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L'UE dégaine son plan souveraineté tech pour rivaliser avec les géants américain

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Publié le 04 June 2026 · 4 min de lecture

L'UE dégaine son plan souveraineté tech pour rivaliser avec les géants américain

La Commission européenne a présenté un Paquet pour la Souveraineté Technologique Européenne, un ensemble de textes législatifs destinés à renforcer l'autonomie numérique du continent. L'objectif est de réduire la dépendance de l'Union vis-à-vis des fournisseurs étrangers dans des domaines jugés stratégiques.

Le paquet cible quatre secteurs prioritaires : les semi-conducteurs, l'intelligence artificielle, le cloud computing et les projets open-source. Il comprend deux propositions législatives formelles, ainsi qu'une feuille de route sectorielle pour l'énergie.

Un Chips Act renouvelé pour l'ère de l'IA

La première proposition est le Chips Act 2.0, une révision du texte adopté en 2023. À l'époque, cette législation répondait aux tensions identifiées dans la chaîne d'approvisionnement mondiale en composants électroniques.

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Photo : Alex Knight (pexels)

La version révisée introduit un label d'excellence pour les régions européennes spécialisées dans la fabrication de puces. Elle adopte une approche par écosystème, couvrant à la fois les composants dédiés à l'IA et les puces grand public. L'ambition affichée est de rapprocher les fabricants de leurs clients finaux, notamment les opérateurs de centres de données et les fournisseurs de services cloud.

Le Cloud and AI Development Act pour tripler les capacités

La seconde proposition, le Cloud and AI Development Act, fixe un objectif concret : tripler la capacité des centres de données en Europe dans un délai de cinq à sept ans. Ce texte s'inscrit dans la stratégie Apply AI de l'Union, qui vise à accélérer l'adoption de l'IA dans les États membres.

Le texte prévoit une simplification des conditions de déploiement des centres de données sur le territoire européen. Un cadre commun sera mis en place pour garantir la souveraineté des données sensibles, tout en facilitant le déploiement des technologies cloud et IA avancées. La Commission précise que ces ambitions numériques devront rester compatibles avec les engagements climatiques de l'Union.

Le paquet inclut également un soutien renforcé aux projets open-source dans les domaines de l'IA et de la cybersécurité. L'Union prévoit d'investir dans la formation de compétences et d'amplifier des initiatives existantes comme l'Open Internet Stack.

Énergie et numérique : une feuille de route commune

Le troisième volet du paquet est une feuille de route stratégique consacrée à la numérisation et à l'IA dans le secteur énergétique. Elle engage la Commission à favoriser la coopération entre les secteurs de l'énergie et du numérique.

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Photo : Kindel Media (pexels)

Les modèles d'IA entraînés sur des données européennes et développés par des entreprises du continent seront mis à contribution pour moderniser les infrastructures électriques. La Commission entend également accélérer le déploiement de compteurs intelligents. Tout nouveau centre de données raccordé au réseau devra l'être de façon transparente et durable.

Un contexte de rupture avec les fournisseurs non européens

Ces propositions seront désormais examinées par le Parlement européen et le Conseil de l'Union. La Commission consultera également les États membres et la Banque européenne d'investissement pour définir les modalités de financement du paquet.

Ce texte s'inscrit dans un mouvement plus large observable depuis le début de l'année 2026. La France a annoncé en janvier l'abandon de Zoom et Microsoft Teams au profit d'une solution nationale pour l'ensemble de ses services de l'État. Elle a aussi engagé une transition de Windows vers Linux sur ses postes de travail. De son côté, le Parlement européen envisage de remplacer Google par le moteur de recherche français Qwant comme option par défaut sur ses navigateurs internes.

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a résumé l'enjeu en soulignant que l'Europe ne peut pas se permettre de dépendre d'autres pour les technologies qui font fonctionner ses hôpitaux, stabilisent ses réseaux électriques et sécurisent ses services.

Source : Engadget