cet outil à l'utilisation exclusive de son propre assistant IA, Meta s'expose à la qualification d'abus de position dominante au sens du droit européen de la concurrence. L'issue de l'enquête pourrait établir un cadre de référence pour d'autres situations similaires impliquant des plateformes qui développent simultanément des services IA et contrôlent leur distribution.

Source : Engadget

L'auteur

Charles Gouin-Peyrot

Journaliste tech et testeur indépendant, je décrypte la tech grand public. Spécialisé dans le hardware, l'audio et la maison connectée, je mets ma rigueur technique et mon expérience de formateur au service de mes tests. Mon objectif est simple : dépasser les fiches techniques pour vous livrer des analyses transparentes, impartiales et ancrées dans un usage 100 % réel.