
Mira Murati, ancienne directrice technique d’OpenAI, a livré un témoignage accablant contre Sam Altman lors d’une déposition vidéo diffusée en pleine audience judiciaire. Elle affirme sous serment qu’il ne lui a pas dit la vérité.
Ce témoignage s’inscrit dans le cadre du procès Musk v. Altman, en cours devant les tribunaux américains. Les faits qu’elle relate étaient déjà connus en partie grâce à un article récent du New Yorker, mais ils ont désormais valeur de preuve judiciaire.
Un mensonge autour des procédures de sécurité
Les faits évoqués portent sur la validation d’un modèle en préparation pour un déploiement public, que le New Yorker identifie comme GPT-4 Turbo. Altman aurait indiqué à Murati que le département juridique d’OpenAI, dirigé à l’époque par Jason Kwon, estimait qu’une revue du comité de sécurité n’était pas nécessaire.

Murati a ensuite vérifié cette affirmation directement auprès de Kwon. Sa conclusion, exprimée devant le tribunal, est nette : ce que lui disait Altman et ce que confirmait Kwon ne correspondaient pas. Elle a qualifié cette situation de « désalignement » entre les deux hommes. Interrogée directement sur la véracité des propos d’Altman, elle a répondu par un simple « non ».
Selon Reuters, elle a également déclaré que sa préoccupation principale était de voir Altman tenir des discours opposés selon son interlocuteur. Elle a aussi décrit OpenAI à cette période comme exposée à un « risque catastrophique d’effondrement ».
Un contexte de tensions profondes
Ces révélations prennent un relief particulier au regard de l’épisode du licenciement d’Altman en novembre 2023. Des sources internes avaient à l’époque rapporté que Murati avait rédigé des mémorandums à destination du conseil d’administration et d’Altman lui-même, mettant en cause ses méthodes de direction. Son renvoi aurait suivi peu après.

Pendant quelques jours, Murati avait assumé la direction par intérim d’OpenAI, avant qu’Emmett Shear ne lui succède brièvement, puis qu’Altman ne soit finalement réintégré. Murati avait alors publiquement soutenu ce retour.
Selon Forbes, son témoignage indique que les comportements qui l’avaient inquiétée ont persisté après la réintégration d’Altman : retards dans les prises de décisions importantes, messages contradictoires adressés à différents collaborateurs, créant selon elle un environnement « très difficile et chaotique ».
Un départ et une nouvelle trajectoire
Mira Murati a quitté OpenAI environ dix mois après le retour d’Altman à la tête de l’entreprise. Quelques mois plus tard, elle a fondé sa propre société spécialisée dans l’intelligence artificielle.
Son témoignage sous serment constitue aujourd’hui le récit le plus formel et le plus détaillé de la crise de gouvernance qui a secoué OpenAI fin 2023. Il illustre les tensions internes qui pesaient sur l’une des organisations les plus influentes du secteur technologique à un moment critique de son développement.
Source : Gizmodo

