Après l'Australie, d'autres pays bannissent les réseaux sociaux pour mineurs
Charles Gouin-Peyrot
Publié le 12 juin 2026 · 3 min de lecture
L'Australie a été le premier pays au monde à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 16 ans, en décembre 2025. Cette décision a enclenché une dynamique mondiale, poussant de nombreux gouvernements à proposer ou adopter des mesures comparables.
Les motivations avancées convergent largement : cyberharcèlement, dépendance, effets sur la santé mentale et exposition à des comportements prédateurs. Des voix critiques, dont l'organisation Amnesty Tech, estiment toutefois que ces interdictions sont peu efficaces et ne tiennent pas compte des usages réels des jeunes générations.
Ce que l'Australie a mis en place
La loi australienne bloque l'accès des mineurs de moins de 16 ans à des plateformes comme Facebook, Instagram, TikTok, Snapchat, X, Reddit, Twitch et Kick. WhatsApp et YouTube Kids ne sont pas concernés par la mesure.
Les entreprises qui ne respectent pas la loi s'exposent à des amendes pouvant atteindre 49,5 millions de dollars australiens, soit environ 34 millions de dollars américains. Le gouvernement exige que les plateformes utilisent plusieurs méthodes de vérification de l'âge, sans se contenter d'une simple déclaration de l'utilisateur.
Europe : une législation en cours dans plusieurs pays
En France, les députés ont adopté en janvier un texte interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Le projet doit encore passer par le Sénat avant un vote définitif. Emmanuel Macron soutient la mesure, notamment pour limiter le temps d'écran excessif chez les jeunes.

Le Danemark prévoit une interdiction pour les moins de 15 ans, avec une entrée en vigueur possible dès mi-2026. Le ministère danois du numérique développe également une application de vérification de l'âge. L'Espagne, la Grèce, la Pologne, la Slovénie et l'Autriche travaillent sur des projets similaires, avec des seuils fixés entre 14 et 16 ans selon les pays.
En Allemagne, les conservateurs du chancelier Friedrich Merz ont évoqué en février une interdiction pour les moins de 16 ans. Les partenaires de coalition de centre-gauche se montraient cependant réticents à soutenir une interdiction totale. Au Royaume-Uni, le gouvernement consulte parents, jeunes et organisations civiles avant de trancher.
Au-delà de l'Europe : des initiatives en Asie et ailleurs
L'Indonésie a annoncé en mars une interdiction pour les moins de 16 ans, visant des plateformes comme YouTube, TikTok, Facebook, Instagram, Bigo Live et Roblox. La Malaisie prévoit de mettre en oeuvre une mesure identique dans le courant de l'année 2026.

La Turquie a franchi une étape supplémentaire en avril : le parlement a adopté un texte restreignant l'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Il revient désormais au président Recep Tayyip Erdogan de promulguer la loi.
Au Canada, un projet de loi sur la sécurité numérique introduit en juin prévoit une interdiction pour les moins de 16 ans, avec une possible dérogation pour les plateformes qui démontrent des politiques de protection des mineurs. Le processus législatif pourrait prendre encore un an.
Des questions sur l'efficacité et la vie privée
La vérification de l'âge soulève des préoccupations en matière de protection des données personnelles. Selon plusieurs organisations de défense des droits numériques, les systèmes envisagés impliquent une collecte d'informations sensibles sur des millions d'utilisateurs.
La question de l'efficacité reste également ouverte. Les critiques soulignent que les jeunes peuvent contourner ces restrictions via des VPN ou des comptes créés avec de fausses informations. Le suivi des effets concrets de la loi australienne, en vigueur depuis quelques mois seulement, sera déterminant pour la suite du débat à l'échelle internationale.
Source : TechCrunch
L'auteur
Charles Gouin-Peyrot
Journaliste tech et testeur indépendant, je décrypte la tech grand public. Spécialisé dans le hardware, l'audio et la maison connectée, je mets ma rigueur technique et mon expérience de formateur au service de mes tests. Mon objectif est simple : dépasser les fiches techniques pour vous livrer des analyses transparentes, impartiales et ancrées dans un usage 100 % réel.