- Design : étonnamment compact
- Performances visuelles : entre richesse colorimétrique et calibrage perfectible
- Connectivité : paré pour tous les usages
- Système audio : Dynaudio tient ses promesses
- Google TV : l’écosystème au complet
- Jeu vidéo : des performances honorables
- Nuisances et consommation : maîtrise satisfaisante
- JMGO O2S Ultra : mon avis

Triple laser de nouvelle génération, définition 4K, compatibilité Dolby Vision et plateforme Google TV embarquée : le JMGO O2S Ultra rassemble sur le papier tout ce qu’on attend d’un vidéoprojecteur ultra-courte focale moderne. Mais sa vraie singularité se cache ailleurs, dans un format étonnamment réduit qui chamboule les codes du segment. Retour sur plusieurs semaines de tests.
Design : étonnamment compact
Première surprise en déballant l’appareil : on peine à croire qu’un triple laser aussi puissant puisse tenir dans un châssis de 31,2 × 29 × 14 cm. Pour situer l’exploit technique, rappelons que des concurrents comme le Formovie Theater Premium ou l’Hisense PX3-Pro occupent facilement 30 à 40 % de volume supplémentaire. Même l’Epson EH-LS800, pourtant réputé pour sa finesse, paraît imposant à côté.

Le JMGO adopte une silhouette rectangulaire aux arêtes arrondies, recouverte d’une façade brillante qui capte malheureusement chaque trace de doigt – un détail qui compte lorsqu’on manipule régulièrement l’appareil. La partie supérieure abrite l’optique ultra-courte focale (rapport 0,16:1), nichée dans une surface mate qui limite les reflets parasites lorsque la lumière du jour envahit le salon. Dessous, plusieurs patins assurent une stabilité irréprochable, même si l’absence de pas de vis universel pourrait décevoir ceux qui envisagent une fixation murale ou au plafond.

Les grilles d’aération latérales et arrière témoignent d’une réflexion poussée sur la circulation d’air, indispensable pour évacuer la chaleur générée par une source atteignant 3 600 lumens ISO selon le constructeur. L’assemblage semble soigné, sans jeu apparent – un point rassurant vu l’investissement de près de 2 800 euros. Dans l’ensemble, ce vidéoprojecteur parvient à afficher un caractère technologique assumé tout en restant discret, qualité rare dans cette catégorie souvent marquée par des blocs imposants.
Performances visuelles : entre richesse colorimétrique et calibrage perfectible
Dès les premières projections, la netteté frappe. La puce DMD de 0,47 pouce associée au traitement XPR délivre une définition Ultra HD convaincante, tant sur les mires de test que sur les films récents. Textures cutanées, architectures urbaines, paysages foisonnants : tout bénéficie d’un piqué agréable sans tomber dans l’excès de numérisation.

La technologie triple laser MALC 3.0, dépourvue de roue chromatique, produit des teintes particulièrement saturées. Lorsqu’on sélectionne les modes appropriés (Film ou Doux), la colorimétrie reste globalement naturelle. Le mode Dynamique, lui, propose des couleurs franchement fantaisistes et déclenche la ventilation à son maximum, autant l’oublier pour une soirée cinéma tranquille.

La vraie force du O2S Ultra réside dans sa luminosité. Avec 176 cd/m² mesurés face à notre écran de référence Lumene (soit environ 1 514 lumens réels en mode Film), l’image reste impactante même avec de la lumière ambiante, un atout précieux pour regarder émissions et matchs en journée. Certes, on reste loin des 3 600 lumens annoncés, mais cette valeur se situe dans la moyenne haute du segment, au niveau d’un Epson EH-LS800 et légèrement derrière le PX3-Pro (208 cd/m²).
Le mode « Maître du Cinéma » : original mais discutable
JMGO propose une approche inhabituelle avec son mode Maître du Cinéma, qui présente plusieurs vignettes correspondant à différents rendus visuels. L’utilisateur choisit celui qui lui plaît selon le contenu visionné et peut même enregistrer ses propres réglages. L’idée séduit sur le principe, mais nos mesures révèlent que les couleurs s’éloignent franchement des références – même si le rendu peut paraître flatteur au premier regard. Une option réservée aux amateurs avertis, donc.
Compensation de mouvements et effet arc-en-ciel
Le traitement MEMC (Motion Estimation, Motion Compensation) fait son travail avec efficacité sur les contenus sportifs, concerts et séries modernes, où la fluidité gagne nettement en lisibilité. Pour le cinéma en 24p, les puristes préféreront désactiver la fonction afin d’éviter le redouté effet « soap opera » – heureusement, plusieurs niveaux d’intensité permettent d’ajuster finement l’intervention.
Concernant l’effet arc-en-ciel, fléau récurrent des DLP, le triple laser limite considérablement ce phénomène. Les flashes colorés restent très discrets, y compris sur les sous-titres blancs. Notons toutefois que la sensibilité varie fortement selon les spectateurs : si vous y êtes particulièrement réceptif, un détour par les modèles LCD d’Epson s’impose.
Connectivité : paré pour tous les usages
À l’arrière du boîtier, deux prises HDMI 2.1 accueillent consoles dernière génération, lecteurs Blu-ray ou PC gaming. L’une d’elles supporte l’eARC, facilitant la connexion d’une barre de son ou d’un amplificateur home cinéma. Une sortie optique numérique complète le dispositif pour les installations audio plus anciennes.

Un port Ethernet RJ45 rassure ceux qui privilégient la stabilité d’une connexion filaire, tandis qu’un USB 2.0 permet de lire fichiers multimédias ou d’alimenter un accessoire léger. Côté sans-fil, Wi-Fi 6.0 et Bluetooth 5.2 garantissent des échanges rapides avec la box Internet, manettes, casques ou enceintes.
Les fonctions de diffusion AirPlay et Chromecast transforment le projecteur en récepteur universel pour smartphones, tablettes et ordinateurs portables – pratique pour partager photos ou vidéos sans brancher le moindre câble. Dans les faits, l’ensemble couvre largement les besoins d’un centre de divertissement familial polyvalent.
Système audio : Dynaudio tient ses promesses
Rarement un vidéoprojecteur embarque une signature sonore aussi travaillée. Le partenariat avec Dynaudio, spécialiste danois reconnu en hi-fi, débouche sur deux haut-parleurs de 10 W accompagnés d’un traitement numérique pointu. Le résultat ? Une scène sonore étonnamment large pour le gabarit, capable de remplir aisément un salon de taille moyenne.
Les dialogues ressortent clairement sans nécessiter de pousser le volume à l’excès. Les basses se montrent présentes, plus musclées que chez la plupart des concurrents – sans toutefois rivaliser avec un vrai caisson dédié. La compatibilité Dolby Atmos et DTS:X autorise le décodage de ces formats immersifs, même si l’absence d’enceintes latérales ou de plafond limite logiquement les effets spatialisation. Pour une vraie immersion, rien ne remplacera une installation complète avec ampli, enceintes satellites et caisson de basses.
Au quotidien, ce système intégré suffit amplement pour films, séries, jeux ou musique en streaming. Ceux qui souhaitent franchir un cap pourront exploiter la sortie HDMI eARC ou optique. Mais reconnaissons que ce Dynaudio constitue un vrai point fort, cohérent avec l’ambition de remplacer un téléviseur premium.
Google TV : l’écosystème au complet
Le choix de Google TV simplifie considérablement la vie. Page d’accueil familière, bandeau d’applications personnalisable, recommandations issues des principales plateformes : Netflix, Disney+, Prime Video, Apple TV+, Canal+, YouTube 4K… tout est accessible directement, sans boîtier externe.

La navigation se révèle fluide grâce au processeur MT9679 épaulé par 4 Go de RAM et 64 Go de stockage interne. Jongler entre profils ou comptes reste agréable, y compris en contexte familial où chacun cultive ses habitudes de visionnage. Les menus de réglages, particulièrement complets, proposent des sections dédiées à l’image, au son, au réseau et aux périphériques connectés. JMGO a même intégré une option bêta permettant d’utiliser la télécommande comme curseur de souris.

L’intégration de Google Assistant autorise recherches vocales transverses, contrôle de lecture et pilotage d’objets connectés domestiques. De quoi transformer le O2S Ultra en véritable hub multimédia central.
Télécommande : classique mais efficace
Format compact, ergonomie pensée pour tenir naturellement en main, boutons logiquement répartis : cette zapette ne révolutionne rien mais remplit parfaitement son office. Alimentation par batterie rechargeable USB-C, liaison Bluetooth (pas besoin de viser l’appareil), microphone pour Google Assistant… les fondamentaux sont là.

Seul regret : l’absence de rétroéclairage, toujours pratique lorsque la séance se déroule dans le noir complet. La disposition intuitive des commandes compense partiellement ce manque.
Jeu vidéo : des performances honorables
Les deux HDMI 2.1 ouvrent la porte aux consoles récentes et PC gaming. Le projecteur accepte des signaux jusqu’à 120 Hz en Full HD, améliorant nettement la fluidité dans les FPS, jeux de course ou titres compétitifs. En 4K, on reste sur 60 Hz, avec un input lag mesuré à 34,3 ms – soit un peu plus de deux images de retard. Suffisant pour la majorité des joueurs occasionnels, moins convaincant pour les compétiteurs acharnés.
La diagonale généreuse transforme radicalement l’immersion dans les aventures narratives, RPG ou productions cinématographiques. Couleurs éclatantes, bon niveau de noir et luminosité confortable permettent de jouer sans plonger systématiquement la pièce dans l’obscurité – appréciable lors de sessions prolongées.
Le mode Jeu dédié facilite l’activation des réglages optimisés, évitant les manipulations manuelles à chaque changement d’usage. Au final, le O2S Ultra se défend correctement comme solution grand format pour consoles dernière génération, cloud gaming via applications ou PC relié en HDMI.
Nuisances et consommation : maîtrise satisfaisante
Malgré sa source triple laser et ses 3 600 lumens ISO annoncés, le projecteur affiche une consommation mesurée de 140 W en plein blanc – équivalente à celle d’un Hisense PX3-Pro ou Epson EH-LS800. Rien d’exorbitant, donc.
Le système de ventilation reste discret compte tenu du format compact et de la puissance lumineuse. En fonctionnement standard, le bruit de fond se fait rapidement oublier dès que le volume sonore atteint un niveau normal, même durant les scènes calmes. Seul le mode Dynamique déclenche un souffle franchement désagréable – raison supplémentaire de l’éviter.
JMGO O2S Ultra : mon avis
Le JMGO O2S Ultra tient globalement ses promesses. Son format remarquablement compact ne l’empêche pas de délivrer une luminosité élevée, une richesse colorimétrique indéniable et un contraste honorable pour un DLP triple laser. Les automatismes d’installation facilitent la mise en route, Google TV apporte un écosystème complet sans boîtier externe, et le système Dynaudio surpasse largement ce qu’on attend habituellement d’enceintes intégrées.
Quelques bémols tempèrent l’enthousiasme. Le calibrage colorimétrique en sortie de carton laisse une marge d’amélioration significative, avec des couleurs trop flatteuses et une température trop froide. Le léger décalage chromatique constaté sur notre modèle mérite surveillance. L’absence d’écran fourni alourdit la facture finale. Et si le contraste natif reste correct, il n’atteint pas le niveau des meilleurs concurrents directs.
Reste que ce vidéoprojecteur s’adresse manifestement aux foyers cherchant une alternative crédible au téléviseur premium, avec une diagonale modulable entre 80 et 150 pouces et une polyvalence assumée – films, séries, sport, jeu vidéo. Pour qui accepte de consacrer du temps au calibrage ou se satisfait d’un rendu flatteur plutôt que strictement fidèle, le O2S Ultra constitue une option sérieuse dans le segment ultra-courte focale, d’autant que sa compacité facilite grandement l’intégration dans un salon déjà aménagé.


