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Jeff Bezos investit 500 millions de dollars pour décoder l'algorithme du cerveau

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Publié le 05 June 2026 · 3 min de lecture

Architecture cerveau numérique IA en modèle 3D wireframe violet
Photo : Google DeepMind (pexels)

Jeff Bezos a investi dans une startup qui veut repenser les fondements de l'intelligence artificielle en s'inspirant du cerveau humain. La société, baptisée Flourish, a réuni 500 millions de dollars auprès de plusieurs investisseurs, dont Google Ventures et Lux Capital.

Flourish est fondée par Thomas Reardon, neuroscientifique et entrepreneur en série, et Rob Williams, ancien cadre d'Amazon en charge de produits comme Alexa. Leur point de départ : les grands modèles de langage consomment trop d'énergie et n'apprennent plus une fois entraînés.

Algorithme cerveau humain connexions neuronales colorées abstraites
Photo : Google DeepMind (pexels)

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Le problème que Flourish veut résoudre

Un cerveau humain traite l'information avec environ 20 watts. Une seule puce dans un cluster d'entraînement IA en consomme plus de 30 fois autant, et les infrastructures des grandes plateformes mobilisent des milliers de ces puces.

Au-delà de la consommation électrique, les modèles actuels ont une limite structurelle : ils ne peuvent pas apprendre en continu. Une fois l'entraînement terminé, leurs connaissances sont figées. Reardon souligne qu'un enfant acquiert la maîtrise du langage avec quelques centaines de milliers d'énoncés, là où un modèle de langage ingère la quasi-totalité de ce que l'humanité a écrit.

L'objectif déclaré de Flourish est de concevoir un système d'IA fonctionnant sur 50 watts ou moins, capable d'apprentissage continu et d'adaptation à son environnement, sur le modèle du cerveau humain.

Une équipe de neuroscientifiques et de chercheurs en IA

Pour y parvenir, Flourish mise sur la collaboration directe entre chercheurs en IA et neuroscientifiques. Ces derniers conduisent des expériences en laboratoire, équipés notamment de microscopes électroniques, pour analyser l'architecture cérébrale à un niveau fin.

Cerveau artificiel translucide avec réseau de connexions neuronales IA
Photo : Google DeepMind (pexels)

L'équipe se concentre en particulier sur les colonnes corticales, décrites par un chercheur de la société comme l'unité de calcul fondamentale du cerveau. Joshua Vogelstein, cofondateur de Flourish, a récemment coécrit une étude montrant que le réseau neuronal d'une mouche du vinaigre est dix fois plus efficace que le transformer, l'architecture centrale des grands modèles de langage.

Greg Wayne, chercheur de longue date chez DeepMind et responsable du projet Astra de Google, a rejoint Flourish à hauteur de 20 % de son temps de travail, avec l'accord du PDG de DeepMind, Demis Hassabis.

Un secteur en pleine effervescence

Flourish n'est pas seule sur ce terrain. Plusieurs acteurs explorent des approches dites neuromorphiques : Cortical Labs combine des neurones cultivés en laboratoire avec des puces en silicium, tandis que Sam Altman soutient Merge Labs, dont la mission affichée est de rapprocher intelligence biologique et artificielle.

IBM et Intel ont déjà mis sur le marché des puces neuromorphiques inspirées du cerveau, mais sans percer face à la domination des architectures transformer. Le terme neuromorphique circule depuis des décennies dans les laboratoires, avant d'être éclipsé par la montée en puissance des LLM.

Flourish prévoit de dégager des revenus à court terme en commercialisant des modèles intermédiaires, notamment un système de mémoire inspiré de l'hippocampe, conçu pour permettre un apprentissage sans entraînement massif. La valorisation de la société est estimée à 2,5 milliards de dollars à ce stade, alors que ses laboratoires new-yorkais viennent à peine d'ouvrir leurs portes.

Source : Wired