Apple relance sa bataille judiciaire contre le leaker Jon Prosser
Charles Gouin-Peyrot
Publié le 12 juin 2026 · 3 min de lecture
Apple et Jon Prosser ont présenté une demande conjointe à un tribunal fédéral américain pour revenir sur le jugement par défaut prononcé contre le leaker en octobre 2025. En contrepartie, Prosser accepte de remettre les documents qu'il avait jusqu'ici refusé de fournir.
Cette procédure s'inscrit dans un litige ouvert en juillet 2025, après que Prosser a publié des vidéos montrant des rendus recréés du design Liquid Glass d'iOS 26, plusieurs mois avant l'annonce officielle d'Apple.
Les origines de l'affaire
Selon la plainte déposée par Apple, un complice de Prosser, Michael Ramacciotti, aurait accédé sans autorisation au téléphone d'un ingénieur logiciel d'Apple nommé Ethan Lipnik. Ramacciotti aurait ensuite montré à Prosser une version préliminaire du logiciel en échange d'une rémunération. Lipnik a été licencié dans la foulée.

Prosser n'a pas répondu dans les délais impartis à la plainte initiale, ce qui a conduit Apple à demander un jugement par défaut. Ce jugement a été prononcé en octobre 2025. Prosser avait alors indiqué être en contact avec Apple depuis le début de la procédure, sans que cela ne se traduise par une coopération concrète.
Une coopération longtemps insuffisante
Dans les mois qui ont suivi, la situation n'a guère évolué. Un rapport de statut conjoint déposé en avril 2026 faisait état de manquements persistants de la part de Prosser dans la communication de pièces demandées par Apple. Si certains documents avaient été transmis, d'autres requêtes étaient restées sans réponse.
Le comportement de Prosser contrastait nettement avec celui de Ramacciotti. Ce dernier avait accepté qu'Apple procède à une analyse forensique d'un appareil supplémentaire, complété ses réponses aux interrogatoires et proposé de se soumettre à une déposition complémentaire. Des discussions informelles en vue d'un règlement amiable auraient même été engagées entre Apple et Ramacciotti dès octobre 2025.

Prosser, lui, n'a mandaté un avocat que le 14 avril 2026. Apple lui avait pourtant adressé des assignations à comparaître dès janvier 2026, réclamant des documents et une déposition liés à ses accusations contre Ramacciotti.
Les termes du nouvel accord
La stipulation conjointe déposée le 9 juin 2026 prévoit que Prosser remette l'ensemble des documents demandés avant cette même date et se présente à une déposition au plus tard le 16 juin 2026. Apple considère que l'annulation du jugement par défaut constitue le moyen le plus efficace de faire avancer la procédure sans délai supplémentaire.
L'accord doit encore être approuvé par le tribunal fédéral du district nord de Californie. En cas de validation, Prosser disposera de dix jours pour déposer une réponse formelle à la plainte d'Apple. Ce serait pour lui la première occasion de contester officiellement les accusations portées à son encontre.
Un dossier toujours ouvert
L'issue du litige reste incertaine. Si le tribunal approuve la demande conjointe, Prosser entrera enfin dans une phase contradictoire, plus de onze mois après le dépôt de la plainte initiale. Apple, de son côté, maintient ses accusations de détournement de secrets commerciaux.
L'affaire illustre les tensions croissantes entre les grandes entreprises technologiques et les acteurs du milieu des fuites, dans un contexte où la protection des informations précommerciales devient un enjeu juridique de plus en plus sérieux.
Source : MacRumors
L'auteur
Charles Gouin-Peyrot
Journaliste tech et testeur indépendant, je décrypte la tech grand public. Spécialisé dans le hardware, l'audio et la maison connectée, je mets ma rigueur technique et mon expérience de formateur au service de mes tests. Mon objectif est simple : dépasser les fiches techniques pour vous livrer des analyses transparentes, impartiales et ancrées dans un usage 100 % réel.