Test Roborock QRevo Curv 2 Flow : adieu les pads rotatifs, il passe enfin au rouleau serpillère
charles
Publié le 03 June 2026 · 8 min de lecture
Avec le Qrevo Curv 2 Flow, la marque franchit enfin ce cap. C'est la première fois qu'elle adopte un rouleau autonettoyant à la place de ses traditionnels patins rotatifs, et elle le fait avec un certain niveau d'ambition. Présenté au CES 2026, ce robot affiche 20 000 Pa d'aspiration, un rouleau SpiraFlow de 270 mm, une station multifonction complète, et un tarif à 899 €. Assez pour concurrencer des appareils déjà bien rodés sur ce terrain ? On a passé l'appareil au crible.
Design et conception
Le Qrevo Curv 2 Flow reprend les codes visuels de la gamme Curv : boîtier blanc brillant, lignes épurées, station incurvée qui donne son nom à la série. L'ensemble est bien fini et ne dépare pas dans un salon.

La station multifonction, de format imposant mais bien pensé, intègre un réservoir d'eau propre de 4 litres, un bac d'eau sale de 3,5 litres et un sac à poussière de 2,5 L sous un double couvercle magnétique. L'accès à ces différents compartiments est facile et sans manipulation fastidieuse.

Le cœur du produit, c'est son système SpiraFlow : un rouleau de lavage de 270 mm de large, tournant à 220 tours par minute, alimenté en permanence par de l'eau propre via plusieurs buses. Un mécanisme de raclette récupère l'eau sale dans un réservoir dédié plutôt que de la laisser sur le sol. En théorie, c'est nettement plus hygiénique qu'un disque rotatif. En pratique, ça l'est aussi : le rouleau est continuellement rincé pendant l'utilisation, ce qui maintient une efficacité constante tout au long du passage.

Le rouleau peut s'étendre latéralement pour mieux couvrir les plinthes, et se relève automatiquement de 15 mm lors du passage sur moquette. Un Roller Shield s'interpose alors devant lui pour éviter d'humidifier les fibres. Ce mécanisme est fiable et appréciable dans les logements mixant sols durs et tapis.

Là où le bât blesse, c'est la hauteur. Avec 11,9 cm au total, la tourelle LiDAR étant fixe et non rétractable, le Curv 2 Flow est l'un des robots les plus hauts du marché sur ce segment. À titre de comparaison, son cousin le Curv 2 Pro s'en sort avec seulement 7,98 cm grâce à son LiDAR escamotable.

Cette différence de plus de 4 cm est loin d'être anodine : de nombreux canapés ou tables basses lui resteront inaccessibles. Autre manque : aucune des deux brosses latérales n'est extensible pour atteindre les coins et les bords sans que le robot s'en approche au plus près.
Performances d'aspiration
Le Qrevo Curv 2 Flow affiche une puissance d'aspiration de 20 000 Pa. C'est correct, mais inférieur aux 25 000 Pa du Curv 2 Pro. Dans les faits, sur sols durs, ça ne se ressent pas vraiment au quotidien : poussières, cheveux longs, poils d'animaux, tout y passe proprement. La brosse principale double anti-enchevêtrement fait son office de manière fiable, une habitude bien ancrée chez Roborock.

Sur tapis, en revanche, les résultats sont plus nuancés. Le robot ne ramasse pas toujours tout en un seul passage, et le boost automatique de puissance lors de la détection d'une moquette se déclenche avec un léger temps de retard. On reste dans des résultats acceptables, mais pas dans l'excellence que l'on pourrait attendre à ce niveau de prix.

La navigation LiDAR PreciSense est méthodique et précise. Le robot couvre les zones de manière systématique et revient à la station proprement en fin de cycle. La détection d'obstacles via le système Reactive AI, épaulé par une caméra RVB et une lumière structurée, reconnaît plus de 200 types d'objets, de jour comme de nuit. Dans les tests, de rares frottements ont été observés contre des pieds de chaise de couleur sombre, mais cela reste marginal. On note également que l'absence de brosses latérales extensibles limite légèrement la propreté en bordure de meubles.
Performances de lavage
Le rouleau SpiraFlow, avec ses 15 newtons de pression au sol (soit environ 1,5 kg), offre un appui nettement supérieur à celui des simples disques rotatifs. Sur les sols encrassés du quotidien, traces de pas, projections alimentaires légères, il s'en sort bien mieux qu'un système de serpillières vibrantes ou rotatives classiques. Le fait que l'eau propre soit injectée en continu par plusieurs buses, et que l'eau sale soit immédiatement récupérée par un système de raclette, garantit que le sol n'est pas simplement déplacé d'une zone à l'autre.

La technologie DirTect permet au robot d'identifier le type de saleté rencontré et d'adapter son comportement. Sur les taches liquides, un mode Mop-Only dédié donne de bons résultats.
Cela dit, les taches incrustées et les saletés séchées résistent. Un seul passage ne suffira pas toujours à les éliminer, et un vrai gros nettoyage manuel restera parfois nécessaire pour les salissures tenaces. C'est une limite commune à la catégorie, mais à 899 €, on aurait pu espérer un peu mieux. L'absence de compartiment à détergent est également regrettée : le rouleau nettoie à l'eau uniquement, ce que certains concurrents ont déjà résolu.
Application et fonctionnalités
L'application Roborock reste l'une des meilleures du secteur. La mise en route est simple : scan du QR code sous le couvercle magnétique, connexion Wi-Fi, cartographie initiale, le tout en une dizaine de minutes, sans accroc. La carte générée dès le premier passage est précise, avec des pièces bien délimitées et peu de retouches nécessaires.


Les réglages disponibles sont nombreux et vraiment utiles : puissance d'aspiration sur quatre niveaux, humidité du rouleau ajustable sur 30 niveaux, choix entre passage simple ou double, et plusieurs modes de nettoyage (aspiration seule, aspiration puis lavage, aspiration et lavage simultanés). On apprécie cette granularité, même si l'absence d'un mode "lavage seul" est étonnante pour un robot qui se positionne justement sur ses capacités de lavage.




L'intégration avec SmartPlan 3.0 permet d'adapter automatiquement les routines selon les pièces, les habitudes et les horaires. L'appareil est compatible avec Google Assistant, Alexa et Siri, et peut être intégré dans des automatismes domotiques plus larges. La carte multi-étages supporte jusqu'à 4 niveaux.
Autonomie : c'est excellent
Sur ce point, le Qrevo Curv 2 Flow marque clairement des points. Avec une autonomie théorique de 240 minutes, la batterie couvre sans difficulté des surfaces de plus de 100 m² en un seul cycle. Dans les tests pratiques sur 50 m² en mode standard, le robot retourne à sa base avec encore environ 60 % de charge restante. L'autonomie n'est donc pas un problème, même dans les grands logements.

La recharge complète prend environ 3 heures, et le robot reprend automatiquement là où il s'était arrêté en cas de batterie faible lors d'un grand nettoyage.
Comment entretenir mon Qrevo Curv 2 Flow ?
La station multifonction automatise l'essentiel des tâches d'entretien. Au retour du robot, elle vide le bac à poussière automatiquement, rince le rouleau à 75 °C (ce qui permet d'éliminer les graisses et jusqu'à 99 % des bactéries selon Roborock), puis le sèche à 55 °C à l'air chaud pour limiter humidité, moisissures et odeurs. Le sac à poussière de 2,5 L offre une autonomie d'environ 65 jours selon l'utilisation.

Le rouleau, le Roller Shield et le réservoir d'eau sale sont facilement démontables pour un entretien manuel occasionnel. Le moteur est articulé pour faciliter l'accès. En pratique, l'entretien est peu contraignant.
Le seul bémol notable : le bruit de la station pendant la phase de séchage. Mesuré à environ 45 dB à un mètre, c'est nettement plus audible que chez certains concurrents. Le séchage dure environ 3 heures à faible régime, ce qui peut devenir gênant si la station est placée dans une pièce à vivre.
Mon avis sur le Roborock Qrevo Curv 2 Flow
Le Roborock Qrevo Curv 2 Flow est une première incursion solide dans le segment des robots à rouleau, mais qui révèle aussi les limites d'un premier essai. L'application, la navigation, l'autonomie et la station multifonction sont à la hauteur des standards premium de la marque.
Le rouleau SpiraFlow apporte une réelle valeur ajoutée pour le lavage quotidien des sols durs. Mais la hauteur pénalisante, les performances d'aspiration légèrement en retrait du modèle Pro, l'absence de brosses extensibles et le bruit de séchage laissent penser que Roborock a encore une marge de progression sur ce format. Pour 899 €, c'est un bon robot, pas encore un excellent robot à rouleau.
- Rouleau SpiraFlow efficace sur les sols durs au quotidien
- Application très complète et intuitive
- Navigation LiDAR précise et cartographie rapide
- Station multifonction bien pensée (rinçage à 75 °C, séchage à 55 °C)
- Brosse anti-enchevêtrement fiable
- Hauteur de 11,9 cm pénalisante sous les meubles bas
- LiDAR non rétractable
- Brosses latérales non extensibles