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Des employés d'Amazon affrontent leur propre employeur sur les data centers

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Publié le 04 June 2026 · 3 min de lecture

Camion Amazon Prime devant les Spheres du siège Amazon à Seattle

Deux ingénieurs d'Amazon ont pris la parole publiquement lors d'une réunion du conseil municipal de Seattle, mercredi, pour demander un encadrement légal de la construction de data centers. C'est la première fois, selon des organisateurs syndicaux impliqués dans le dossier, que des salariés d'une grande entreprise technologique formulent une telle demande aussi ouvertement et en leur propre nom.

Les deux employés, Liesl Wigand et Patrick Schloesser, font partie du collectif Amazon Employees for Climate Justice, actif depuis plusieurs années sur les questions environnementales liées aux activités du groupe.

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Des demandes concrètes adressées aux élus

Lors de l'audition publique, Liesl Wigand, ingénieure senior, a défendu l'idée que les collectivités locales devraient fixer les conditions d'implantation des data centers. Elle a mis en garde contre une course à l'IA qui sacrifierait les intérêts de Seattle.

Véhicule Amazon Prime livraison devant siège social Seattle

Patrick Schloesser, présent chez Amazon depuis près de six ans, a formulé des propositions plus précises. Il a demandé que les data centers produisent davantage d'énergie renouvelable qu'ils n'en consomment, qu'ils contribuent au stockage d'énergie pour le réseau électrique, et qu'une taxe soit imposée aux entreprises technologiques. Il a également réclamé la création de comités de sécurité pilotés par les travailleurs, chargés de signaler à la ville les outils d'IA jugés problématiques.

Schloesser a aussi fait valoir que la forte demande des entreprises technologiques pour s'installer à Seattle donnait à la ville un levier de négociation réel.

Seattle envisage un moratoire d'un an

Seattle étudie actuellement la possibilité d'instaurer un moratoire d'un an sur la délivrance de permis pour les data centers, afin de se donner le temps d'élaborer une réglementation. La ville ne dispose d'aucune règle spécifique à ce type d'infrastructure pour l'instant.

Plusieurs entreprises ont manifesté leur intérêt pour des installations à grande échelle dans la région. Leur arrivée pourrait faire grimper les prix de l'eau et de l'électricité pour les habitants, et augmenter les émissions de carbone, selon des documents municipaux. La commission urbanisme et développement durable du conseil a voté mercredi pour faire avancer la proposition de moratoire.

Camion Amazon livraison Prime slogan ASAP centre-ville Seattle

Environ trente membres du public se sont exprimés lors de cette séance, dont d'anciens travailleurs du secteur technologique. La majorité s'est prononcée en faveur du moratoire. Les deux ingénieurs d'Amazon n'ont pas explicitement soutenu la pause, mais ont insisté sur la nécessité de fixer des règles claires pour l'ensemble de l'industrie.

Un mouvement qui prend de l'ampleur dans la tech

La démarche s'inscrit dans une contestation plus large au sein des grandes entreprises numériques américaines. En 2024, plus de mille salariés d'Amazon avaient signé anonymement une lettre ouverte critiquant l'approche jugée trop agressive du groupe en matière de développement de l'IA. Chez Microsoft, des employés ont exprimé des inquiétudes sur l'utilisation de l'IA dans le secteur pétrolier et gazier.

Des salariés de Meta ont récemment protesté contre l'installation d'un logiciel de suivi sur leurs ordinateurs portables pour entraîner des systèmes d'IA. Au Royaume-Uni, des employés de Google ont fondé un syndicat cette année, en partie pour s'opposer à des contrats militaires liés à l'IA.

Amazon n'a pas répondu aux sollicitations avant la publication de l'article original. Un ancien manager d'Amazon interrogé par Wired s'est demandé pourquoi ces installations devraient être construites en zone urbaine, alors que les technologies actuelles permettent de les éloigner des centres-villes.

Source : Wired