
Le Galaxy XR de Samsung n’ambitionne pas de conquérir le grand public. Vendu 1 800 dollars, il assume ses limites et remplit une fonction plus stratégique qu’immédiate.
Ce casque est le premier appareil à embarquer Android XR, le système d’exploitation de Google pour les dispositifs de réalité augmentée et mixte. Son existence prépare un écosystème plus large, orienté vers des formats compacts comme des lunettes connectées.
Un casque honnête sur ses propres lacunes
Le Galaxy XR pèse environ 540 grammes, soit moins que le Vision Pro d’Apple à 3 500 dollars, mais cela reste une contrainte significative portée sur le front. Après un peu plus d’une heure d’utilisation, la fatigue oculaire se fait sentir.
L’appareil dispose d’écrans micro OLED en 4K et de 13 caméras et capteurs pour le suivi des mains et des yeux. Ces fonctionnalités rivalisent avec celles du Vision Pro, à un tarif moindre. Mais le logiciel Android XR reste en développement actif : la sélection de menus par suivi oculaire et gestes manque encore de fiabilité, et le déplacement de fenêtres dans l’espace augmenté s’avère irrégulier.

Le casque reste ouvert en bas, sans bouclier pour bloquer la lumière ambiante. Cela améliore le confort thermique, mais réduit l’immersion visuelle, notamment pour regarder des films en journée, où le Vision Pro reste supérieur.
Android XR, un écosystème en construction
Samsung et Google ont intégré plusieurs fonctions propres à Android XR. Google Maps propose un mode qui permet de visualiser une ville en vue aérienne puis de zoomer jusqu’au niveau de la rue. L’assistant Gemini permet d’encercler des objets dans l’espace pour obtenir des informations, même si sa reconnaissance reste imparfaite.
Des applications comme Netflix, YouTube ou HBO Max sont disponibles, mais l’expérience ne rivalise pas avec un bon téléviseur. Pour le jeu vidéo, le catalogue natif d’Android XR est réduit. Samsung permet toutefois de connecter le casque à un PC compatible pour accéder à SteamVR, à condition de posséder les contrôleurs vendus séparément 250 dollars. La fonction de streaming PC est, elle, réservée aux ordinateurs portables Galaxy Book.

Ces choix illustrent que Samsung ne conçoit pas ce casque comme un produit de gaming. James Choi, vice-président exécutif en charge de la R&D XR chez Samsung, a confirmé à Gizmodo que le jeu ne représente qu’une petite partie de l’expérience globale visée.
Une plateforme pour les lunettes connectées de demain
La vraie ambition du Galaxy XR se lit dans les déclarations de Samsung sur son futur. James Choi a indiqué que la conception du casque établit un écosystème évolutif, où les technologies développées aujourd’hui seront reprises dans des casques, des lunettes et d’autres formats à venir.
Samsung travaillerait déjà sur sa première paire de lunettes intelligentes, potentiellement dotées d’un écran intégré. Des rumeurs récentes suggèrent qu’un tel produit pourrait être présenté dans les prochains mois. Le Galaxy XR sert alors de laboratoire : chaque compromis technique, chaque retour d’usage et chaque composant testé alimente la prochaine génération.
Cette logique rappelle les premières années du smartphone : des appareils imparfaits qui posaient les bases de ce qui allait transformer les usages. Le Galaxy XR n’est pas le produit d’aboutissement, il est l’étape nécessaire avant lui.
Source : Gizmodo

