
Le procès opposant Elon Musk à OpenAI a livré ses plaidoiries finales cette semaine. Les jurés doivent désormais déterminer si OpenAI a commis des fautes dans sa transformation en entité davantage orientée vers le profit.
Au-delà des arguments juridiques, la question de la crédibilité de Sam Altman a occupé une place centrale dans les derniers jours d’audience, soulevant des interrogations plus larges sur la transparence du secteur de l’intelligence artificielle.
Des déclarations devant le Congrès remises en question
L’avocat d’Elon Musk, Steve Molo, a interrogé Sam Altman sur des déclarations qu’il avait faites lors d’une audition au Congrès américain. Altman y avait affirmé ne détenir aucune participation au capital d’OpenAI.

Cette affirmation s’est révélée inexacte. Altman possède en réalité une part indirecte via Y Combinator, l’incubateur qu’il a dirigé. Pour sa défense, il a estimé que son statut d’investisseur passif dans un fonds de capital-risque était une notion que ses interlocuteurs congressionnels comprenaient implicitement. L’avocat de Musk a jugé cette explication peu convaincante.
Altman a par ailleurs reconnu une tendance à éviter les confrontations directes, admettant avoir parfois dit aux gens ce qu’ils souhaitaient entendre. Il a présenté cela comme un défaut sur lequel il travaille activement.
Deux styles face aux questions de véracité
Le comportement d’Altman à la barre a été comparé à celui d’Elon Musk lors de ses propres dépositions. Les deux hommes ont été confrontés à des inexactitudes dans leurs déclarations passées, mais leurs attitudes ont divergé notablement.
Musk a adopté une posture combative, tout en rectifiant certains propos qu’il avait publiés sur les réseaux sociaux. Altman, lui, a choisi une approche plus conciliante, cherchant à paraître accessible et conscient de ses lacunes. Cette différence de style n’efface pas les questions de fond que le jury devra trancher.
Une question de confiance qui dépasse ce procès
Pour plusieurs observateurs du secteur, ce procès cristallise une problématique qui concerne l’ensemble des laboratoires d’intelligence artificielle. Ces entreprises restent pour la plupart des structures privées, peu soumises aux obligations de transparence des sociétés cotées en bourse.

Cette opacité contraint journalistes, décideurs politiques et grand public à accorder leur confiance sans pouvoir vérifier les intentions réelles ni les pratiques internes. L’issue d’éventuelles introductions en bourse pourrait modifier cette situation, en rendant certaines informations accessibles. En attendant, la crédibilité des dirigeants reste le principal critère d’évaluation disponible.
Le procès a également mis en évidence ce que certains décrivent comme une lutte de pouvoir interne chez OpenAI, désormais surnommée « The Blip » par ses protagonistes. Plusieurs personnes ayant travaillé avec Altman auraient exprimé des doutes sur sa fiabilité, selon les éléments portés à l’audience.
Un verdict attendu sur des faits, pas des impressions
L’issue du procès dépendra de ce que le jury retiendra des faits concrets présentés, et non des perceptions que chaque partie a cherché à construire autour de la personnalité des protagonistes.
Pour certains observateurs, Elon Musk a engagé cette procédure en partie pour nuire à la réputation d’un rival qu’il considère comme l’ayant lésé. Quelle que soit la décision des jurés, les deux parties sortent de ces audiences avec une image quelque peu écornée.
Source : TechCrunch

