
Après un premier Yuka Mini qui avait marqué les esprits l’an dernier, Mammotion remet le couvert avec une suite très attendue. La grande nouveauté de ce Yuka Mini 2 ? L’abandon du système RTK au profit d’une navigation LiDAR 360°, épaulée par une double caméra et une reconnaissance d’objets pilotée par l’IA. On a testé ici la version la plus complète de la gamme, le modèle 1000 m², capable de gérer les jardins les plus grands.
La gamme se décline aussi en versions 800 m² (un peu moins chère) et 500 m², cette dernière troquant le LiDAR contre une navigation uniquement basée sur la caméra. Alors, cette évolution suffit-elle à rester au sommet ? Réponse après plusieurs semaines de tonte.
Design du Yuka Mini 2
Pas de révolution côté look : le Yuka Mini 2 reprend le châssis et les lignes de son prédécesseur, mais abandonne la coque grise pour un plastique blanc brillant nettement plus élégant. Seul petit revers de cette nouvelle robe : elle a tendance à se salir vite après une session de tonte. Rien de dramatique cependant, puisque l’appareil est certifié IPX6 : un coup de tuyau d’arrosage ou une bonne averse suffit à lui redonner son éclat.

Sur le dessus, on trouve le traditionnel bouton STOP, entouré de quatre commandes rapides pour lancer la tonte, renvoyer le robot à sa base ou l’éteindre avant l’hivernage. Au centre, une molette permet de régler manuellement la hauteur de coupe, de 20 à 60 mm. C’est l’une des rares limites de l’engin : impossible de monter plus haut pour ménager le gazon en cas de forte sécheresse, même si ces valeurs conviendront à la grande majorité des pelouses.

Le bloc de navigation rassemble une double caméra 1080p et le capteur LiDAR 360°, ce dernier protégé par une sorte de cage pour éviter les chocs. Une LED complète l’ensemble pour les tontes en soirée. En soulevant le robot, on découvre un disque de coupe à cinq lames pivotantes pour une largeur de tonte de 190 mm (un jeu de lames de rechange est fourni).

Enfin, deux roues motrices à l’arrière et deux roues folles à l’avant assurent la mobilité, avec une capacité de franchissement annoncée jusqu’à 45 % de pente. Comptez environ 52 x 41 x 28 cm pour un poids d’à peu près 11 kg, ce qui reste facile à déplacer.
Configuration et cartographie
C’est l’un des gros points forts de ce robot : l’installation est à la portée de tous. Comptez une dizaine de minutes pour tout mettre en place, en suivant la documentation papier comme l’application. La station de charge se fixe au sol à l’aide des vis fournies.





Mammotion va jusqu’à glisser un tournevis dans la boîte, vous n’aurez même pas à sortir vos propres outils. On la pose de préférence sur une surface plane et dégagée, puis on connecte le robot à l’application mobile et au Wi-Fi domestique (uniquement en 2,4 GHz). Le Bluetooth suffit pour un usage local, mais une connexion Internet reste nécessaire pour le pilotage à distance et les mises à jour.
Grâce au LiDAR, la cartographie est simple et rapide. Deux méthodes sont proposées. Pour un jardin bien délimité par des murs ou des bordures nettes, le mode automatique laisse le robot analyser seul son environnement et tracer ses limites.

Pour les terrains plus complexes, mieux vaut opter pour la cartographie manuelle : on téléguide le robot le long des contours via un joystick virtuel, ce qui permet d’éviter précisément massifs de fleurs et zones sensibles.


Le système accepte jusqu’à 10 zones de tonte distinctes, reliées entre elles par des chemins appelés « corridors ». On peut aussi affiner la carte avec des limites virtuelles, des zones interdites ou des zones « sans arrêt ».
Performances et qualité de la tonte
C’est là que le Yuka Mini 2 brille vraiment. Sur terrain plat, la coupe est propre, nette et homogène. Le robot est consciencieux : il n’oublie pas les zones manquées et revient les traiter en fin de cycle. La navigation LiDAR se montre fiable, y compris à l’ombre ou dans des zones enclavées, et le robot adopte une trajectoire logique et optimisée plutôt que de repasser bêtement plusieurs fois au même endroit. Résultat : une tonte méthodique et un vrai gain de temps.

Côté terrain, il s’en sort avec les honneurs. Petites pentes, trous, zones meubles ou herbe légèrement humide : il se sort de la plupart des situations sans patiner, ses deux roues avant assurant une bonne stabilité. Il faut néanmoins garder à l’esprit qu’il ne s’agit pas d’un modèle à quatre roues motrices : les terrains vraiment accidentés ou très pentus pourront le mettre en difficulté, et il peut occasionnellement avoir besoin d’un coup de main pour sortir d’un mauvais pas.
La détection d’obstacles, qui s’appuie sur l’IA et la reconnaissance de plus de 300 objets, est convaincante mais pas infaillible. Un jouet coloré est repéré instantanément ; en revanche, des objets bas, fins ou peu contrastés (comme une gamelle métallique) peuvent passer entre les mailles du filet. Le robot se faufile dans des passages étroits dès 55 cm de large.

La vitesse de tonte tourne autour de 0,3 m/s, et peut grimper jusqu’à 0,6 m/s en automatique, voire 1,2 m/s en pilotage manuel. Seul vrai reproche récurrent : la coupe des bordures reste perfectible, même si le robot effectue une passe supplémentaire le long des périmètres en fin de cycle.
Des fonctionnalités à foison
L’application Mammotion est le cœur de l’expérience, et elle est très complète. On y règle l’angle de tonte (pour éviter de couper toujours dans le même sens), la sécurité de tonte nocturne, la charge pendant les heures creuses, l’ordre des itinéraires, et bien plus. Les utilisateurs les plus investis dans l’entretien de leur gazon y trouveront de quoi s’amuser.
Le revers de cette richesse, c’est une interface qui manque de clarté au départ. Certains réglages sont mal rangés ou peu intuitifs, il faut parfois fouiller une dizaine de minutes pour trouver une option. Par exemple, la vitesse de coupe ne se modifie qu’au lancement d’un cycle, via une fenêtre dédiée. La programmation de plages horaires, en revanche, est nettement plus simple à prendre en main. À noter aussi quelques déconnexions Wi-Fi agaçantes, parfois résolues uniquement en supprimant puis en rajoutant le réseau, un défaut déjà présent sur le premier Yuka Mini.



Parmi les fonctions sympas, le mode FPV permet de voir en direct ce que filme la caméra du robot, pratique pour le surveiller à distance. Le mode DropMow, lui, autorise une tonte immédiate sans cartographie : on pose le robot sur une zone, il travaille en lignes droites de façon autonome. Idéal pour un coin secondaire ou une retouche rapide. Enfin, le robot peut être équipé en option d’un module 4G pour rester pilotable même hors couverture Wi-Fi.
Une très bonne autonomie
Le Yuka Mini 2 1000 est la version la plus endurante de la gamme, grâce à sa batterie d’environ 6,1 Ah. Comptez une autonomie annoncée autour de 120 à 125 minutes de tonte par charge dans de bonnes conditions, soit environ 250 m² couverts avant un retour aux stands. La recharge prend un peu plus de deux heures (environ 135 minutes).
La gestion de l’énergie est intelligente : le logiciel calcule le niveau de batterie nécessaire pour finir le travail, et le robot reprend la tonte exactement là où il s’était arrêté après une recharge intermédiaire. Concrètement, pour un terrain de 200 m², il faut compter environ trois heures, recharge comprise. Si votre jardin approche les 1 000 m², prévoyez une grosse demi-journée, voire une journée entière, ou organisez la tonte par zones pour étaler le travail sur plusieurs jours.
Comment entretenir mon Yuka Mini 2 ?
L’entretien reste simple au quotidien. L’essentiel consiste à vérifier régulièrement l’état des cinq lames et à retirer les amas d’herbe ou petits débris qui peuvent s’accumuler. Le remplacement des lames se fait facilement, et un jeu de rechange est livré d’emblée. Pensez à porter des gants de protection lors de cette opération.

Pour le nettoyage du robot lui-même, sa certification IPX6 autorise un rinçage au tuyau d’arrosage, attention toutefois à ne pas employer de nettoyeur haute pression ni de solvants, et à toujours éteindre l’appareil au préalable. Un petit regret côté pratique : l’absence de brosse sur la base pour nettoyer automatiquement le LiDAR, qui demande donc un coup d’œil occasionnel pour rester performant. Côté tranquillité d’esprit, Mammotion affiche une garantie de 3 ans et un bon indice de réparabilité, ce qui n’est pas anodin sur ce type d’appareil.
Mon avis sur le Yuka Mini 2
Le Yuka Mini 2 ne réinvente pas la formule, mais il l’affine intelligemment. L’arrivée du LiDAR renforce nettement la précision de navigation, tout en conservant ce qui faisait la force du modèle précédent : une tonte propre, un comportement fiable et une installation à la portée de tous. Tout n’est pas parfait pour autant. L’application, riche mais confuse au départ, demande un temps d’adaptation, les déconnexions Wi-Fi persistent, la hauteur de coupe maximale est un peu juste et la cartographie n’est pas modifiable une fois créée.
Reste que pour un jardin jusqu’à 1 000 m², relativement plat et bien couvert par le Wi-Fi, ce robot s’impose comme l’une des propositions les plus solides du marché en 2026. Une évolution mesurée, mais largement assez convaincante pour rester une référence.

