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Personne n'avait anticipé ce lancement : la Chine dévoile une fusée réutilisable

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Publié le 03 June 2026 · 3 min de lecture

Personne n'avait anticipé ce lancement : la Chine dévoile une fusée réutilisable

La Chine a procédé lundi au lancement de la Longue Marche 12B, un nouveau lanceur orbital conçu dans une optique de réutilisabilité. L'événement n'avait fait l'objet d'aucune annonce officielle préalable, ce qui est inhabituel même pour un secteur spatial connu pour sa discrétion.

Ce lancement s'inscrit dans une compétition ouverte entre plusieurs acteurs chinois, publics et privés, qui cherchent à être les premiers à récupérer un premier étage orbital. L'issue de cette course reste incertaine, contrairement à ce qui s'était passé aux États-Unis.

Un contexte très différent de la compétition américaine

Aux États-Unis, SpaceX a posé pour la première fois un premier étage de Falcon 9 en 2015, puis l'a relancé un peu plus d'un an après. Il a fallu attendre près de dix ans pour qu'un concurrent réalise la même performance.

Personne n'avait anticipé ce lancement : la Chine dévoile une fusée réutilisable

Blue Origin a franchi cette étape en novembre dernier, en récupérant un premier étage de sa fusée New Glenn. Le même engin a été relancé en avril. La trajectoire américaine avait donc un leader évident dès le départ.

En Chine, la situation est plus ouverte. Plusieurs entreprises et organismes d'État disposent des capacités techniques pour réussir ce type de récupération dans l'année en cours. Aucune n'a encore pris une avance décisive.

Des tentatives récentes soldées par des échecs

En décembre, deux essais de récupération de premiers étages lourds ont échoué en l'espace de trois semaines. La société privée LandSpace a lancé sa fusée Zhuque-3 le 2 décembre. Le vol en lui-même s'est déroulé normalement, mais le premier étage s'est écrasé à proximité de sa zone d'atterrissage prévue, dans le désert de Gobi.

Personne n'avait anticipé ce lancement : la Chine dévoile une fusée réutilisable

Quelques semaines plus tard, la Longue Marche 12A, produit de l'Académie spatiale de Shanghai (une entité publique), a subi un résultat similaire lors de son premier vol d'essai. Ces deux échecs ont montré que la récupération d'un premier étage orbital reste un défi technique majeur, même pour des acteurs disposant de ressources conséquentes.

L'industrie d'État reprend l'avantage

Pendant un temps, les nouveaux entrants privés du secteur spatial chinois semblaient mieux placés pour décrocher la première récupération réussie d'un premier étage orbital. Leur agilité organisationnelle était perçue comme un atout face aux structures plus lourdes des entreprises d'État.

Le lancement de la Longue Marche 12B, portée par les ressources quasi illimitées de l'industrie aérospatiale nationale, modifie cette perception. L'engin est développé par l'Académie spatiale de Shanghai, qui dispose de moyens humains et financiers considérables pour accélérer son programme.

La course reste ouverte, mais l'appareil d'État chinois a clairement affiché sa volonté de ne pas laisser ce terrain aux seules entreprises privées. Le résultat des prochains vols d'essai déterminera quel camp franchira le premier ce cap technologique.

Source : Ars Technica