
Le procès qui déterminera l’avenir d’OpenAI se déroule actuellement devant un tribunal américain. Les deux figures centrales, Elon Musk et Sam Altman, y ont successivement témoigné dans des conditions très différentes.
L’issue de cette procédure aura des conséquences directes sur la gouvernance de l’organisation, ses sources de financement et les règles encadrant la distribution de ses bénéfices.
Musk contre Altman : deux passages à la barre sans commune mesure
Elon Musk a passé trois jours entiers à la barre, exposé à un contre-interrogatoire serré de l’avocat d’OpenAI. À plusieurs reprises, il a perdu contenance alors que sa version des faits était mise en doute.

Musk est à l’origine de cette action en justice. Il accuse OpenAI, sous sa direction actuelle, d’avoir trahi sa mission initiale fondée sur l’intérêt général pour servir des intérêts privés. Il soutient notamment qu’il a été amené à donner 38 millions de dollars à une organisation présentée comme caritative, avant que ses dirigeants ne s’associent à Microsoft pour en modifier la nature.
Sam Altman, lui, n’a subi aucun interrogatoire de cette intensité. Son passage à la barre a duré environ quatre heures, dans une atmosphère nettement plus calme. Il s’est d’abord montré nerveux, puis a rapidement repris son assurance.
Altman face aux accusations de malhonnêteté
Au cours de son témoignage, Altman a cherché à montrer que la restructuration d’OpenAI vers un modèle à but lucratif ne contredit pas les principes fondateurs de l’organisation. Il estime que les accusations de Musk relèvent davantage d’un ressentiment personnel que d’un vrai désaccord de fond.
Depuis le dépôt de la plainte, Altman affirme publiquement que Musk agirait par jalousie, notamment parce qu’il n’a pas été retenu au poste de PDG d’OpenAI et que son propre concurrent dans le secteur, xAI, accuserait un retard sur OpenAI.

Le procès a aussi mis en lumière un épisode peu connu. Altman a reconnu à la barre que son éviction temporaire par le conseil d’administration en 2023 l’avait profondément ébranlé. Il a indiqué avoir sérieusement envisagé de quitter OpenAI pour rejoindre Microsoft, où il aurait pu diriger une division de recherche en intelligence artificielle.
Un avenir d’OpenAI encore incertain
Le procès doit trancher plusieurs questions fondamentales : qui dirige OpenAI, comment ses recherches sont financées, et dans quelle mesure ses technologies les plus avancées peuvent générer des profits privés.
La transformation d’OpenAI d’une structure à but non lucratif vers un modèle hybride est au coeur du litige. Altman dirige aujourd’hui à la fois l’entité à but lucratif et l’organisation nonprofit. Cette configuration est précisément ce que Musk conteste devant le tribunal.
La décision du juge pourrait redessiner les contours du secteur de l’intelligence artificielle en déterminant jusqu’où une organisation née dans une logique d’intérêt public peut évoluer vers un fonctionnement commercial.
Source : Ars Technica

