
Metalenz, une startup d’optique basée à Boston, a présenté lors du salon Display Week 2026 une avancée qui pourrait modifier la conception des smartphones haut de gamme. Son système d’authentification faciale Polar ID peut désormais fonctionner caché sous un écran OLED, sans découpe visible.
La technologie arrive à un moment où les fabricants Android cherchent depuis plusieurs années à proposer une authentification faciale sécurisée sans sacrifier la continuité de l’affichage.
Une optique à nanostructures à la place des lentilles classiques
Metalenz conçoit des métasurfaces optiques, c’est-à-dire des lentilles plates munies de nanostructures capables de dévier la lumière vers un capteur. Ces éléments remplacent les empilements de lentilles en verre ou en plastique que l’on trouve habituellement dans les modules optiques des smartphones.

La startup indique que plus de 300 millions de ses métasurfaces sont déjà intégrées dans des appareils grand public, principalement dans des capteurs de temps de vol utilisés pour mesurer la profondeur et aider à la mise au point automatique.
Ce même principe est à la base de Polar ID, son système d’authentification faciale. Plutôt que de projeter des points infrarouges comme le fait Apple avec TrueDepth, Polar ID analyse la signature de polarisation de la lumière réfléchie par la peau, une propriété physique différente de celle produite par le silicone d’un masque en 3D.
Selon Metalenz, le système résiste à des tentatives de contournement par masque haute qualité, un niveau de sécurité que le déverrouillage facial de Google Pixel ne garantit pas dans les mêmes conditions.
Un capteur sous l’écran OLED, sans perte critique de données
La nouveauté présentée à Display Week consiste à glisser le module Polar ID sous la dalle OLED, à côté de la caméra frontale classique qui reste visible. Le capteur facial lui-même disparaît du champ de vision de l’utilisateur.
Rob Devlin, PDG de Metalenz, reconnaît que le passage sous l’écran introduit une légère distorsion du signal et une perte d’intensité lumineuse. Toutefois, selon lui, l’information de polarisation reste suffisamment intacte pour que l’authentification fonctionne correctement. Une démonstration en direct a montré le système capable d’identifier un visage réel et de rejeter un masque 3D, même avec la dalle interposée.

La mise en oeuvre exige une zone localement amincie dans le panneau OLED, ce qui implique une coordination étroite avec les fabricants de dalles. Devlin précise que cette zone amincie ne dégrade pas la qualité d’affichage et reste imperceptible à l’oeil nu. Des discussions seraient en cours avec plusieurs grands constructeurs de smartphones, sans que les noms soient communiqués.
Un calendrier en deux étapes et un enjeu pour Android
La version standard de Polar ID doit équiper des smartphones et des ordinateurs portables dès 2027. La variante sous-écran, plus complexe à intégrer, est attendue pour 2028.
Metalenz a annoncé un partenariat avec Qualcomm fin 2023 pour industrialiser la production. Ce rapprochement place la technologie dans l’écosystème Android, où la quasi-totalité des fabricants ne disposent pas à ce jour d’un système d’authentification faciale au niveau de sécurité de Face ID.
Si le déploiement se confirme dans les délais annoncés, les constructeurs Android pourraient proposer une sécurité biométrique comparable à celle d’Apple, sans la découpe en forme d’îlot qui caractérise encore les iPhone actuels. Pour les fabricants d’ordinateurs portables, la perspective d’éliminer la encoche sur les dalles laptop constitue un argument supplémentaire.
Source : Wired

